3 September 2010

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Les statistiques à l’épreuve de la société civile

Depuis 2005, le Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE) publie des « Repères statistiques sur les dimensions économique, sociale et environnementale de la société française », véritable compilation de chiffres officiels donnant le pouls du « patient France » et de sa place dans le monde.

Les chiffres 2009 parus, le Comptoir des politiciens a pensé intéressant de se rendre dans un café non loin de ses bureaux pour recueillir les réactions de représentants de la société civile. Michel Fromage et Roger Centurin, amis de 20 ans, ont accepté de commenter ensemble trois chiffres significatifs de l’année 2009.

Premier chiffre : le PIB de la Chine, exprimé en « Parité Pouvoir d’Achat » (taux de conversion monétaire permettant une comparaison objective entre les pays) est inférieur de moitié à celui de l’Union Européenne et des USA. Surprenant non ?

Michel Fromage : « Non, ça, j’m’en doutais, y’a qu’à voir comment y vivent et passent leur temps à jouer au flipper et au Rapido en fumant des clopes, comment voulez-vous qu’y bossent après ? ».Au moins y’a une justice, et puis on va peut être arrêter avec ce mythe du chinois bosseur, pas vrai Michel ? (rires dans la salle car le patron, Michel N’Guyen est… chinois !) ».

Roger Centurin : « c’est sûr que ça surprend avec toute ce qu’on nous bassine à la télé sur la Chine. Moi je veux surtout dire que c’est pas des vrais communistes les chinois, y pensent qu’au fric et à nous refourguer des merdes de contrefaçons. On pourra en reparler mais y font honte au communisme, c’est pas des vrais camarades. Et ici, à la section du quartier, y’en a pas un de chinois qui a la carte, trou de balle ! Et puis vous avez vu leurs campagnes, ça peut pas aller, ça va mal finir là-bas, y’a encore des coins y vivent comme au Moyen Age. Ca sent pas bon là-bas, ça va finir en guerre civile et dans pas longtemps, croyez-moi ! »

Deuxième chiffre : l’Union Européenne est la première puissance économique mondiale, devant les USA et la Chine. Flatteur non ?

Michel Fromage : « et encore, on se traine les pays de l’Est  ! Si on les avait pas, les ricains et les chinetoques y seraient dans les choux ! Et nous, on vivrait comme des princes alors que là, faut qu’on se serre quand même un peu la ceinture… Et en plus, on voulait nous refiler la Turquie ! Non mais..J’vais vous dire Monsieur, la Turquie c’est chouette mais c’est surtout bon pour nos footballeurs ratés genre Pascal Nouma,  le ptit Anelka, « skycoke »Govou… Pour l’Europe, c’est une autre affaire !

Roger Centurin : « Moi ce que je vois surtout c’est que les ricains on les nique. Y font peut-être quelques trucs bien  mais le vrai savoir faire il est ici, dans la vieille Europe comme y nous avaient traités pendant la guerre d’Irak. Tenez regardez, vous pensez que le verre blanc que j’ai dans la main, y pourraient en faire un aussi bon ? Bah non, le muscadet du 44, y’en a qu’un au monde quoiqu’ils fassent et ça, c’est du PIB en barre. Eh, eh, eh, du produit brut qui récure l’intérieur ! (éclats de rires de nos voisins au comptoir). »

Troisième chiffre : en termes d’émissions de CO2 en 2006, la France est à 0,6 tonnes/habitat, contre 10 pour l’Allemagne et… 19 pour les USA. Des remarques ?

Roger Centurin : « j’ai toujours dit qu’y fallait les garder à l’œil les allemands, y sont trop nets pour avoir le cul propre. Y disent partout qu’y faut pas de nucléaire et en même temps, y inondent le monde de grosses bagnoles, vous trouvez ça logique vous ? Alors y ont peut être plus de nucléaire mais y polluent et pas qu’un peu, et la moitié ça vient chez nous avec les nuages et le vent. Le chiffre y montre aussi que les américains au moins, ils assument : j’ai une grosse bagnole, je pollue… et je vous emmerde. Au moins c’est clair, faut respecter ça. Et pour les allemands, ben voilà, ils se la jouent écolos mais y polluent plus que nous. Et je vous signale que je suis venu ici à pied moi. Matin, midi et soir, je viens et je rentre chez moi à pied Monsieur, je pollue pas. »

