Nicolas Hulot ne sera pas candidat à l’élection présidentielle 2007. Considérant avoir suffisamment pesé sur la campagne (il parle d’une « incroyable et formidable dynamique »), il préfère désormais rester dans son rôle d’agitateur d’idées, même s’il craint (à juste titre) que les candidats qui ont signé son pacte écologique finissent par oublier leurs promesses.
Quel bilan peut-on finalement tirer de son implication dans la campagne ?
Si l’on regarde le verre à moitié plein, on peut se féliciter que Nicolas Hulot ait fait du développement durable un thème central de la campagne. Au-delà de la signature de son Pacte Ecologique par de nombreux candidats, il a eu le talent et l’habileté pour réellement peser sur le programme des candidats. Le programme de Ségolène Royal a fini par intégrer la proposition de fiscalité sur le carbone, ainsi que l’idée d’un vice-premier ministre à l’environnement. Nicolas Sarkozy a également commencé à s’intéresser au sujet, même si ses propositions restent timides.
Sans révolutionner l’approche des candidats, Hulot a au moins permis d’encourager une prise de conscience, et a forcé les candidats a construire un discours sur un sujet essentiel… mais généralement cantonné aux programmes des partis écolos. Au passage, il a également démontré l’échec cuisant de la stratégie de ces derniers depuis une vingtaine d’années, incapables de peser électoralement sur ces sujets.
Il a donc fallu l’implication d’un sympathique animateur télé pour mettre le sujet au cœur de la campagne.
C’est le verre à moitié vide que Hulot laisse derrière lui. Il suffit donc d’être entendu dans les médias pour imposer son thème de campagne. Le phénomène Hulot est révélateur d’un système médiatico-politique de plus en plus affligeant.
Les Enfants de Don Quichotte campent sur le pavé et obtiennent des avancées significatives sur le droit au logement.
Les stagiaires défilent avec des masques blancs et le gouvernement s’intéresse à leur sort.
Chirac regarde le film Les Indigènes et revalorise les pensions des anciens combattants étrangers.
Et maintenant, Hulot.
Ces initiatives, en tant que telles, sont tout à fait louables, et leurs promoteurs ont entièrement raison d’utiliser le système pour faire avancer leurs causes.
Mais cette mécanique médiatico-politicienne est un peu triste. Un candidat ne peut-il plus se faire entendre avec une vision de la société et un simple programme ? Est-il forcé de participer à cette comédie ?
Fred
Les écologistes ne doivent-ils parler que d’écologie ? La question mérite d’être posée, dans une campagne où les enjeux écologiques ont été placés au cœur du débat par Nicolas Hulot. Cependant, quel rôle peuvent jouer dans cette campagne des écolos, au-delà de l’interpellation des « grands » partis sur un certain nombre d’enjeux climatiques, environnementaux ou sanitaires ?
Si Nicolas Hulot ne prétend pas (pour le moment) sortir de son rôle de militant, en est-il de même pour les Verts de Dominique Voynet, pour Cap21 de Corinne Lepage, ou Mouvement Ecologique Indépendant d’Antoine Waechter ?
Au-delà du seul discours de l’écologie, sont-ils en mesure de proposer une vision de la société et des propositions sur la démocratie, l’Europe et la politique étrangère, la justice ou l’éducation ?
Prenons ici l’exemple de l’Europe.
Commençons par Antoine Waechter, le moins médiatisé des 3 candidats écolos. Son programme expose un diagnostic sans concession de la situation actuelle, et préconise la mise en œuvre de la décroissance, seule option possible aujourd’hui. L’Europe n’apparaît qu’à la marge de ce projet : elle devra financer les conditions de cette décroissance (assurance vieillesse, émancipation de la femme…), devra mettre en place une défense commune qui devra assurer la sécurité des européens. Enfin, sa construction politique devra être relancée. Un peu maigre : l’Europe semble être un cadre général, plutôt abstrait, en tout cas presque déconnecté du programme de Waechter.
