3 September 2010

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Résultats des élections au parti socialiste (PS) : majorité absolue et victoire au premier tour pour Ségolène Royal !

Les militants ont voté !

segolene-victoire-3.jpg 218 771 militants socialistes appelés à trancher entre trois candidats. A l’issue du premier tour, Ségolène Royal semble avoir directement gagné l’investiture socialiste avec une majorité absolue proche de 60% et représentera donc le PS aux élections présidentielles. Les thèmes de la démocratie participative, des jurys citoyens et de l’Europe par la preuve semblent donc avoir fait leurs… preuves !

Derière, DSK et Fabius sont loin, très loin, avec des scores finalement proches de respectivement 20 et 18%.

dsk-sombre.jpgfabius-depite.jpg

Quels enseignements ?

Les militants PS ressemblent aux sympathisants puisque les résultats correspondent à aux estimations des sondages qui avaient pronostiqué depuis longtemps une victoire de la candidate socialiste dès le premier tour.

Aussi, Ségolène Royal a pris pas mal de libertés avec le projet socialiste, qu’elle va devoir maintenant gérer avec le parti…

Mais l’enseignement principal c’est que le débat s’est globalement cristallisé sur des points très spécifiques (encadrement des jeunes délinquants, jury populaires, 35 heures des profs…).

Pour quoi vote alors un militant socialiste ? La personnalité, la stature présidentiable, le potentiel pour battre la droite, la capacité à réunir la gauche ?
Ségolène Royal aura-t-elle la légitimité suffisante pour adapter le projet socialiste à ses idées, à son programme ?
Le mystère de ce scrutin et de ses conséquences reste donc entier.

François

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Quelle Europe dans les programmes présidentiels ?

De quelle manière les différents candidats à l’élection présidentielle de 2007 ont-ils intégré l’Europe à leur programme présidentiel ?

Les nostalgiques de l’Etat-nation
etat-nation.jpgC’est clair, ils n’aiment pas l’Europe. Ils ont tous appelé à voter « non » au referendum, et pas au nom d’une Europe plus sociale, mais parce qu’ils regrettent le XIXème siècle et ses Etat-nations puissants.

Chevènement : opposé à toute forme de « gouvernance européenne », il est au contraire partisan d’une coopération de nations libres et solidaires.
Pour Le Pen, c’est avant tout la Nation contre l’euro-mondialisme. Son programme sur l’Europe : sortir la France de l’Europe, rétablir les frontières, supprimer la notion de citoyenneté européenne.
De Villiers : construire l’Europe des patries sans la Turquie, établir une Charte fondatrice pour une nouvelle Europe.

L’Europe des eurosceptiques convertis à l’Europe utile
airbusa380.jpgIls ont pour points communs leur peu d’enthousiasme pour l’Europe. Leur vision de l’Europe est une projection de leur programme présidentiel… l’Europe est pour eux une « Grande France » qui ne vaut que parce qu’elle est utile.

Sarkozy veut une Europe politique qui fonctionne… afin d’être efficace sur l’immigration, la justice, la compétition économique. Le bras armé de la France.
Fabius : un peu la même logique, même si les idées sont différentes : « le plan B de l’Europe, c’est le projet socialiste »
Pour Royal, la promotion de l’Europe se fait « par la preuve ». L’Europe doit être concrète pour se rapprocher des citoyens.
Buffet : le PCF n’a jamais été pro-européen, mais Buffet martèle avec vigueur qu’il faut une Europe sociale, démocratique, solidaire, féministe, écologique et pacifique. L’Europe vue comme un moyen de promouvoir le programme du PCF à plus grande échelle.

Les Euro-convaincus.. pas encore Euro-convaincants
drapeau.jpgLeur engagement européen est connu depuis longtemps… mais franchement on est pour l’instant déçu par la faiblesse des ambitions affichées. Alors, mal de crâne post-référendaire ou angoisse des frontières ?

Strauss-Kahn veut une Europe plus politique, mais une Europe élargie à 40 membres… ce qui signifie une Europe politique à plusieurs vitesses ? On reste un peu dans le flou.
Bayrou : on connaît ses convictions européennes. Il les affiche dans l’avant projet de l’UDF (un nouveau traité institutionnel, intégration des compétences sur a défense et l’immigration au niveau européen…), mais ça manque de souffle et d’ambition… et quid des limites de l’Europe ?
Voynet : elle décline les mesures que doit porter l’Europe, avec un changement d’orientation : une Europe plus sociale et plus durable. Mais pas un mot sur l’Europe politique ni sur les frontières européennes… on reste dans le « il faudrait que »… oui, mais comment ?

Bref… on reste un peu sur notre faim. Affaire à suivre…

Fred

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Bazar au PS: la Turquie divise

turquie-dr.jpgAu cours du débat télévisé du 7 novembre dernier, les trois candidats ont pu présenter leur point de vue et programme de « présidentiable » sur l’opportunité ou non d’intégrer la Turquie à l’Union Européenne.

fabius2.jpg Laurent Fabius différencie tout d’abord « l’Europe renforcée » que sont les pays de la zone Euro et d’autres pays plus éloignés (Grande Bretagne, Pologne). En périphérie, d’autres pays (Ukraine, Maghreb et…Turquie) avec qui il faut travailler mais, selon lui, « ce serait une erreur de les faire rentrer dans le mécanisme de décision ». Avec Fabius, ça a le mérite d’être clair : une Europe à 3 vitesses : les pays moteurs, les pays suiveurs et une vaste remorque regroupant les pays périphériques (pauvres ?).

