3 September 2010

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Ecologie : les bons élèves et les cancres de la campagne

Après l’interlude remarqué de Nicolas Hulot il y a quelques mois, plus personne ou presque ne parle de développement durable dans la campagne présidentielle. Les enjeux n’ont pourtant pas disparu : changement climatique, épuisement des énergies fossiles, gaspillage des ressources, pollutions, inégalités Nord – Sud…
L’association « Alliance pour la Planète » a passé au crible les programmes des candidats pour évaluer leur niveau de prise en compte de ces enjeux essentiels pour la planète.

Les résultats sont intéressants, ils font en tout cas apparaître des différences essentielles entre les candidats.

podium.jpgSur les deux premières marches du podium, on retrouve sans surprise les deux partis « écolos » : les Verts et Cap 21, chacun avec une note de 16,5/20. Ainsi, les Verts proposent un vaste plan d’isolation des logements, un objectif de 50% d’énergies renouvelables en 2030, une priorité absolue aux transports collectifs en ville, une protection renforcée des espaces naturels, l’instauration d’une fiscalité écologique contraignante, une forte hausse de l’aide au développement… En bref, des mesures fortes pour un changement significatif de fonctionnement de notre société.

Le PS accroche la troisième marche du podium avec un honorable 13/20. Ségolène Royal se montre ambitieuse sur l’isolation des logements, le recyclage, la fiscalité écologique. En revanche, elle parle moins de protection des espaces et d’aide au développement ; et elle soutient à la fois les transports collectifs et le développement des autoroutes. Une nette inflexion du discours traditionnel du PS, mais encore des progrès à faire.

thumb_cancre.jpgPour des raisons différentes, l’UDF, l’UMP et le PCF récoltent des notations plus médiocres (9/20). Quelques mesures écologiques, mais on sent que la volonté n’est pas encore de réformer en profondeur la société pour répondre aux défis du développement durable. Les priorités sont ailleurs.
La LCR récolte 8/20 pour avoir proposé quelques mesures très générales sur « une nouvelle logique de développement » ; enfin le FN et FO un pitoyable 5/20 pour totalement ignorer le sujet.

debat.jpgCes notations montrent bien que l’écologie n’est pas uniquement question de communication et d’affichage, mais aussi et surtout de choix politiques. Là-dessus, le clivage droite – gauche a encore incontestablement une signification.

Plus globalement, il convient cependant de s’interroger sur la réalité de ces différents engagements. Un programme politique est constitué de propositions, mais aussi de priorités. Et le fait que le thème du développement durable ait quasiment disparu des débats politiques est de mauvaise augure par rapport à la manière dont seront hiérarchisées les priorités du futur gouvernement.

Fred

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Pacte écologique: les réponses de Lepage à Hulot (1erepartie)

lepage.jpg La signature le 31 janvier dernier du Pacte Ecologique par les candidats a permis à Corinne Lepage, présidente de CAP 21, de préciser dans un discours son programme présidentiel pour répondre à « l’urgence écologique ».

Corinne Lepage nous fait l’économie d’un discours généraliste et racoleur sur notre planète et la pollution, tels qu’ont pu le faire d’autres candidats, pour se consacrer auw quatre questions essentielles : comment fait-on, quels objectifs se fixe-t-on, où agit-on et sous quels délais ?

Changer de système

Le postulat de départ est que notre système économique actuel reponse sur des principes dépassés et que c’est l’écologie qui doit devenir le pivot de notre société pour « réconcilier économie et emploi ».

dentiste1.jpg Elément rassurant ou inquiétant, la candidate ne fait pas de promesses mais demande simplement du courage… Elle veut agir là où l’Etat est compétent, c’est à dire à peu près partout. Sa recette : une bonne dose d’interdictions, quelques incitations et des moratoires ici ou là.

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Les bases de l’urgence écologique

La première des priorités du programme presidentiel de Corinne Lepage est d’avoir, dans les deux ans, la capacité d’évaluer réellement l’impact écologique de nos modes de vie. Pour ce faire, la candidate souhaite au plus vite internaliser les coûts externes.
tropicana.jpg Pour illustrer ce besoin, l’exemple du jus d’orange et de son écobilan désastreux pour l’environnement est un révélateur du manque d’information et de sensibilisation du grand public.

