18 March 2010

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Grenelle de l’Environnement: le marché de dupes

borloo.jpg Les 24 et 25 octobre prochains va se tenir le tant attendu Grenelle de l’environnement. Nicolas Sarkozy lui-même devrait être présent pour clore les travaux et présenter, en compagnie de Jean-Louis Borloo et Nathalie Kosciusko-Morizet, les grands axes en faveur du développement durable.

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Oui mais…

Oui mais la manière dont les négociations et les travaux se sont tenus laisse planer de gros doutes. Prenez le groupe 1 et le sujet du bâtiment par exemple. Tous les travaux ont tourné autour des objectifs à atteindre et du calendrier d’actions à adopter. Pas une seule fois le Gouvernement ne s’est prononcé, et encore moins engagé, sur les moyens (voyez ici l’article du Monde qui communique une feuille de route censée être confidentielle) au motif, bien pratique, de laisser la place au débat. Bien sûr !

thumb-le-poker-54.jpg Ainsi, on se retrouve avec un tour de table où tous les joueurs ont dévoilé leur jeu sauf un, l’Etat. Ainsi, en amendant puis validant les feuilles de routes, les membres du Grenelle ont, indirectement, donné leur accord à ce qui est désormais écrit noir sur blanc tandis que l’Etat, lui, n’a pas pipé mot.

L’objectif était tellement louable et la force de conviction du ministre tellement forte que cette négociation à l’envers est passée auprès de la quasi-totalité des participants au Grenelle. Malheureusement, la réalité est que l’Etat, qui pense probablement faire une bonne affaire, manque en fait une formidable opportunité d’utiliser les deniers publics pour créer un véritable électrochoc économique et social en soutenant l’innovation technologique, l’audace économique, l’envie grandissante de la population et enfin, l’émergence d’un marché qui n’attend que ça (les artisans du bâtiment de la CAPEB ont chiffré le seul marché de la rénovation énergétique à… 600 milliards d’euros !).  

grenelle-environnement.jpg Seulement voilà, Bercy est piloté par des hauts fonctionnaires gagne-petit qui ne voient que les colonnes recette/dépenses, qui ne raisonnent qu’en annualité budgétaire et qui sont pétrifiés devant le déficit public et les désolants critères de Maastricht. La médiocrité ambiante laisse donc peu de places au volontarisme, au goût du défi et à la force de la conviction. Au contraire, il y a fort à craindre que ce Grenelle soit, au final, une déception pour tout le monde parce qu’encore une fois, on aura préféré la besace à l’audace…

François

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Grenelle de l’Environnement : on fait quoi ?

borloo.jpg Depuis que Nicolas Sarkozy s’est engagé à placer l’environnement au cœur de notre projet de société, et donc de sa politique, Alain Juppé puis Jean-Louis Borloo, ministre du « MEDAD », se son attelés à organiser le « Grenelle de l’Environnement ».

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Ce dernier, accompagné de Nathalie Kosciusko-Morizet (au fait, ça faisait longtemps qu’on avait pas eu une jeune et jolie femme au gouvernement) a donc mis autour de la table tout ce que la France peut compter d’avis divergents : experts, patrons, salariés, élus, associations…

But du jeu ? Aboutir, dans tous les domaines, à 15-20 mesures concrètes (et radicales) pour réduire notre consommation d’énergie, nos émissions de gaz à effet de serre et autour desquelles il y aura le plus large consensus. Pas facile !

Six groupes ont donc été réunis à plusieurs reprises cet été, et ils ont travaillé…

Alors quoi ?

etiquette-nrj.jpg Prenons le groupe 1 qui traite de la question « lutter contre les changements climatiques et maîtriser la demande d’énergie » et qui a rendu un rapport de 90 pages.
Le rapport préconise par exemple de s’attaquer dans les plus brefs délais au secteur du bâtiment (plus gros consommateur d’énergie et bien classé également dans les émissions de gaz à effet de serre).
.Quelques propositions qu’on retrouve dans la synthèse et dont on se demande vraiment si elles sont objectivement réalisables:
Dans la construction neuve, un scénario de rupture avec des bâtiments neufs passifs ou à énergie positive en 2020 (dans 12 ans !) et un tiers des logements neufs à basse consommation d’ici 5 ans.
Dans le bâti existant, lancer un vaste programme de rénovation énergétique permettant de réduire de 30% la consommation énergétique d’ici 2020. Comment ? En créant par exemple de toutes pièces un métier de « rénovateur du bâtiment » (on se demande bien à quoi il va servir !), en mettant en place des mesures incitatives (financières, généralisation des étiquettes-énergie lors de travaux…), en durcissant la réglementation…

Incantation ?

saint-francois_3.jpg A y regarder de plus près, on constate que le diagnostic, les scénarii et les avis des experts ne souffrent que très peu de contestation : le bâtiment est très énergétivore et la tâche est immense.
En revanche, côté initiatives, on a du mal à y croire car les objectifs sont terriblement ambitieux et parfois les « on va », « il faudra » sont assez éloignés de la réalité, de la capacité technique, humaine… et financière. Eh oui, encore une fois, tant qu’on ne sait pas qui va payer, on reste très sceptique. Les caisses de l’Etat sont vides et le Gouvernement a beau avoir présenté dans sa loi de finances pour 2008 un budget Logement et un budget Environnement « hors Grenelle » on se demande bien comment ils vont bien pouvoir financer les propositions. Car bien sûr, comme trop souvent, tout le monde attend que l’Etat mette la main à la poche avant de faire quoi que ce soit. On touche là aux limites de ce genre de réunion : c’est celui qui organise qui régale.

