3 September 2010

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BHL, la philosophie de comptoir

bernard-henri-levyBernard-Henri Lévy était dimanche l’invité de l’émission de Nicolas Demorand, C Politique, sur France 5. Une émission généralement intéressante, avec un interviewer qui sait mettre ses invités à l’aise et leur laisse le temps de s’exprimer. Des conditions idéales pour un philosophe, dont la complexité de la pensée ne saurait être traduite en quelques phrases chocs.

BHL présente bien : élégance décontractée (chemise blanche, pas de veste), chevelure argentée, à l’aise avec la caméra. BHL maîtrise bien la langue française, énonce des phrases bien construites et cite, en 45 minutes de conversation, un certain nombre de philosophes connus. Sur la forme, c’est donc parfait.

Sur le fond, par contre, on se sent comme le convive affamé attendant le plat suivant (qui n’arrivera jamais, hélas) : on reste sur sa faim. L’épaisseur de la pensée BHLienne est inversement proportionnelle à la blancheur de sa chemise.
BHL est invité à s’exprimer sur différents sujets d’actualité, et il est clair qu’il a un avis sur tout, mais vraiment pas grand-chose à dire :

  • Le paysage médiatique actuel n’a ni mémoire ni avenir, le débat politique est donc caractérisé par la dictature des petites phrases
  • Le débat sur l’identité nationale est une infamie, tant mieux qu’il soit enterré, et maintenant il faut d’urgence changer le nom du ministère de l’identité nationale
  • Le socialisme est mort en 1989, la galaxie communiste a explosé, il n’en reste désormais que des débris (le PS en est un)
  • Le PS étant mort, il faut créer un nouveau parti de centre gauche pour espérer battre Sarkozy en 2012
  • La gauche doit se réinventer (en acceptant le capitalisme)
  • Sarkozy a été bon sur la gestion de la crise financière
  • Etc.

Le tout est très joliment dit, mais on n’entend pas une idée qui n’ait déjà été 100 fois écrite ou prononcée ces dernières années. Qu’apporte donc le regard du philosophe ? En quoi propose-t-il une vision distanciée sur cette époque complexe ? Quel sens donne-t-il aux transformations actuelles de notre monde ? A quoi cela sert-il d’avoir lu les textes des philosophes les plus connus (et même de ceux qui n’existent pas, cf. Botul) pour n’avoir que des platitudes à débiter sur l’actualité et la fin du socialisme ?

bhlLe lecteur d’American Vertigo ne sera probablement pas très surpris par ce constat. Ce livre, agréable à lire, proposait une balade divertissante dans des endroits historiques, pittoresques, révélateurs de l’Amérique d’aujourd’hui… mais où était donc la distance et la profondeur du philosophe ?

Là où notre philosophe se rapproche le plus du comptoir et de ses discussions houblonnées, c’est quand Nicolas Demorand l’interroge sur l’écologie. Moue de l’intéressée. L’écologie n’est certainement pas l’avenir du socialisme, et les annonciateurs de catastrophes à venir sont d’excessifs pessimistes. En une phrase, BHL livre son verdict (remarquable, sur un sujet aussi complexe) : c’est par la technologie que l’on résoudra les dérives environnementales de nos sociétés.

Que BHL ne soit pas un expert des questions d’écologie ni des mécanismes expliquant les déséquilibres dont souffre notre planète, soit. Mais que le philosophe vote aussi aveuglément pour le progrès scientifique, sans même s’interroger sur les notions de progrès, de consommation et de surconsommation, d’abondance et de rareté, de rapport entre court et long termes, de rapport de l’Homme avec son écosystème, etc. eh bien, voilà qui est fort peu… philosophique.

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Eric Besson / Marine Le Pen : débat explosif sur France 2

a-vous-de-jugerJeudi 14 janvier, l’émission « A vous de juger » mettait aux prises le ministre de l’immigration et de l’identité nationale, Eric Besson, avec la tête d’affiche du Front National, Marine Le Pen.

Le duel faisait saliver d’avance, puisqu’il mettait aux prises le « traître » Eric Besson, ex-socialiste qui met en œuvre sans complexe une politique de l’immigration assez droitière, et Marine Le Pen, évidemment très à l’aise sur l’un des thèmes favoris du parti d’extrême droite.

Première partie de l’émission, Besson est interrogé sur son parcours, ses convictions, le débat sur l’identité nationale (dont nous avions d’ailleurs sur ce site, à plusieurs reprises, dénoncé l’absurdité). Deux choses frappent à l’écoute de Besson : son discours est parfaitement cohérent, argumenté, équilibré ; Arlette Chabot n’arrive pas à trouver de faille ou de contradiction. Mais voilà : Eric Besson n’exprime aucune sympathie, il parle sans la moindre émotion. Il évoque l’immigration comme un deric-bessonossier dont il maîtrise les moindres rouages techniques, il manie à merveille les chiffres (« nous n’expulsons pas plus d’étrangers que d’autres pays européens ») ; mais oublie qu’il parle aussi d’êtres humains.

