3 September 2010

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Résultats du premier tour: commentaires et réactions

Rappel

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 Un taux de participation entre 83,6 et 84,5% pour 44,5 millions d’électeurs.

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Nicolas Sarkozy: 31,11%

Ségolène Royal: 25,83%

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Tous les résultats officiels sont accessibles, déaprtement par département, sur le site du Ministère de l’Intérieur. 

Premiers commentaires

La participation est à un très haut niveau, ce qui minore l’hypothèse d’un déclin du débat démocratique en France et d’un désintérêt pour la chose publique.

Le haut score de Nicolas Sarkozy : il a réussi à fortement fédérer son camp et a siphoné l’électorat de Jean-Marie le Pen. Pour qui vont voter les 11% de français frontistes ?

Le bon résultat de Ségolène Royal qui a réussi sa stratégie du vote utile à gauche, au détriment de tous ses collègues communistes, verts…

Mais déjà hier soir, sur les plateaux de télévision, on a vu des divergences poindre au PS sur la suite à donner à la campagne : continuer à taper sur Sarkozy (Montebourg), s’en tenir au Pacte Présidentiel (Hollande et, dans une moindre mesure, Fabius), s’ouvrir à l’UDF (Kouchner). Bref, pas simple pour la candidate socialiste.

La surprise François Bayrou : probablement déçu de ne pas être au second tour, il a néanmoins réussi sa campagne, plus sur le mode stratégique que sur le mode projet d’ailleurs. Mais déjà deux questions :
 - où vont aller les électeurs de l’UDF ?
- le candidat centriste, qui n’a cessé de remettre en cause le PS et l’UMP, dispose-t-il d’un quelconque influence sur ses électeurs et peut-il décemment leur donner une consigne de vote ?

La débâcle des partis contestataires ou thématiques : à part Olivier Besancenot, tous sont à un étiage très faible, autour de 1-2%.

Mais aussi et surtout, ENFIN, les deux candidats finalistes vont rentrer dans le détail leurs programmes présidentiels respectifs et on attend avec impatience le débat face à face.

François

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Elections présidentielles 2007 : résultats du premier tour

A 20h pétantes,voici les premières estimations.

Candidats qualifiés pour le second tour

 sarkozyNicolas Sarkozy: 29,6 %

segoSégolène Royal: 25,1 %

Autres candidats

lepen Jean-Marie le Pen:  11,5 %

bayrouFrançois Bayrou: 18,7 %

 

voynet Dominique Voynet: 1,7 %

nihousFrédéric Nihous: 1,3 %

besancenotOlivier Besancenot: 4,3 %

buffetMarie-George Buffet: 1,8 %

laguillerArlette Laguiller: 1,6 %

boveJosé Bové: 1,4 %

devilliersPhilippe de Villiers: 2,7 %

schivardiGérard Schivardi: 0,3 %

Attention ! Les résultats ci-dessus sont des premières estimations qui seront corrigées au fur et à mesures du dépouillement des bulletins de vote (soure France 2).

Les seuls résultats officiels  (avec le détail départemental) seront annoncés par le Ministère de l’Intérieur.

Des commentaires à chaud ?

François

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Proportionnelle: détestable polémique

brice-hortefeux.jpg Le 13 avril dernier, Brice Hortefeux, ministre du gouvernement Villepin et surtout ami de 30 ans de Nicolas Sarkozy a jeté un pavé dans la mare à l’occasion d’une interview dans le Figaro: il ne serait pas contre l’introduction d’une dose de proportionnelle aux élections législatives… de 2012.

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Le scrutin proportionnel c’est quoi ?

C’est d’abord un sujet qui cristallise les politiques et l’électorat. Normal, on touche à notre bulletin de vote et à la représentativité de nos chambres, l’Assemblée Nationale essentiellement. Pour des explications sur le mode de scrutin, voir ici.

Le sujet est hyper sensible car tout le monde a à y perdre, ou y gagner.

Les petits partis politiques la désirent ardamment pour, enfin, être représentés. Les gros partis ont des stratégies différentes.

Au Parti Socialiste, convaincus que le mécano de la gauche plurielle avec le Parti Communiste et les Verts peut fonctionner de nouveau, on y est favorable pour un certain nombre de sièges.