Déception ?

On ne peut pas dire qu’aujourd’hui, l’innovation soit très privilégiée où que ce soit : celui qui innove investit, paye plus, prend les risques et n’est pas couvert par les assurances : ça fait beaucoup, même pour les plus convaincus, et reconnaissons qu’il y a mieux en termes de motivation !

Au regard des conclusions, on constate que le scénario de conversion de notre modèle économique n’est pas pour demain : toute préconisation prend comme préalable de ne pas « casser » l’outil économique. Dès lors, on en revient encore une fois à la classique hésitation sur le curseur à placer entre durcissement de la réglementation et incitation, principalement financière. Rentrer dans ce débat, c’est continuer comme on faisait avant et, à coup sûr, décevoir.

François

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Présidentielles: résultats du second tour

A 20h pétantes, voici les premières estimations des résultats des élections présidentielles à l’issue du second tour:

Ségolène Royal :  47  %

Nicolas Sarkozy :  53  %

Source : Estimation France Télévision

Et le visage du Président de la République pour les 5 prochaines années est donc:

sarko.jpg

Nicolas Sarkozy

 nouveau Président de la République Française

 

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PRENDRE LE VIRAGE, ET LE BON !

Ca y est, nous y sommes : d’ici une poignée d’heures, nous aurons choisi un(e) Président(e), et on en prendra pour 5 ans ! S. Royal ? N. Sarkozy ?
Il y aurait beaucoup de choses à dire, et plus encore dont on pourrait rire. En effet, on pourrait se gondoler allègrement pendant 2 ou 3 générations en repensant à la plupart des tractations (plus ou moins avouées), déclarations (passionnées), promesses (et contre-promesses) dont on nous a abreuvé pendant ces dernières semaines !

Pourtant, aujourd’hui, a-t-on vraiment envie de rire ?
S’il est vrai que nous avons tous besoin d’un vrai changement, ça n’est pas pour autant qu’on peut choisir n’importe quoi, sous prétexte que les 2 derniers candidats en lice sont jeunes, proposent de faire de la politique autrement et apparaissent comme plus ou moins nouveaux en politique.
3284290480.jpgNon. L’avantage de ce taux de participation historique, c’est que nous pouvons (devons) faire un choix de société qui nous engagera jusqu’en 2012 et dont les répercussions se feront sentir bien plus longtemps encore. Sur de nombreux thèmes (environnement, retraites, éducation, logement…), c’est maintenant qu’il faut prendre le virage, et le bon !

Alors, finalement, quel est le contenu de chaque projet au terme de tous ces mois de campagne ?
Bien sûr, ce récapitulatif ne sera ni exhaustif ni objectif (j’ai mon opinion, comme tout le monde), mais le plus sérieux et honnête possible. L’idée est de résumer l’esprit des propositions par les formules et les mesures phares défendues par les candidats, sans tomber dans la caricature et en insistant sur CE QUI DIFFERENCIE Royal et Sarkozy.

Match « Plus juste, la France sera plus forte » de S. Royal vs « Ensemble, tout devient possible » de N. Sarkozy… : dernier round !

2655225808.jpgEDUCATION
SARKO : suppression de la carte scolaire + aide aux filières professionnalisantes + des enseignants mieux payés et plus libres, mais jugés sur les résultats des élèves
SEGO : assouplissement de la carte scolaire + soutien scolaire gratuit et accompagnement des parents + plus d’enseignants et d’adultes
Avantage : Ségo

2655225808.jpgEMPLOI
SARKO : travailler plus pour gagner plus + les 35 heures comme minimum + TVA sociale + contrat de travail unique
SEGO : partager pour travailler tous + amélioration des 35 heures + emplois-tremplins pour les jeunes + rôle accru des Régions + moduler la fiscalité des entreprises et les aides en fonction de leur politique d’embauche
Avantage : Ségo

2655225808.jpgENVIRONNEMENT
SARKO : Ministère du développement durable + maintien du nucléaire
SEGO : vice-Premier ministre du développement durable et de l’aménagement du territoire + réduire la part du nucléaire au profit des énergies renouvelables + service public de l’énergie + création d’emplois « verts » + principe pollueur-payeur + Organisation Mondiale de l’Environnement et PAC mondiale + moratoire sur les OGM en plein champ
Avantage : Ségo

4276221242.jpgEUROPE
SARKO : refus de l’adhésion de la Turquie + mini-traité institutionnel + préférence communautaire
SEGO : référendum sur l’entrée de la Turquie + référendum sur le traité constitutionnel
Avantage : Sarko