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Elle souhaite également généraliser le principe du pollueur/payeur, y compris au domaine social et changer notre base comptable et nos indicateurs pour que le Produit Intérieur Brut (PIB) ne soit plus la seule valeur de référence.

info-dsinfo.jpg Enfin, la candidate de CAP 21 souhaite changer notre gouvernance et développer la démocratie participative, la concertation, le droit à l’information, le développement de la contre-expertise… Sur ces sujets, il faudra s’interroger sur les limites à définir entre action nécessaire des pouvoirs publics et droits des citoyens.

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La méthode Lepage

La candidate ne cherche pas à séduire mais a une démarche de vérité et de propositions concrètes qui vont parfois très loin. Les électeurs sont-ils prêts à prendre en plein visage un tel programme ? Difficile à dire tant il est difficile de changer nos comportements quotidiens.

et-si-cetait-elle.jpg  Corinne Lepage c’est le complément politique et technique de Nicolas Hulot et Al Gore : elle s’adresse à l’électeur mais de manière froide et concrète. Elle ne rassure pas, ne nous touche pas le bras avec compassion mais nous met presque un coup de pied au d… et fait appel à notre responsabilité personnelle en nous disant : « ça va être dur mais on peut y arriver ».

 Indéniablement ça ne fait pas rêver mais c’est aussi une autre manière de faire de la politique, moins infantilisante…

Dans un prochain article, les 10 choix de société de la candidate Corinne Lepage. Préparez-vous, c’est renversant !

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François
 
 

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Les écolos et la dette publique

La question de la dette publique intéresse-t-elle les candidats écolos ? Sur ce sujet majeur, on attend un positionnement, en tout cas une prise en compte dans les propositions des candidats.

Chez les Verts, le contrat écologique « pour une France écologique et solidaire » avance évidemment de nombreuses propositions sur le développement durable. Environnement, activité économique, logement, solidarité, Europe… mais rien sur la dette publique. Au contraire, une série de mesures entraînant clairement une hausse des dépenses publiques : construire 1 millions de logements HQE en 5 ans, renforcement des moyens de la justice, 3% du PIB pour la recherche, développement des crédits pour le transport par rail, hausse de l’aide publique au développement… Ces choix vont entraîner des dépenses supplémentaires : les Verts s’en accommodent-ils, ou bien n’ont-ils rien à dire sur le sujet ?

cap21Chez Cap21 de Corinne Lepage, le sujet n’est pas non plus abordé. Les coûts évoqués sont plutôt ceux du développement humain sur l’environnement. C’est un programme sérieux, avec une évidente compétence sur les sujets d’environnement, de climat, de santé, etc. Mais malgré des propositions sur le social ou la citoyenneté, l’approche reste finalement partielle : il n’y a rien sur la question de la réduction de la dette publique.
Antoine Waechter effleure le sujet dans son programme. Il explique que « la dette est un handicap », et que la politique budgétaire « doit avoir pour priorité de revenir un niveau d’endettement qui préserve l’avenir ». Il propose par ailleurs d’ajuster le montant des pensions à l’âge du départ à la retraite, qui serait libre. On sens pourtant que la volonté de Waechter est de redonner plus de place à l’Etat, qui devra mettre en place les conditions de la décroissance (la seule voie possible selon lui), et assurer à tous l’accès à la culture, au sport, à la santé, au logement, etc. waetcherQuel serait l’impact de ces mesures sur la fiscalité ? Pas de réponse.

Tout ceci est franchement dommage. Parce que cela donne l’impression que les écolos ne parlent que d’écologie. Même s’ils sont capables d’avancer des propositions pertinentes sur le logement, la citoyenneté ou le social, ils ne s’expriment pas sur un sujet aussi essentiel que la dette publique.
Globalement, les mesures qu’ils proposent, si elles étaient mises en œuvre, pourraient augmenter la dépense publique. Mais peut-être que la hausse de la fiscalité écologique compenserait ces dépenses… peut-être aussi que les emplois créés développeraient les recettes de l’Etat.
Le problème est que c’est finalement à l’électeur de faire ces suppositions, et que les écolos ne soient pas clairs sur le sujet. Leurs propositions dessinent pourtant les contours d’une puissance publique plus présente qu’aujourd’hui, plus présente car le seul fonctionnement du marché privé n’est pas capable de régler ses propres dysfonctionnements économiques, sociaux et environnementaux. Mais pourquoi alors ne pas aller jusqu’au bout de cette logique, et avoir un discours clair sur l’Etat, la fiscalité, et la dette publique ?