A l’UMP en revanche, on est pas trop pour pour deux raisons : la frange gaulliste souhaite, dans l’esprit de la constitution, un parlement qui soutient et vote les lois proposées par l’exécutif. La seconde c’est que la droite, depuis la création de l’UMP, n’a pas d’alliés aussi dociles qu’à gauche : le Front National comme l’UDF sont devenus des partis d’oppostion.

L’hystérie collective vient aussi du fait que, en 1986, François Mitterrand alors Président de la République l’a jetée dans les pattes de la droite et de Jacques Chirac, avec pour conséquence l’arrivé d’une dizaine de députés du Front National au Palais Bourbon. Ca a marqué les esprits…

La proportionnelle dans les programmes

hortefeux-sarkozy.jpg Rien dans le programme de l’UMP, ce sujet n’est pas d’actualité. D’ailleurs, l’UMP a fermement rappelé Hortefeux sur ce sujet en indiquant que sa proposition n’est « qu’une réflexion personnelle. Elle n’engage en aucune façon le candidat Nicolas Sarkozy ».

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segolene_royal_20060406.jpg Le Pacte Présidentiel de Ségolène Royal propose « d’introduire une part de proportionnelle » pour l’élection des députés (proposition n° 70) ; environ 60-80 sièges seraient concernés.

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bayrou1.jpg L’UDF de François Bayrou va beaucoup plus loin, et pense à près de la moitié des sièges de l’Assemblée Nationale.

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voynet.jpg Les Verts de Dominique Voynet souhaitent « élire à la proportionnelle les députés à l’Assemblée Nationale pour que l’ensemble des courants d’opinion sient représentés ».

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Les réactions

segolene-figaro-1.jpg Pour ne citer que les plus marquantes, Ségolène Royal a parlé de « clin d’oeil au Front National » tout en ajoutant qu’elle ne souhaitait pas « instrumentaliser des tactiques politiciennes« .

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bayrou-affiche.jpg François Bayrou a quant à lui évoqué « les dérapages contrôlés et multipliés » de Nicolas Sarkozy pour « se rapprocher du Front national ». Dommage car auparavant, il avait eu la lucidité de dire que « J’ai toujours combattu les idées de l’extrême droite et de l’extrême gauche, mais je préfère combattre des idées, à visage découvert, à l’Assemblée nationale, plutôt que de les voir progresser à bas bruit dans la frustration de la représentation, et la facilité du silence ».

Au-delà des représentants politiques, la petite trainée de poudre dans la blogosphère rassure et montre que, finalement, la politique politcienne n’est pas contagieuse, ou peu sur la toile (désolés on a nous cédé à la tentation…): il y a les choqués, les blasés et les autres.

La bonne et la mauvaise proportionnelle

A entendre tous ceux qui critiquent la proposition de Brice Hortefeux, on croirait presque qu’il existe deux proportionnelles : la bonne qui permettrait à leur parti et à leurs alliés d’avoir des sièges au Parlement, et puis la mauvaise, celle qui permettrait au Front National d’avoir des députés.

jmlp.jpg Incompréhensible raisonnement, intolérable même, à la limite du déni de démocratie. Vison partisane et morale qui ne fait que renforcer les électeurs de Jean-Marie Le Pen dans leurs convictions que décidément, les partis ne sont pas à la hauteur.

En réalité, on assiste à une interprétation politicienne du scrutin proportionnel qui est inadmissible : affichée comme un levier démocratique, les candidats qui y sont favorables tombent les masques et montrent bien qu’il ne s’agit pour eux que de basse cuisine électoraliste; on agite le chiffon rouge du FN !

Dommage oui, car cette question aurait elle aussi pu permettre de recréer un débat intéressant et constructif entre les représentants politiques et les électeurs; énième occasion manquée… Leur réaction déplorable à un sujet aussi important ne fait que confirmer cet amer constat : la cinquième République n’est pas malade de sa constitution, elle est malade de ses représentants.

Un ami me dit souvent qu’il faut supprimer les partis ; quand je vois le niveau zéro de réaction, je me dis qu’il n’a pas totalement tort…

Esprit de la 5eme, où es-tu !

