18 March 2010

1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (3 votes, average: 5,00 out of 5)
Loading ... Loading ...
59 views

Xavier Bertrand, c’est du lard ou du cochon ?

Goret [nm] : 1. Petit cochon 2. Fig. et populairement. Petit garçon malpropre. (Littré)

THE GORET TOUCH

.

.

N°1. Attitude : je suis outré

Xavier Bertrand à Nicolas Totet :

« Vous ne trouvez pas que votre question est totalement déplacée et scandaleuse monsieur ? »

« Choqué, c’est très en dessous de ce que je ressens, là ».

N°2. Situation : je me suis fait botter le cul

Sur France 2, dimanche soir :

Mélenchon « je suis content, il s’est pris une raclée, lui »

X. Bertrand : « ce n’est  pas une défaite, regardez l’abstention. »

Xavier Bertrand sur France Inter (mercredi matin) :

« Hier soir, dans toute la France, nous avons rassemblé plus de 10.000 personnes » alors que « les dirigeants du PS, des Verts étaient réunis dans des hôtels, dans des petites salles pour essayer de trouver un accord, un accord au forceps visiblement. »

.

N°3. Perspectives : Xavier Bertrand bouc émissaire ?

Xavier Bertrand, « encadré » par Hortefeux à l’UMP, à l’issue des régionales ?

Question de Jean Jacques Bourdin (RMC, mercredi matin) : « Allez vous être le bouc émissaire ? »

Xavier Bertrand : « Vous savez, je ne pense pas avoir le physique d’un bouc émissaire ».

Après tout, c’est vrai, Xavier Bertrand a la Goret touch. What else ?

1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (4 votes, average: 4,75 out of 5)
Loading ... Loading ...
252 views

Surimi forever

En ces temps d’agriculture durable, de nutrition raisonnée et de régimes en tout sens, il est un aliment qui a véritablement été massacré par le nutritionnellement correct. Cet aliment, c’est évidemment le surimi.

Considéré comme le symbole de l’alimentation postmoderne prédigérée et reconstituée, il est perçu par beaucoup comme une ignoble compilation de déchets de poissons. Désormais, il est mal vu de consommer du surimi, qui serait une nourriture moins respectable que la tomate dégueulasse d’Espagne, ou que la chair blême du porc breton maltraité en batterie. Le consommateur de surimi est observé, parfois dévisagé, souvent jugé.

A notre époque, où le bon sens remplace le raisonnement, il paraît bien naturel de ricaner devant ces bâtonnets de crabe enfilés dans leur gaine en plastique transparent. Obsédé par le « visuellement correct » et le qu’en dira-t-on, le bobo trouve plus cool de consommer « terroir » et de s’afficher en terrasse avec une bouteille de rouge. Evidemment.

Deux doigts coupe-faim

Et pourtant, quoi de meilleur qu’une salade composée d’avocat, de pamplemousse et de bâtonnets de surimi ? La spontanéité des crudités et la fraîcheur de l’océan réunies par la subtilité gourmande de la mayonnaise.

Qui, honnêtement, peut résister au choc gustatif du bâtonnet trempé dans le pot de mayonnaise, et dévoré à l’apéro ? Ou alors en pleine nuit ? Mordre à pleines dents dans l’océan sans bouger de chez soi, quoi de plus moderne et de plus environnementalement responsable ?

Des chiffres ? Oui, sans problème, le surimi n’a rien à cacher.
Prenez par exemple la boîte de 12 bâtonnets. Qu’y trouve-t-on ? Que du bon : 39% (oui, 39%) de chair de poisson, de l’eau, de l’amidon de blé, du blanc d’œuf en poudre. Quelques exhausteurs de goût (rien de bien méchant), un peu de paprika pour la couleur. Rien de plus sain, donc.

Faisons un peu de prospective

Dans 10 ans, le surimi ne subira plus l’infamie actuelle, parce qu’il sera parfaitement en phase avec les aspirations essentielles des consommateurs. Epris de liberté, mais aussi de territorialité, à la recherche de l’aliment qui nourrit mais aussi qui guérit, le consommateur de demain fera sans aucun doute du surimi le best seller des années 2020.

Dans 20 ans (à partir de 2030, donc), le consommateur n’aura plus le choix. Les stocks de poisson des océans étant totalement épuisés, il faudra boucler la boucle et mieux valoriser nos déchets. La poubelle ne sera plus la destination finale pour nos restes alimentaires, mais l’une des étapes entre le repas d’hier et celui de demain. A n’en pas douter, le surimi sera alors l’aliment roi. Enfin, serions-nous tentés de dire.

1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (10 votes, average: 5,00 out of 5)
Loading ... Loading ...
334 views

Faire pipi sous la douche, un acte écologique ?

pipi-douche L’idée de ce petit billet m’est venue après avoir bien rigolé sur une planche de l’actu en patates dans laquelle le pipi dans la douche était mentionné comme acte écologique.

Cet acte d’apparence anodin, pourrait avoir, avec la mobilisation de tous, un effet de levier gigantesque en faveur de la préservation d’une ressource essentielle et inestimable, l’eau.

.

Le pipi national sous la douche, c’est quoi concrètement ?

