3 September 2010

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Le Pen à 10% : la réjouissante déroute ?

thumb_le-pen.jpgQuelle délectation, dimanche soir, lorsqu’on a appris la déroute électorale de l’affreux Le Pen, cette bête immonde qui hante notre démocratie depuis 25 ans. Ce parasite qui se nourrit de la peur, de la détresse et de l’ignorance, comme une plante rampante sur un tas de fumier.

Dimanche soir, ce fut comme si quelque chose s’était enfin brisé dans cette dynamique infernale : montée régulière et inexorable du FN au fil des élections, incapacité de la classe politique à adopter une stratégie pour le contrer (l’ignorer ? le dénoncer ? débattre avec lui pour démontrer l’absurdité de son programme ?)… jusqu’à ce sinistre 21 avril 2002. Et puis la victoire du « non » au referendum sur la constitution européenne.

le-pen-agresseur.gifJusqu’à ce dimanche, c’était comme si Le Pen luttait contre ses adversaires politiques à armes inégales. Facile de dénoncer le bilan des politiques passées quand on s’y tient soigneusement à l’écart. Facile de surfer sur les peurs et les angoisses des gens. Facile de prétendre expliquer la complexité du monde avec le bon sens et la désignation de boucs émissaires. Tellement facile qu’on se demandait si le cauchemar allait un jour s’arrêter.

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Dans cette élection, pour une fois, il semble que Le Pen se soit trompé de stratégie. Voulant cette fois se faire élire, il est sorti de sa confortable tanière d’extrémiste antisystème, et a adopté un discours plus lisse et consensuel. Le vieux réac raciste a mis le masque du grand père bienveillant, a décrété appartenir au centre-droit, et a même cherché à rassurer les électeurs des banlieues sensibles face à Sarkozy.

le_penx1.jpgDu coup, la stratégie de Le Pen face à un Sarkozy chassant sur ses terres a semblé peu claire : un coup la surenchère (« Sarkozy n’est pas assez Français »), un coup le discours rassurant et fédérateur. Un jour l’esquisse d’un rapprochement, le lendemain les insultes.
Le résultat du 22 avril illustre bien l’impasse du système Le Pen : extrémiste, il ne dépasse pas les 20% dans l’électorat, consensuel, il ne capte plus le vote protestataire.

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Mais Le Pen désormais en pré- retraite, c’est aussi un élément structurant de notre démocratie qui disparaît. Les idées extrémistes ? Le racisme et la xénophobie ? Les regards se tournent vers l’affreux, dont tout le monde a peur tout en sachant sait très bien qu’il ne sera jamais élu président de la république.

Et demain ? Sans ennemi de la démocratie clairement identifié pour les défendre, les idées nationalistes, racistes et réactionnaires vont-elles pour autant disparaître ? La droite décomplexée de Sarkozy risque bien de les reprendre en partie à son compte. Marine Le Pen, plus lisse et consensuelle que son père, pourrait également incarner ces idées sous une forme plus insidieuse. Et pourquoi pas, un jour, participer à une coalition gouvernementale.

Finalement, la retraite de Le Pen n’est pas forcément une aussi bonne nouvelle que ça.

Fred

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Géographie du vote du 22 avril : quels enseignements pour le second tour ?

L’analyse géographique du scrutin du premier tour de la présidentielle fait apparaître des enseignements très révélateurs pour les 4 principaux candidats. Elle est également assez éclairante dans la perspective du second tour.

Tout d’abord, le clivage Royal / Sarkozy est avant tout un clivage géographique : les 24 départements dans lesquels la candidate socialiste est arrivée en tête sont presque tous situés à l’ouest d’une ligne Caen – Narbonne. A l’inverse, le candidat de l’UMP est arrivé premier dans la moitié Est de la France, ainsi que dans sa moitié Nord (hormis la Bretagne).

sgehpn58120107161422photo00.jpgTrès schématiquement, Ségolène Royal a réalisé ses meilleurs scores dans des territoires présentant les caractéristiques suivantes : une faible tradition industrielle, une présence régulière de petites villes, et une attractivité résidentielle et touristique en net progrès ces dernières années. En somme, les territoires « gagnants » des mutations récentes, qui ont globalement réussi à s’adapter à la tertiarisation de l’économie.

Il est frappant de constater que cette géographie correspond presque exactement aux départements dans lesquels les positions de François Bayrou se sont le plus renforcées entre 2002 et 2007. Les deux candidats semblent donc avoir été « audibles » par les mêmes types de territoires.