François

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Meeting national de Dominique Voynet : impressions

voynet.jpg Le 5 avril dernier, la candidate des Verts a tenu un meeting national à la maison de la Mutualité, dans le très propre 5eme arrondissement parisien.

voynet-foule.jpgSurprise ! Arrivé à 20 h, contrairement à notre confrère Pierre au meeting de Ségolène Royal à Limoges, eh bien pas besoin de faire la queue, on entre facile, on peut même se permettre de s’en jeter une petite avant le début du meeting (Dominique Voynet est arrivée avec 50′ de retard). On apprendra plus tard qu’un petit millier de personnes s’était déplacé, ce qui ne remplit pas la salle et peut paraître décevant pour un meeting d’envergure nationale, organisé à la capitale, et doublement décevant vu l’importance qu’ont pris les thèmes de l’environnement et de l’écologie dans le débat national.

Le public

verts-militants.jpg Un peu de tout mais pas mal de personnes d’une quarantaine cinquantaine d’années et pas tant de bobos parisiens que ça. Et une certitude ? Ce sont des fidèles de la première heure, ça se voit : beaucoup se connaissent, et vas-y que je te fais la bise, que je te serre la paluche… Bref, une très bonne ambiance et, c’est à noter, aucune animosité apparente envers les autres candidats chez ces militants. En même temps, quand on vote vert, on est proche du pacifisme non ?

Les stars ? Quelles stars ?

elton-john.jpg Aucune guest star présente dans la salle, elles s’étaient déjà montrées chez Nicolas Hulot. Mais en revanche, tout l’aréopage (somme toute restreint) du parti était là, à l’exception de Noël Mamère, ce qu’on comprend aujourd’hui. Dans l’ordre, ladies first : Cécile Duflot, la secrétaire générale des Verts, Yves Cochet (le dandy vert, ex ministre), Denis Baupin (le monsieur circulation Parisien qui devrait d’ailleurs tester quelques-unes de ses pistes cyclables peu recommandables…), Alain Lipietz (ex candidat à la présidentielle mais qui n’a pas transformé l’essai, aujourd’hui député européen), le célébrissime Yann Wehrling, ex secrétaire général du parti et l’adjoint à la propreté de Paris Yves Contassot (l’homme aux deux syllabes de trop).

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Les intervenants

Là, il faut dire que les intervenants ont été bons, mention spéciale à Baupin (« l’écologie c’est possible, on l’a fait à Paris »), Lipietz (« le monde est globalisé, il est fou, il faut dépasser les frontières et agir ») et Cochet (« l’écologie politique est un mouvement qui a une histoire et un avenir »). C’était sympa à écouter, de bons discours de campagne, prononcés sans notes, intéressants et divertissants.

sondage.jpg  Quant à Dominique Voynet, elle a beaucoup cogné sur Nicolas Sarkozy, ce qui est normal, a vivement alerté Ségolène Royal (« halte au chantage auprès des électeurs écologistes») et son discours a été celui d’une parti en agonie dans les sondages (« n’ayez pas peur de voter Ecologie ») qui essaye d’exister, et qui a même fait allusion à une future réorientation/réorganisation du parti après les élections (désastreuses ?). A 1% d’intentions de votes, on peut comprendre le ton du discours.

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Le contenu

marianne_slogan_400.jpg  Mieux vaut lire le programme de Voynet et des Verts ici. Avec les Verts, on se dit qu’ils ont raison, que c’est bien ce qu’ils font mais en même temps, ça parait un peu décalé avec la réalité. A croire qu’ils n’arrivent pas à pousser leur avantage pour une mise en œuvre concrète et réaliste. Et puis cette ritournelle du « on vous l’avais bien dit » sur le réchauffement climatique ça va une fois mais à la longue, pff…
Alors on a du mal à les imaginer aux responsabilités, ils sont sympas mais un peu légers. Va pour un ministère mais pas beaucoup plus.

Aussi, mais ça n’engage que l’auteur, à toujours rappeler leur positionnement bien à gauche, ils se coupent d’un potentiel d’électeurs du centre et de droite sensibles à l’écologie. Construire un discours d’ouverture les obligerait à tempérer certaines de leurs ardeurs et donnerait certainement à leur politique un caractère opérationnel bien plus crédible.

Alors voilà, on ressort avec l’impression que c’est un parti globalement sympathique, où il fait bon vivre mais à qui, tout de même, on ne confierait pas nécessairement son bulletin de vote, et encore moins les clés de la maison France.

François