Michel Fromage : « Les allemands, y ont beau nous dire qu’y sont organisés, responsables, disciplinés et tout leur baratin, au final y crachent plus de CO2 que nous. C’est grâce au nucléaire qu’on pollue pas nous, grâce au Général. Paix à son âme au grand, il nous a sorti du pétrin y’a cinquante ans contre vous savez qui (Michel fait alors un clin d’œil appuyé à Roger son « ami du parti ») et y nous aide encore aujourd’hui vous vous rendez compte ! Et les américains y polluent pas mal les sagouins, on devrait leur offrir un stage ici, qu’y voient comment on fait pour pas polluer : petite ballade matinale le matin, journal et un ptit blanc derrière la cravate chez Michel, boulot, à midi, plat du jour chez Michel, re-boulot et solide apéro le soir avec les copains avant de se rentrer chez maman. Avec un programme comme ça vous savez, c’est la belle vie et pas besoin de voiture pas vrai ? On pollue pas et on vit heureux ! »

Merci messieurs pour vos réactions…

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Prospective politique ou comment rétablir l’ordre républicain

Devant le pénible visage que montre la politique française, il a rarement été aussi urgent de repenser l’offre politique et les rouages institutionnels de notre République.

La proposition phare que je souhaite faire, accoudé au comptoir, est le remplacement des hommes politiques par des robots politiques. Ces êtres de métal et de semi-conducteurs seraient programmés pour prendre les meilleures décisions pour le bien de la communauté.

Comment cela marcherait ?

Chaque citoyen disposerait d’un droit au chapitre pour faire évoluer les paramètres de ces monstres gentils. Concrètement, vous tapez l’adresse du robot-ministre en question et votez pour l’orientation politique de votre choix. Il ferait la balance en temps réel entre intérêt à court terme, vision à long terme, utiliserait des algorithmes merveilleux pour calculer les impacts sur les autres champs d’activité ou sur les pays connexes.

Baisser le train de vie de l’Etat ? Avec ces robots, pas de problème de notes de frais, de logement de fonction pas de femme à caser chez un gestionnaire de fortune, et encore moins des histoires d’ego ou de réélection. Ces bêtes de travail ne demandent rien.

Deux problèmes restent à régler. D’abord les robots ne doivent pas se doter de conscience sinon ils risqueraient de migrer vers leurs cousins les humains. Ensuite, il faudra éviter que des rigolos ne viennent dérégler la belle mécanique. Pas envie de déclarer la guerre à l’Allemagne à cause d’un hacker mal inspiré…

Antoine

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Effet rebond : les limites du tout technologique

Ne pouvant plus compter sur des ressources illimitées, le cochon ne peut plus se goinfrer comme avant. Dommage. Deux alternatives s’offrent à lui : moins manger (difficile, mauvaise idée), ou alors redoubler d’ingéniosité technologique pour repousser les limites naturelles de son garde manger.

Et c’est d’ailleurs la solution qu’il privilégie sans hésiter. Il veut toujours autant se déplacer, toujours aussi vite, manger et jeter, consommer des biens toujours plus vite périmés, habiter sa maison de petit cochon avec son petit jardin.

Pour rendre cela possible, il utilise les technologies numériques pour rouler plus efficace, les technologies vertes pour consommer moins de chauffage, les technologies les plus poussées de motorisation pour utiliser moins d’essence dans sa voiture. Et ça marche ! Pour l’instant, la fée technologie est la meilleure alliée du cochon, sa porcherie peut rester le garde-manger qu’elle a toujours été.

Voilà notre cochon devenu un parfait porcus technologicus, l’ordinateur portable et l’i-phone n’ont aucun secret pour lui.

Le problème, c’est que notre petit cochon se croit beaucoup plus intelligent qu’il ne l’est réellement, et qu’il ne se rend pas compte que l’effet rebond est en train de lui préparer des lendemains qui déchantent.

Eh oui, cet effet rebond qui fait qu’avec son moteur de voiture plus propre et plus efficace, il consomme moins certes, mais roule beaucoup plus longtemps et plus loin. Qu’avec ses ampoules à économie d’énergie, il laisse tout le temps la lumière allumée. Qu’avec son chauffage plus performant il oublie de fermer les fenêtres. Qu’avec ses réseaux sociaux, il se déplace encore plus en voiture ou en avion pour aller visiter ses amis dans les porcheries voisines.

Quelle insouciance… quand il aura absolument tout bouffé sur terre, notre cochon n’aura plus d’autre choix que de se transformer en jambon pour nourrir ses voisins.

