Rassurez vous cet article ne traite pas du ralliement de Chirac au candidat de l’UMP (expédié en 2 mn chrono). Tout le monde s’en fout! Je vous propose plutôt de revenir sur les circonstances dans lesquelles Chirac est parvenu et resté à l’Elysée. Souvenez vous !
Etape 1. Un homme politique peu honnête. Avant 1995, Chirac accumule les casseroles et les malversations, notamment pendant son règne à la mairie de Paris et au RPR (emplois fictifs, frais de bouche, faux électeurs…). Il est entouré de collaborateurs impliqués dans ses magouilles qui pour certains vont trinquer (seulement un petit peu) Juppé, Tibéri…
Etape 2. Impunité et silence I. La fin de règne de Mitterrand se caractérise par la révélation des nombreux scandales et magouilles (écoutes téléphoniques, financements des partis politiques…) La presse française se fait, déjà, remarquer par sa mollesse stigmatisée par les journalistes du monde entier.

Etape 3. Un magouilleur président de la République Française I. Les extrémistes à 20% ! Les partis et les hommes politiques traditionnels sont de plus en plus critiqués. Le discours « tous pourris » touche de plus en plus de gens. Les partis extrémistes font 20% aux élections présidentielles de 1995 (15% Le Pen ; 5% Laguiller). Chirac est élu après avoir obtenu seulement 20% des voix au 1° tour.
Etape 4. La justice aux ordres ! Quelques affaires impliquant Chirac sortent péniblement les unes après les autres. Certains juges d’instruction, qui croient encore à l’indépendance de la justice, essaient de s’en emparer. Juges Courroye, Halphen… Le parquet (le Ministère) et quelques juges aux ordres étouffent, prescrivent ou classent, parfois spectaculairement (hélicoptère dans l’Himalaya) une à une tous les affaires touchant Chirac et le RPR.
Etape 5. Impunité et silence II. Devant de tels comportements, la presse française se fait encore remarquer par sa lâcheté et son manque de ténacité. A l’exception de quelques titres de presse écrite, les principaux medias audiovisuels se caractérisent par leur faible perspicacité et un sentiment de connivence avec les dirigeants. Le capital de nos principaux médias (radios, TV) et le comportement de nos journalistes constituent un inépuisable sujet de moquerie de la part de nos amis européens et américains. Le système médiatique français veille à la quiétude de ses élites et de son monarque (depuis l’ORTF rien ne semble avoir changé)
Etape 6. Les extrémistes à 30%. Le rejet des partis traditionnels se poursuit. Les partis extrémistes font désormais 30% des voix au premier tour des présidentielles en 2002. 10% pour l’extrême gauche (Laguiller + Besancennot), 20% extrême droite (Mégret + Le Pen)
Etape 7 : Le magouilleur président sauveur de la République Française II. La France se ridiculise aux yeux du monde en proposant au second tour de la présidentielle Chirac le magouilleur contre Le Pen le fasciste. Chirac le tricheur est élu par plus de 80% des votants avec la casquette de sauveur de la République.
CQFD Fin de la méthode Chirac.

Mais tout cela est du passé, me direz vous. Les choses sont différentes aujourd’hui. En êtes vous vraiment sûr ? Je vous propose un petit quizz :

Question 1 : Quel candidat à la présidentielle de 2007 a pour proches collaborateurs des hommes politiques condamnés par la justice pour « prise illégale d’intérêt » ou « corruption » ? Quelques indices :
. Alain Carignon, actuel président du Comité UMP de l’Isère condamné à de la prison ferme en 1996 pour « prise illégale d’intérêts »
. Gérard Longuet, à la direction de l’UMP, plusieurs fois mis en examen pour diverses affaires (financement du Parti républicain, affaire COGEDIM, marchés publics d’Ile-de-France)