Le cas de Corinne Lepage est plus difficile à cerner. Il est évident que Corinne Lepage ne limite pas son discours aux questions écologiques. Elle propose un discours offensif sur la fiscalité, la démocratie, la sécurité, la justice… mais pas l’Europe. Il faut bien avouer qu’entre son blog, celui de Cap21, son livre (qu’elle a signé sous le pseudo « Catherine Médicis »), ou le rappel de positions prises antérieurement (comme sur le referendum européen, par exemple), on a du mal à s’y retrouver. Finalement, on croit comprendre que le programme n’est pas encore complètement publié, et donc que Corinne Lepage parlera peut-être d’Europe plus tard. Un peu dommage, pour un thème aussi fondamental.
Les Verts de Dominique Voynet, enfin. Ils proposent plusieurs axes pour l’Europe. Tout d’abord, une Europe qui conduise les indispensables réformes en terme de développement durable : promotion d’activités agricoles et halieutiques durables, réduction des dépenses énergétiques et réorientation des politiques de transport, ou encore profonde réforme fiscale pour sortir de l’Europe libérale. Les Verts se prononcent aussi sur une réforme des institutions : réforme des modes de suffrage, mise en place d’une politique étrangère commune. Autre volet intéressant : l’émergence d’une citoyenneté européenne (service citoyen européen, création d’une équipe olympique européenne). Dommage qu’il n’y ait pas un mot sur les limites géographiques de l’Europe, volet essentiel du projet politique.
Finalement, seuls les Verts proposent aujourd’hui un discours cohérent sur l’Europe. Encore faudrait-il qu’ils soient en mesure de mieux le porter médiatiquement, s’ils veulent enfin passer de leur éternel statut de « composante politique utile au débat » à celui de « parti de gouvernement ». Pour les autres partis écolos, attendons de voir… la campagne est encore longue.
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Fred
Nicolas Hulot, Pacte Ecologique, élection présidentielle… depuis plusieurs semaines, réjouissons-nous : l’écologie a fait son entrée dans la campagne présidentielle ! Aux esprits chagrins qui déplorent la couleur vert pâle du Hulot providentiel, les pragmatiques répondent : « Nicolas Hulot permet une sensibilisation, il lance le débat, il oblige les candidats à se positionner sur les enjeux écologiques ».
Le phénomène Hulot révèle en fait toute la perversité de notre système.
Un sympathique animateur de télévision, pour alerter nos élus, lance sur la place publique son Pacte Ecologique, garni de 5 propositions-phares. Celles-ci prétendent adapter en douceur notre société aux enjeux environnementaux de la planète… le changement dans la continuité, c’est plus confortable.
Le discours plaît à l’employeur de l’animateur (TF1), à ses sponsors (Bouygues Telecom, l’Oréal, EDF, Apple, St Gobain, etc), aux Français (87% l’approuvent) et par conséquent à tous les candidats à la présidentielle, qui s’empressent de signer son Pacte Ecologique. Troublante unanimité.
D’autant plus troublante que, leur signature encore humide, les candidats expliquent qu’ils ne suivront pas le Pacte Ecologique. Ségolène Royal annonce vouloir aller « au-delà » des 5 propositions tout en écartant l’idée de créer un poste de vice-premier ministre à l’environnement. Nicolas Sarkozy fait encore plus fort, puisqu’en plus il zappe la taxe sur le carbone.
Le système est bien huilé : les présidentiables ont gagné sans trop se fatiguer leur médaille du candidat écologiquement responsable, les électeurs ont eu leur dose de promesses, et Nicolas Hulot n’annoncera probablement pas sa candidature en janvier : c’est certain, l’écologie est entre de bonnes mains !
L’écologie sortie du chapeau
Si l’on soulève le couvercle de la supercherie, que reste-t-il dans la marmite ? Quelques vagues constats cent fois entendus et râbachés, quelques formules bien senties pour amuser la télé ou la presse écrite, quelques propositions creuses envoyées à la gueule de l’électeur. Du vent.
