3 September 2010

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Sarkozy, Bayrou, Dupont Aignan : au boulot, les paresseux !

A droite, on est formel : les Français ne travaillent pas assez. Ça suffit ! Sarkozy, Bayrou et Dupont-Aignan nous expliquent comment remettre le pays au travail.

sarkozy-thumb.jpgSarkozy est parti bille en tête contre les lourdeurs de l’Etat et, surtout, le temps de travail insuffisant des Français. Il veut réduire les prélèvements obligatoires (68 milliards d’euros !), et « récompenser le travail, créer de l’activité, favoriser la croissance ». Les entreprises ne paieront plus de cotisations sur les heures supplémentaires. Les 35h seront maintenues, mais clairement vidées de leur substance : il n’y aura plus de durée maximale du travail, pas de limites aux 35h. Les gens pourront même travailler jusqu’à 80 ans si ça leur chante.

654-1-bayrou_papier-30.jpgBayrou reprend les mêmes idées que Sarkozy, mais avec un habillage plus « centriste ». Il propose de « libérer » le travail en allégeant les charges sur les heures supplémentaires aux 35h, en exonérant de charges les entreprises qui créent des emplois. Il propose par ailleurs de généraliser un contrat de travail universel à durée indéterminée, adaptable selon les secteurs d’activités.

dupont-aignan_small.jpgDupont-Aignan est encore plus soft. Il parle d’humaniser la mondialisation, de faciliter l’activité pour les PME. Il propose tout de même de rendre plus compétitive la fonction publique (limiter les gaspillages, instaurer des primes d’objectifs),et de faire travailler les RMIstes un jour par semaine au service de la collectivité. A côté de ça, il propose de moduler l’impôt sur les sociétés en fonction du nombre de CDI et de travailleurs âgés.

A droite, les nuances existent, mais il faut être clair : maintenant, il va falloir bosser !
pied-au-cul.jpgAvec Dupont Aignan et Bayrou, on explique gentiment aux Français que la société de loisirs, c’est terminé. Sarkozy ne dit pas autre chose, mais il va leur mettre de grands coups de pied dans le cul pour qu’ils comprennent mieux. Et gare aux feignants !!

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Fred

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Dupont-Aignan et l’écologie : beaucoup d’incantation, peu d’action

nicolas-dupont-aignan-2-2.jpgNicolas Dupont-Aignan tente d’exister dans la campagne présidentielle, mais son exposition médiatique est pour l’instant faible. D’une certaine manière, il est confronté à la même difficulté que François Bayrou : comment se faire entendre à droite ?
Parler avec force, dénoncer, pointer les lacunes des autres candidats… Dupont-Aignan use de la même rhétorique que Bayrou pour légitimer sa candidature. Sur l’écologie, par exemple.

Il annonce sur son blog avoir rencontré Nicolas Hulot le 11 décembre (« loin des caméras »), et propose des « réponses précises et argumentées » aux 5 mesures de Hulot. Désireux d’aller au-delà de la « comédie politicienne » qui se joue actuellement, il annonce qu’il faut intervenir sur la « structure même du libre échange et de la construction européenne » pour faire changer les choses.

Vieilles recettes

Vaste programme, a priori surprenant pour un tenant du libéralisme et un souverainiste.
Passons sur les propositions classiques, cent fois entendues mais toujours aussi vagues : maîtriser et rationaliser la consommation d’énergie, développer les énergies de demain, réformer la fiscalité de l’écologie, encourager les productions agricoles de qualité, développer les transports en commun grâce aux aides de l’Etat et rationaliser les autoroutes. On reste dans les intentions : pas de chiffrage, pas de calendrier, pas de mesure concrète.

nda.jpgFaiblesse également sur l’aménagement du territoire, levier important d’économies d’énergie (en réduisant les distances quotidiennes de déplacement, par exemple) et de préservation du capital environnemental (lutte contre l’étalement urbain). Dupont-Aignan se contente de préconiser la lutte contre l’étalement urbain (sans aucun objectif précis ni moyen particulier), et le maintien des services publics. Il égrenne ensuite plusieurs mesures sur l’aménagement du Bassin Parisien, semblant oublier que le Conseil Régional d’Ile-de-France est déjà compétent sur le sujet.
Finalement, on ne peut retenir que deux propositions réellement originales :
- conditionner l’ouverture de nos frontières commerciales au respect de critères environnementaux et sociaux, et instaurer des « zones régionales de libre-échange ». Dupont-Aignan n’évoque pas une seule fois le mot « Europe » dans ce chapitre, ce qui laisse quand même songeur.
- Réorganiser la présence de l’Etat déconcentré autour du préfet de région et de sous-préfets thématiques, et réorienter ses interventions autour d’un nombre réduit de compétences, dont la mise en œuvre du plan national de protection de l’environnement. Dupont-Aignan est un des rares dans cette campagne à aborder la question de la nécessaire rationalisation de l’appareil administratif français.

Diagnostics passionnés, propositions fades

Finalement, les propositions de Dupont-Aignan sur l’écologie sont assez convenues et globalement peu différentes des autres candidats.
On s’enflamme sur des diagnostics, on lance de grandes déclarations de principe, mais on reste faible sur les propositions chiffrées et sur tout ce qui peut vraiment changer nos modes de fonctionnement. Au moins peut-on espérer que les mentalités sont en train d’évoluer progressivement sur le sujet de l’écologie… mais n’est-ce pas un peu tard au regard de l’urgence des enjeux de notre planète ?

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Fred