Cet « oubli » renforce le sentiment qu’ils sont les candidats d’un seul sujet (aussi essentiel soit-il), mais que finalement ils ne se placent pas en situation de gouverner un pays.

Fred

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Les écolos parlent-ils d’autres choses que d’écologie ?

Les écologistes ne doivent-ils parler que d’écologie ? La question mérite d’être posée, dans une campagne où les enjeux écologiques ont été placés au cœur du débat par Nicolas Hulot. Cependant, quel rôle peuvent jouer dans cette campagne des écolos, au-delà de l’interpellation des « grands » partis sur un certain nombre d’enjeux climatiques, environnementaux ou sanitaires ?

Si Nicolas Hulot ne prétend pas (pour le moment) sortir de son rôle de militant, en est-il de même pour les Verts de Dominique Voynet, pour Cap21 de Corinne Lepage, ou Mouvement Ecologique Indépendant d’Antoine Waechter ?
Au-delà du seul discours de l’écologie, sont-ils en mesure de proposer une vision de la société et des propositions sur la démocratie, l’Europe et la politique étrangère, la justice ou l’éducation ?

Prenons ici l’exemple de l’Europe.

antoinewaechter.jpgCommençons par Antoine Waechter, le moins médiatisé des 3 candidats écolos. Son programme expose un diagnostic sans concession de la situation actuelle, et préconise la mise en œuvre de la décroissance, seule option possible aujourd’hui. L’Europe n’apparaît qu’à la marge de ce projet : elle devra financer les conditions de cette décroissance (assurance vieillesse, émancipation de la femme…), devra mettre en place une défense commune qui devra assurer la sécurité des européens. Enfin, sa construction politique devra être relancée. Un peu maigre : l’Europe semble être un cadre général, plutôt abstrait, en tout cas presque déconnecté du programme de Waechter.

photo_corinne_lepage.jpgLe cas de Corinne Lepage est plus difficile à cerner. Il est évident que Corinne Lepage ne limite pas son discours aux questions écologiques. Elle propose un discours offensif sur la fiscalité, la démocratie, la sécurité, la justice… mais pas l’Europe. Il faut bien avouer qu’entre son blog, celui de Cap21, son livre (qu’elle a signé sous le pseudo « Catherine Médicis »), ou le rappel de positions prises antérieurement (comme sur le referendum européen, par exemple), on a du mal à s’y retrouver. Finalement, on croit comprendre que le programme n’est pas encore complètement publié, et donc que Corinne Lepage parlera peut-être d’Europe plus tard. Un peu dommage, pour un thème aussi fondamental.

voynetdominique3.jpgLes Verts de Dominique Voynet, enfin. Ils proposent plusieurs axes pour l’Europe. Tout d’abord, une Europe qui conduise les indispensables réformes en terme de développement durable : promotion d’activités agricoles et halieutiques durables, réduction des dépenses énergétiques et réorientation des politiques de transport, ou encore profonde réforme fiscale pour sortir de l’Europe libérale. Les Verts se prononcent aussi sur une réforme des institutions : réforme des modes de suffrage, mise en place d’une politique étrangère commune. Autre volet intéressant : l’émergence d’une citoyenneté européenne (service citoyen européen, création d’une équipe olympique européenne). Dommage qu’il n’y ait pas un mot sur les limites géographiques de l’Europe, volet essentiel du projet politique.

Finalement, seuls les Verts proposent aujourd’hui un discours cohérent sur l’Europe. Encore faudrait-il qu’ils soient en mesure de mieux le porter médiatiquement, s’ils veulent enfin passer de leur éternel statut de « composante politique utile au débat » à celui de « parti de gouvernement ». Pour les autres partis écolos, attendons de voir… la campagne est encore longue.

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Fred