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24 heures dans la peau d’Anelka

Le comptoir s’est glissé dans la peau du joueur le plus controversé du XXIème siècle, Nicolas Anelka. Incompris par ses pairs, adulé par les fans du PSG, détesté par 95% des français, cet homme reste une énigme. Un de mes confrères le dépeint comme « un joueur de très haut niveau, qui ne sue jamais, et qui n’exprime aucune émotion ».

S’il accepte les efforts exigés par le schéma tactique de Domenech, la star de Trappes pourrait devenir le « Juste Fontaine 2010 ». Sinon, c’est la cage aux fauves qui l’attend. Avec ketchup-mayo.

Voici notre documentaire exclusif au sein du cerveau de Anelka, le jour du match Tunisie-France, le 30 mai dernier:

9h00 : Me lève la tête dans le cul. Ma femme, Barbara ronfle comme un bucheron. Vivement l’Af’Sud, je partagerai la piaule avec Franckie.

09h30 : Sors de la piaule. Je croise Franckie dans le couloir. Sa femme n’est pas venue en Tunisie, mais elle l’appelle toutes les 30 minutes pour savoir s’il dort bien seul.

09h35 : Arrive dans la salle du petit déj de l’hôtel. Vide. Normale, j’arrive avec 45 minutes de retard. Je prends un bol de Benco, 4 pains au chocolat, que je tartine de Nutella.

10h00: Raymond débarque en colère, prétextant un décrassage en cours. Fier de moi, je lui dit que j’en reviens tout juste. « Levé à 6 heures pétantes, chef ! J’suis allé courir sur la plage avant de faire du yoga avec ma femme ». Il pipe tout, quel con ce Ray !

10h25 : Viens de finir l’Equipe.

11h00 : Rejoins le groupe pour la mise en place tactique en 4-3-3. Je comprends rien. On est bien 11 sur le terrain ? On joue à 10 ce soir ? C’est moi  qui joue pas ?

11h03 : Pose une question au staff de l’Equipe : « et voilà, M’sieur : moi j’suis un 9 et demi à ce qu’il parait. J’lai vu dans l’Equipe. Je joue où alors ? »

11h04 : Gros blanc.

11h05 : Raymond me répond de jouer en pointe, de ne pas décrocher, de rester devant, d’attendre la balle et de tirer au but.

11h06 : Boghossian me donne un post-it : « la pointe, Nico. La pointe ».

12h00 : déjeuner. Encore des pates. Ras-le-bol.

12h20 : Quitte la salle du restaurant, prétextant une migraine. Je retrouve Barbrara avec 3 hamburgers qu’elle vient de récupérer en cuisine. Excellents !

13h00 : Mon frère m’appelle. Me dit de pas tenir compte de Raymond. C’est un boucher. Il comprend rien au foot. Je déchire le post-it de Boghossian.

16h00 : Raymond avait demandé de se reposer : c’est raté. Une partie de 2h de playstation contre Franckie m’a mis les nerfs à vif.

17h30 : départ pour le stade. Par mégarde, je prends le sac de linge sale de ma femme. Je m’en aperçois qu’au stade. Raymond est furax et menace de me mettre sur la touche. Rien à battre.

18h00 : Mon Ipod à fond, je snobe les ramasseurs de balle qui veulent une photo. Rien à foutre.

19h00 : Mange une tranche de pizza avec une Kro. Et puis une 2ème pour me donner du courage.

20h00 : Appel de Zahia. Elle est en Tunisie et souhaite savoir si Franckie est par là. Lui dit de rappeler vers 3 heures du mat’.

21h00 : Début du match. Je décroche, je dézone, je tire de loin, je vais où le ballon est. Gourcuff me prend le chou en me beuglant dessus : « en pointe bordel, retourne devant ! »

21h45 : Retourne content de moi au vestiaire. Raymond me coince dans le couloir. « Anelka, je te sors à la 60ème. Tu suis pas les consignes, bordel ».

23h00 : Finis ma pizza en douce, avec 2 litres de coca. Govou me verse une demi-bouteille de Label 5 dans le Coke. Sacré Sydney ! Une légère odeur de sky-coke remplit le bus. Raymond a l’air furax.

00h30 : Retour à l’hôtel. Je descends avec Franckie par l’escalier de service de l’hôtel. Direction le bar de la plage : Ce soir, je vais flamber sur la piste ! Je tire ou je pointe ?

07h30 : Rentre en courant me coucher. Je croise Raymond dans le hall, qui me félicite pour mon état d’esprit… Rauymondo n’y a vu que du feu !