. Alain Juppé, actuel maire UMP de Bordeaux, condamné par la justice pour « prise illégale d’intérêt ».
. Pierre Bédier, Président UMP du CG des Yvelynes, jusqu’à sa condamnation pour « recel d’abus de biens sociaux » et « corruption passive » en décembre 2006.
. Patrick Balkany, actuel maire UMP de Levallois, condamné (ainsi que sa femme) pour « prise illégale d’intérêt ».
Question 2 : Quel candidat est soupçonné (factures à l’appui) d’avoir profité de sa situation de maire de Neuilly sur Seine pour bénéficier de plus de 300 000 euros d’avantages matériels de la part d’un promoteur immobilier travaillant dans sa commune?
Question 3 : Dans quel pays, les journalistes peuvent ils avoir sous la main un tel scandale et l’oublier au bout d’une semaine de peur de fâcher les actionnaires de leurs entreprises de médias (TV, radio, presse) par ailleurs importants fournisseurs de marché public ?
Question 4. Quel score pour les représentants des partis extrémistes aux élections 2007 ? Quelles autres formes prendront le raz le bol des français devant l’impunité et la connivence dont bénéficient leurs élites ?
Je laisse les lecteurs apporter leurs propres réponses.
Quelques autres questions encore pour terminer.
- Quand cesserons nous d’être la seule démocratie du monde à vénérer nos élites jusqu’à tolérer leurs dérapages et leurs malversations ?
- Quand cesseront la connivence et la consanguinité de notre système médiaco-journalistique avec les élites politiques et économiques ?
- Quand nos politiques cesseront ils de jouer avec le feu en laissant progresser les partis extrémistes ?
Le débat est ouvert !


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Oh bien sûr, je ne pense pas au début de son intervention. Lorsqu’il essaie de nous faire croire qu’il est fier de son bilan (réformes, insécurité, innovation, chômage…).
Message n°1 : « ne composez jamais avec l’extrémisme, le racisme, l’antisémitisme ou le rejet de l’autre »… « Oui, la France est riche de sa diversité! » A l’heure où le candidat favori des sondages tente de chasser des voix sur sa droite, Chirac nous rappelle ce que la peur de l’étranger a produit dans notre histoire mais aussi ce que la France doit à sa diversité. Il insiste sur « l’honneur de la politique :… agir pour l’égalité des chances » « c’est l’une des clés de notre avenir ».
Ce second message est plus ambigu. Il renvoie à l’exception française, concept qui n’a pas toujours été mis en avant à bon escient. Mais enfin. Il existe vraiment ce système propre à la France. Un équilibre particulier entre protection sociale élevée, liberté d’entreprise « encadrée », rôle de l’administration publique, solidarité internationale, place de la culture, etc. Saurons nous le moderniser en en conservant les acquis fondamentaux ? Allons nous brandir notre modèle avec arrogance et nous isoler du reste de l’Europe et du Monde ? Au nom de cette modernisation, saurons nous nous attaquer aux rentes de situation et vrais privilèges sans détruire ce que nos aînés nous ont transmis de droits et d’acquis sociaux et culturels ? Ou bien ferons nous le contraire ?
Message n°3 : « ce n’est pas seuls que nous ferons face aux bouleversements économiques du monde. La France doit affirmer l’exigence d’une Europe puissance. D’une Europe politique. D’une Europe qui garantisse notre modèle social. C’est notre avenir qui est en jeu »
Qui dit mieux ? Personne.
Le même qui déclarait dans un brillant discours en 2002 à Johannesbourg « la maison brûle et nous regardons ailleurs » nous rappelle la nécessité de réviser notre façon d’apprécier et de concevoir notre développement. Sa dernière décision politique majeure aura été son accord (conseil européen de la semaine dernière) de passer de 7% aujourd’hui à 20% d’énergie renouvelable en 2020 au niveau de l’ensemble des pays européens. Tout en exigeant que la France puisse négocier un taux inférieur en raison de sa part d’énergie nucléaire.
Mais voilà, hier, j’ai tout oublié. Pendant les dix minutes de son allocution, Chirac n’était plus Chirac. J’ai succombé au charme de sa déclaration d’amour.
Laurent
C’est grâce à l’action énergétique et originale de l’Association des
François Bayrou
Selon le porte-parole du Gouvernement
Il a en effet confirmé le projet européen
Jacques Chirac, sur les questions d’énergie et de développement durable peut être qualifié d’hyper pragmatique : à l’origine de la
Le nucléaire est présent partout en France mais assez peu dans le débat,, où l’on esquive d’autant plus aisément le sujet que sans, on ne saurait quoi faire sans (75% de l’électricité est d’origine nucléaire).
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