2655225808.jpgIMMIGRATION
SARKO : régularisation au cas par cas + quotas + discrimination positive + regroupement familial conditionné aux revenus et au logement + Ministère de l’immigration et de l’identité nationale
SEGO : régularisation sous conditions + rythme des migrations adapté aux besoins du marché du travail
Avantage : Ségo

2655225808.jpgINSTITUTIONS
SARKO : Vème République réformée + 1 fonctionnaire sur 2 non remplacé + service minimum garanti + gouvernement engagé sur des objectifs
SEGO : VIème République + démocratie participative dans les collectivités publiques + dose de proportionnelle + droit de vote aux étrangers présents depuis 5 ans + protéger la pluralité médiatique
Avantage : Ségo

4276221242.jpgINTERNATIONAL
SARKO : non au nucléaire militaire iranien + expérience internationale
SEGO : non au nucléaire iranien + inexpérience internationale
Avantage : Sarko

 

JUSTICE ET SECURITE

2655225808.jpgSARKO : répression + responsabilisation et sanctions pour les coupables, leur entourage et les magistrats + réforme de l’ordonnance de 1945 + obligation de soins pour les délinquants sexuels + maîtriser l’immigration
SEGO : répression et prévention + centres éducatifs avec encadrement militaire + police de quartier + recrutement de juges d’enfants et d’éducateurs + priorité à la lutte contre les violences conjugales
Avantage : Ségo

2655225808.jpgLOGEMENT
SARKO : un pays de propriétaires
SEGO : développement équilibré de l’offre de logements locatifs et de logements en accession
Avantage : Ségo

POUVOIR D’ACHAT
SARKO : bouclier fiscal + des heures supplémentaires qui rapportent plus + baisse des impôts + stock-options aux salariés + exonérations d’impôts et des droits de succession
SEGO : bouclier logement + augmentation du SMIC + réduire les coûts bancaires et contrôler les crédits à la consommation
Avantage : ?

RETRAITES
SARKO : suppression des régimes spéciaux
SEGO : remise à plat de tout le système
Avantage : ?

2655225808.jpgSANTE
SARKO : plus d’aides à la recherche + suppression des 35h à l’hôpital + poursuite des déremboursements de médicaments
SEGO : garantir l’égalité territoriale dans l’accès aux soins + carte santé jeunes 16-25 ans + contraception gratuite pour les moins de 25 ans + renforcement des moyens de la médecine scolaire et de la médecine du travail
Avantage : Ségo

En conclusion :

- SARKO : priorité au travail. Prime à l’effort individuel. Un projet préparé de longue date et fourni clés en mains, sans nuances ni compromissions : les solutions sont claires et tranchées. Responsabilisation générale assortie de sanctions. Changer vite, au risque d’être brutal. Plus de liberté économique. La politique est un combat.
2362134602.jpgSEGO : priorité à l’éducation et l’environnement. Plus de justice sociale et de solidarité. La recherche (parfois tâtonnante) de compromis, pour avancer collectivement : les solutions ne préexistent pas mais seront construites ensemble, sous forme d’un pacte. Changer de façon juste, mais plus lentement. Pas de droits sans contreparties. Plus d’égalité. La politique est un débat.

Voilà. A chacun de se faire son opinion…
En ce qui me concerne, je ne voterai pas d’abord pour moi, mais plutôt avec cette question en tête : quel est le meilleur projet pour l’avenir de notre pays (ET AVANT TOUT DE SES ENFANTS LES MOINS FAVORISES) et de notre planète (TRAITEMENT REEL DES DEFIS ENVIRONNEMENTAUX) ?

David

Post-scriptum : « Le mécanisme est toujours le même : il s’agit de dresser les gens les uns contre les autres. Les jeunes (…) attaquent les vieux (…) Les candidats aux postes à responsabilité mettent en cause ceux qui les occupent. Les assistants d’université cherchent à déstabiliser les professeurs, et les internes en médecine leurs chefs de service (…) Ensuite, tout se passe tout seul. La société commence à comprendre les règles et à tourner en libre-service (…) Le pouvoir joue sur les émotions véhiculées par les tabloïds (…) Derrière tout cela se cache une vision impitoyable de la société (…) Dans cette logique, le compromis ruine tout ; c’est le conflit qui est constructif, parce qu’il balaie la bassesse et la médiocrité (…) Le projet a cédé sa place à la lutte, qui est devenue un projet en soi (…) C’est comme avec une armée. Quand elle existe, il lui faut trouver une occupation, désigner un ennemi et envoyer les troupes à la bataille. » Pamphlet anti-sarkozyste ? Elucubrations de gauchiste frustré ? Vision délirante du fils de Nostradamus ? Eh bien non. Il s’agit tout simplement d’un article d’un journal de Varsovie dressant le bilan, 18 mois plus tard, de l’action des frères Kaczynski à la tête de la Pologne. Ils sont de droite et doivent leur victoire aux populistes (tiens, tiens…). Pour moi, C’EST LE PROJET DE SOCIETE QUE NOUS PROMET N. SARKOZY, et je souhaite à ceux qui vont voter pour lui, s’il est élu, de ne pas regretter trop vite…