Deuxième séquence de l’émission : le débat avec Marine Le Pen. A son arrivée sur le plateau, on apprend que Vincent Peillon, sensé débattre avec Besson en fin d’émission, vient de déclarer forfait. « J’espère que du coup je ne vais pas avoir de double portion de Mme Le Pen » déclare galamment Besson. Grimace de Marine Le Pen.

Le débat s’engage, et pour une fois, Besson n’est pas dans le costume du traître, mais dans celui du républicain qui répond à l’extrême droite. Et autant dire qu’il s’en tire bien : en plus de maîtriser son dossier, il a de la répartie (parfois sévère), et Marine Le Pen n’arrive pas vraiment à convaincre.

marine-le-penElle a beau alterner les grands sourires, les tirades agressives et les formules chocs, son argumentation paraît bien rudimentaire et démagogique. Sur un sujet aussi polémique, son discours est assez facilement balayé par Besson, qui n’est pas non plus mauvais quand il s’agit de répondre au tac au tac et d’attaquer Marine Le Pen (sur son absentéisme au Parlement européen, notamment).

A la fin du débat, on se dit que ce débat sur l’identité nationale est franchement un faux débat, qui n’apporte pas grand-chose. On se dit aussi que Besson est un type assez brillant, mais qu’il lui manque ce charisme qui aurait pu faire de lui un nouveau Sarkozy.

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Socialistes : les tendances automne 2008

Où en est-on question look du côté des socialistes ? Qui pourrait remporter le trophée de l’image sans le son ? Etat des lieux et conseils relooking pour nos prétendants.

SEGOLENE

On aime : le teint et le maquillage radieux, les petits tailleurs toujours à la mode
On aime moins : le look total white qui donne un côté sainte-nitouche associé à des sempiternelles jupes et une chevelure dèjà vu
Notre conseil : oser le tailleur pantalon genre YSL et les cheveux courts pour rafraîchir le visage et élancer la silhouette

PIERRE

On aime : la silhouette élancée qui permet de tout porter
On aime moins : la coupe de cheveux à la Louis de Funès
Notre conseil : le crâne totalement rasé, signal fort d’affirmation

MARTINE

On aime : son look plutôt banal qui la rend proche du peuple
On aime moins : à trop ressembler au peuple, on ne ressemble plus à grand chose
Notre conseil : oser les bijoux voyants qui attirent l’oeil et distinguent

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BERTRAND

On aime
: la silhouette affinée, la mèche sur le côté qui donne un air très bon chic bon genre.
On aime moins : le côté sec du costume, un peu trop austère
Notre conseil : oser la chemise blanche à moitié ouverte genre BHL avec le costume : ça fait plus détendu

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Caroline

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Ségolène Royal à la télévision dimanche: un truc qui cloche

Eh ben ça me rassure car croyez-moi, dimanche soir, lors des résultats des municipales, j’avais l’impression d’un peu perdre la boule. Je m’explique.

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royaljardin.jpg Un peu après 20h, le taux de participation ayant été confirmé et les premiers résultats tombant, je vois sur TF1 Ségolène Royal en dupleix donner ses premières réactions. Et là, je trouve qu’il y a quelque chose de bizarre, sans savoir vraiment quoi. Elle donne ses impressions et là soudain, en fermant mes volets, je pige ! Il fait encore sacrément jour, et sacrément beau en Poitou-Charentes alors que dans mon Paris 20eme, il fait déjà nuit.

Ségolène Royal serait-elle si télégénique qu’un halo de lumière se dégagerait autour d’elle ? j’en doute. Bref, je reste perplexe mais laisse l’affaire de côté car les résultats continuent d’affluer et les leader politiques commencent, comme de tradition, à jouer leur petite musique: « si, si vous avez pris une grosse raclée, non, non, vous avez mal compris, les français veulent plus de réforme et plus vite… »

royalfrance2.jpg Surtout qu’un peu plus tard, sur une autre chaine, je la revoir et là, le décor a changé. Alors je me dis que, peut-être, il faisait encore jour à La Rochelle et que dans le laps de temps d’une dizaine de minutes, celui-ci est tombé et que Ségolène est alors fort logiquement rentrée pour poursuivre ses interventions télévisées.

Le temps a passé, j’ai zappé. Mais ne voilà-t-il pas que ce matin, je tombe sur ce blog de Libération qui revient sur cette histoire qui, quand même, n’était pas tout à fait nette. Les journalistes se sont renseignés, voici donc toute l’explication, c’est très instructifs sur les moeurs politiques et télévisuels !

Merci à eux !

François