Effarante perversité de ce système politico-médiatique, qui permet aux candidats de découvrir l’écologie à 6 mois du scrutin, d’enfiler prestement le costume vert pomme du parfait écolo, et de se torcher avec dès que le pigeon-électeur a glissé dans l’urne l’aller-simple pour le trône présidentiel.
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Fred
L’écologie sera-t-elle la farce-et-attrape la plus offerte en cette fin d’année ?
Jacques Chirac vient d’instaurer le 12 décembre un Comité d’honneur présidé par Alain Juppé, avec Nicolas Hulot comme guest star, afin d’organiser la future Conférence internationale sur l’environnement.
Prévue à Paris les 2 et 3 février 2007, elle rassemblera scientifiques, politiques, ONG, médias, afin de réfléchir à la création d’une organisation des Nations unies pour l’Environnement.
Une soixantaine de pays favorables à une instance de l’Onu sur l’environnement seront représentés, mais aussi des nations émergentes plutôt réticentes à cette idée comme la Chine, l’Inde, le Brésil, la Russie et l’Afrique du Sud.
Le Président de la République remet à la mode cette thématique… les lois écologiques françaises, crées par une approche très verticale (lois sur la montagne, l’air, l’eau, le littoral…) ne sont pas assez contraignantes, mais c’est déjà pas si mal de les avoir. Il faut désormais travailler avec les nations émergentes… pour appréhender le fond du problème…
Où sont les points de clivage entre la gauche et la droite ?
Le débat n’est plus posé de la sorte, et c’est cela qui est fascinant. Nous sommes dans le même bateau. Les objectifs sont relativement partagés, mais pas les méthodes. Pour Noël, 2 approches différentes, pour secouer les candidats…
Le Pacte écologique
De… Nicolas Hulot. Il s’agite, propose, relaie, passe chez Drucker. Il est un relayeur d’opinion. Sa parole d’or et est relayée sur TF1. Il invite les différents candidats à se positionner par rapport aux grands enjeux et à s’engager sur 5 points :
-la création d’un poste de vice-premier ministre chargé du développement durable,
- la taxe sur les émissions de dioxyde de carbone,
- une réorientation de la politique agricole,
- le débat participatif sur les questions d’environnement,
- l’éducation à l’écologie.
9 candidats ont déjà signé son Pacte écologique dont Francois Bayrou et 4 ont se sont déjà engagés aux cotés de Super-Hulot.
Ségolène Royal a assuré qu’elle signerait le Pacte écologique de Nicolas Hulot. “Je le signe tel qu’il est”, a déclaré la candidate présidentielle socialiste …
L’alliance pour la Planète
Une autre initiative vient de voir le jour : il s’agit d’un un collectif d’ONG telles que les amis de la terre, greenpeace, w w f, max havelaar, réseau action climat – France, sortir du nucléaire…Leur legmotiv est sans appel : “Agir pour la Planète ne suffit pas. Il faut aujourd’hui des actions précises“. Si elles restent indépendantes des partis politiques, elles jugeront dorénavant chacun d’entre eux en fonction d’actes précis.
Leur approche est malheureusement moins médiatisée, mais est très originale. Ce collectif note les différents partis politiques sur leurs propositions, mais également sur leur passé politique. Pertinent !
L’alliance pour la planète a défini 24 mesures essentielles, morceaux choisis :
- Climat : urgence : Arrêter les financements publics aux énergies non renouvelables au profit des énergies propres et des économies d’énergie.
- Stopper les destructions : Supprimer les aides publiques aux activités qui portent préjudice aux milieux naturels et à l’environnement.
- Produire sans nuire : Convertir 25% des terres agricoles en agriculture biologique et réduire de 50% l’utilisation des produits phytosanitaires de synthèse.
- Solidaire, responsable et citoyen : Mettre fin aux subventions qui contribuent à l’appauvrissement des pays du Sud, notamment sur les produits agricoles et les capacités de pêche.
Alors pour Noël… êtes -vous plutôt Hulot, l’écologie qui sent bon ou Alliance des planètes, au bon goût d’ONG ?
Pierre