segolene-2.jpg Pour Ségolène Royal, il faut tenir parole et comme des négociations ont été ouvertes par Lionel Jospin, on ne peut pas les interrompre. Ensuite, puisque l’intégration sera décidée par référendum, « l’avis du chef de l’Etat sera l’avis du peuple français » énonce-t-elle courageusement. L’insistance de la journaliste permettra quand même d’avoir cet avis d’une audace extrême: « si la Turquie ne remplit pas les conditions pour intégrer l’UE, alors non ; si elle les remplit, alors oui…mais le peuple pourra décider autrement ». On va aller loin avec ça…
Avec Mme Royal c’est « on arrondit tous les angles, on ne se ferme aucune porte et ça devrait passer ! ».


dsk-2.jpg Dominique Strauss-Kahn, lui, ne veut aucunement suspendre les négociations d’adhésion et souhaite que la Turquie rentre dans l’Europe sinon « elle basculera de l’autre côté et nous aurons à notre porte un pays fortement connecté à l’Iran et l’Irak ». Bonjour l’enthousiasme !Ca ressemble furieusement à une intégration par défaut ! Plus globalement, il souhaite non pas une Europe à 50 comme Fabius et Royal ont essayé de le faire croire mais « une Europe qui exerce sa responsabilité sur la Meditterrannée ». C’est donc l’élargissement total sans savoir vraiment sous quelle forme ni avec avec quel mode de fonctionnement mais, comme il dit, il s’agit d’une « vision » de l’Europe.

ue.jpg Nous avons donc deux candidats avec des vues très opposées de l’Europe et une candidate, Ségolène Royal, qui brasse de l’air sur l’Europe, se limitant à des banalités (« l’Europe par la preuve », « « si les valeurs de l’Europe sont partagées alors le monde ira mieux »…) et persistant dans sa démarche de démocratie participative et s’en remettant systématiquement au « peuple« . Pour avoir une réponse, il faut donc se rendre sur désir d’avenir et faire en sorte d’influencer le « programme participatif » de la candidate du Poitou-Charentes.


François

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Mais de quelle Europe parlent les candidats socialistes ?

dskfabiusroyal.jpg  Le 7 novembre sur La Chaîne Parlementaire, le dernier débat entre les candidats à l’investiture PS, nous a permis de noter, malgré le projet du Parti Socialiste, des divergences de fond et de forme sur l’Europe.

 

Fabius, Royal, Strauss-Kahn: 3 approches 

 

fabius.jpg Interrogé le premier, Laurent Fabius a parlé du projet socialiste qu’il qualifie de « plan B ». Petite remarque : si j’ai bonne mémoire, le plan B était, à l’époque du référendum sur le Traité constitutionnel, un argument des « nonistes » qui disaient que la commission avait une alternative en cas de refus de la France. Or il s’est avéré que cette affirmation était erronée et depuis, l’Union Europe est à l’arrêt. Il est donc faux de dire que le programme du PS est le plan B.

Sinon, Fabius s’en tient à la lettre au projet socialiste dont il énumère les mesures principales : révision des statuts de la Banque Centrale Européenne, rédaction d’un traité social, directive-cadre sur les services publics (SIG/SIEG ?), meilleure protection commerciale de l’Union, dépenses de recherche « hors critères de Maastricht… et adoption d’un Traité strictement institutionnel.

Il précise enfin, malicieusement, qu’ayant voté « non » au référendum, il n’était pas le moins crédible pour faire respecter le vote des français.

royal.jpg  Ségolène Royal souhaite, quant à elle, reprendre le talisman de François Mitterrand et rappelle que les problèmes du monde trouveront leur solution dans un bon fonctionnement de l’Europe. Elle indique que « les français s’en méfient (de l’Europe) car elle n’a pas réussi contre le chômage, a créé de la précarité, n’a pas lutté contre les délocalisations, n’a pas incarné un idéal et s’est réduite à un grand marché… ce qui est déjà très important car ça a là aussi protégé nos économies ».

La candidate PS souhaite « reconstruire l’Europe par la preuve », preuve contre le chômage, contre les délocalisations, pour l’investissement massif dans la recherche et la protection de l’Environnement… Ces propositions, elle les inscrit dans « un travail de coordination et de coopération entre les chefs d’Etat ». Elle est enfin favorable à un texte court pour indiquer qui décide, comment on décide et avec quelles institutions.
Et de conclure son intervention sur « Si l’Europe réussit contre le chômage alors les français adhèreront à l’idée européenne et si l’Europe est plus forte sur le plan politique, alors elle pourra jouer un rôle majeur dans l’un des principaux problèmes du monde aujourd’hui, le conflit Israelo-Palestinien ». 

dsk.jpg Enfin pour Dominique Strauss-Kahn, il faut avant tout « retrouver le couple Franco-Allemand ». Pour ce faire, il faut tout remettre à plat (règles de décision, rôle de l’Union et des Etats, règles sur les services publics, ministre européen de la croissance et de l’emploi, politique agricole commune, lutte contre la mondialisation…) et se mettre d’accord. DSK redoute les accords et la construction « au coup par coup » et veut une relance globale de l’Europe avec la France et l’Allemagne comme moteurs.

Qu’en déduire ? 

Fabius et Strauss-Kahn sont rentrés dans le mécanisme des institutions et dans le calendrier d’action tandis que Ségolène Royal a parlé de la relation Europe-citoyens (ou plutôt peuple) et des valeurs.

A vous de choisir !

François