C’est avant tout un effort collectif. Et ce pipi là, précisons-le, peut être fait par tous, sans distinction de sexe, de race, de couleur, de tendance politique, de richesse ou encore de religion… Et même d’âge, d’ailleurs les brésiliens l’ont bien compris en sensibilisant les enfants à cet acte citoyen au travers d’une petite vidéo ludique.

Concrètement, il s’agit de faire pipi dans la douche plutôt que d’aller aux toilettes et ainsi de s’éviter de tirer la chasse d’eau au moins une fois par jour… A priori, on parle du pipi du matin, au lever, celui qui peut harmonieusement se combiner avec la douche qui suit. Pour vous faire saliver sur le potentiel de la mesure :

-       nous sommes environ 65 millions en France et disons que 50 prennent une douche le matin,

-       une chasse d’eau c’est environ 10 litres d’eau

-       il y a 365 jours par an.

Dès lors, 50 000 000 x 10 x 365 =182,5 milliards de litres d’eau économisés par an pour un pays comme la France ! Comme dit le proverbe, ce sont les petits ruisseaux qui font les grosses rivières.

chantal-jouanno Mais bizarrement, au Ministère du développement durable (on les appellera comme ça parce que ça change tout le temps de nom à la Grande Arche), on communique rarement sur ce type de mesures populaires et universelles alors même que la gestion de l’eau est systématiquement réaffirmée comme une priorité ;y aurait-il une difficulté que nous n’aurions vue ?

.

Le pipi sous la douche, c’est en effet pas si facile…

Malheureusement oui, ce n’est pas si facile. De ce fait qui a sugéré une idée, tentons une expérience en prenant un personnage fictif, que nous appellerons Michel F, trentenaire au profil classique du français moyen, et voyons ce que cela donne.

Michel F. se lève ce mardi matin, allume mécaniquement sa radio sur RMC en se grattant les couilles, et donc, au lieu d’aller pisser aux toilettes, il se retient pour économiser ses 10 litres d’eau. Pas facile de se retenir de ce pipi matinal car sa vessie est pleine. Oui, Michel suit les conseil du lobby des eaux minérales et boit consciencieusement son litre et demi par jour. Mais Michel prend malgré tout sur lui et pour la planète, et accepte donc de se pourrir le réveil.

A ce stade, la France se sépare en deux :

  • la première France va se faire un café bien serré. Cette France, nous le savons tous, ne pourra rester dans l’expérience, obligée qu’elle sera dans quelques minutes d’aller au petit coin pour la grosse commission.
  • c’est la seconde France, citoyenne et écologique, et dont nous doutons que (ce sale petit égoïste de) Michel F fasse partie, qui va donc souffrir en silence pendant la tartine de pain grillé et le chocolat, avant de se dépêcher de se soulager sous la douche pour économiser ses 10 litres d’eau quotidiens. Mais se pose alors la question centrale : combien de temps sauront-ils tenir… ?

.

Conclusion

Tout ceci montre bien que l’écologie c’est avant tout une question de comportement. En changeant des petites choses de notre quotidien, on peut véritablement agir.

Mais elle montre aussi et surtout que les sempiternels « c’est pas moi c’est les autres » et « c’était mieux avant...  » ont encore un bel avenir devant eux !

François

1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (7 votes, average: 5,00 out of 5)
Loading ... Loading ...
399 views

La fin de la société du gaspillage ?

Grenelle de l’Environnement, sommet de Copenhague, taxe carbone… sommes nous en train de sortir de la société de surconsommation et du gaspillage ?

systeme-ouvertAvant d’entrer dans ce débat complexe, un petit éclairage technique pour nos amis lecteurs (et aimables sponsors de nos congés, grâce aux revenus publicitaires qu’ils génèrent par leur fréquentation de ce site).

Le modèle des 30 Glorieuses est celui de la surconsommation et du gaspillage. On prélève des ressources naturelles, on les transforme, on les consomme, on rejette les déchets (voir figure 1 ci dessus).

systeme-fermeQuel serait un modèle plus durable ? Un système de production et de consommation intégré, dans lequel les déchets ne sont plus rejetés, mais traités, valorisés et réutilisés. En somme, on branche le tuyau d’évacuation en entrée du système (figure 2 ci contre). On peut aussi appeler ça écologie industrielle, ou encore économie circulaire. Ces nouveaux modes de production sont déjà testés ici ou là, comme par exemple en Chine.

Va-t-on bientôt, en France, passer du premier au deuxième système ? Pas si simple… une anecdote pour illustrer le débat.

Sylvie et Marc viennent de faire leurs courses chez MOINCHER, la nouvelle surfacesylvie-et-marc1 commerciale discount de Auchan, à Mulhouse. Ce nouveau concept de vente illustre bien les contradictions de notre époque :

  • La grande surface où l’on vend une énorme quantité de produits à bas prix… une stratégie comme une autre pour, en temps de crise, relancer la machine à consommer.
  • En même temps, la suppression de nombreux emballages et le retour des produits en vrac constitue une évolution intéressante… comme si l’on revenait à une forme de vente directe.

Ceci n’est certainement pas révolutionnaire, mais annonce peut être quelques changements dans l’organisation de la distribution, à savoir : va-t-on enfin raccourcir cette longue chaîne parasitaire qui sépare le producteur du consommateur ? Consommation, conditionnement, publicité, commercialisation : autant d’étapes qui créent artificiellement une activité polluante et strictement inutile… à moins de considérer cette activité comme une fin en soi.