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sgeunr50210207205639photo00.jpgLa mécanique du vote en faveur de Sarkozy est nettement différente. Ainsi, on observe un basculement géographique des principaux bastions de la droite (qui correspondaient en 2002 à la moitié nord du pays, en particulier Bretagne, Normandie et Pays de Loire) vers le pourtour du Bassin Parisien, le littoral méditerranéen et l’est de la France, zones de plus forte progression du vote de droite (hors UDF).

Ces zones correspondent à des territoires concernés par de fortes mutations : les départements ruraux se transformant sous l’effet de la périurbanisation éloignée de l’Ile-de-France, les secteurs en reconversion industrielle du nord-est de la France, le littoral méditerranéen avec son rapide renouvellement de population et son chômage élevé.
La géographie de la progression électorale de la droite recoupe exactement celle du recul du Front National. Le discours de Nicolas Sarkozy a donc massivement séduit l’électorat frontiste.

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Quelles conséquences pour le deuxième tour ?

Peut être que la perméabilité du vote entre l’électorat de Bayrou et celui de Royal est potentiellement assez élevée.
Peut être aussi que Sarkozy aura du mal à revenir vers un centre qu’il a délaissé en partant courir après la droite de sa droite.
Suffisant pour contredire les pronostics de victoire prévisible de Sarkozy ?

Fred

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Résultats du premier tour: commentaires et réactions

Rappel

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 Un taux de participation entre 83,6 et 84,5% pour 44,5 millions d’électeurs.

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Nicolas Sarkozy: 31,11%

Ségolène Royal: 25,83%

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Tous les résultats officiels sont accessibles, déaprtement par département, sur le site du Ministère de l’Intérieur. 

Premiers commentaires

La participation est à un très haut niveau, ce qui minore l’hypothèse d’un déclin du débat démocratique en France et d’un désintérêt pour la chose publique.

Le haut score de Nicolas Sarkozy : il a réussi à fortement fédérer son camp et a siphoné l’électorat de Jean-Marie le Pen. Pour qui vont voter les 11% de français frontistes ?

Le bon résultat de Ségolène Royal qui a réussi sa stratégie du vote utile à gauche, au détriment de tous ses collègues communistes, verts…

Mais déjà hier soir, sur les plateaux de télévision, on a vu des divergences poindre au PS sur la suite à donner à la campagne : continuer à taper sur Sarkozy (Montebourg), s’en tenir au Pacte Présidentiel (Hollande et, dans une moindre mesure, Fabius), s’ouvrir à l’UDF (Kouchner). Bref, pas simple pour la candidate socialiste.

La surprise François Bayrou : probablement déçu de ne pas être au second tour, il a néanmoins réussi sa campagne, plus sur le mode stratégique que sur le mode projet d’ailleurs. Mais déjà deux questions :
 - où vont aller les électeurs de l’UDF ?
- le candidat centriste, qui n’a cessé de remettre en cause le PS et l’UMP, dispose-t-il d’un quelconque influence sur ses électeurs et peut-il décemment leur donner une consigne de vote ?

La débâcle des partis contestataires ou thématiques : à part Olivier Besancenot, tous sont à un étiage très faible, autour de 1-2%.

Mais aussi et surtout, ENFIN, les deux candidats finalistes vont rentrer dans le détail leurs programmes présidentiels respectifs et on attend avec impatience le débat face à face.

François

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Elections présidentielles 2007 : résultats du premier tour

A 20h pétantes,voici les premières estimations.

Candidats qualifiés pour le second tour

 sarkozyNicolas Sarkozy: 29,6 %

segoSégolène Royal: 25,1 %

Autres candidats

lepen Jean-Marie le Pen:  11,5 %

bayrouFrançois Bayrou: 18,7 %

 

voynet Dominique Voynet: 1,7 %

nihousFrédéric Nihous: 1,3 %

besancenotOlivier Besancenot: 4,3 %

buffetMarie-George Buffet: 1,8 %

laguillerArlette Laguiller: 1,6 %

boveJosé Bové: 1,4 %

devilliersPhilippe de Villiers: 2,7 %

schivardiGérard Schivardi: 0,3 %

Attention ! Les résultats ci-dessus sont des premières estimations qui seront corrigées au fur et à mesures du dépouillement des bulletins de vote (soure France 2).

Les seuls résultats officiels  (avec le détail départemental) seront annoncés par le Ministère de l’Intérieur.

Des commentaires à chaud ?

François