18 March 2010

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Xavier Bertrand, c’est du lard ou du cochon ?

Goret [nm] : 1. Petit cochon 2. Fig. et populairement. Petit garçon malpropre. (Littré)

THE GORET TOUCH

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N°1. Attitude : je suis outré

Xavier Bertrand à Nicolas Totet :

« Vous ne trouvez pas que votre question est totalement déplacée et scandaleuse monsieur ? »

« Choqué, c’est très en dessous de ce que je ressens, là ».

N°2. Situation : je me suis fait botter le cul

Sur France 2, dimanche soir :

Mélenchon « je suis content, il s’est pris une raclée, lui »

X. Bertrand : « ce n’est  pas une défaite, regardez l’abstention. »

Xavier Bertrand sur France Inter (mercredi matin) :

« Hier soir, dans toute la France, nous avons rassemblé plus de 10.000 personnes » alors que « les dirigeants du PS, des Verts étaient réunis dans des hôtels, dans des petites salles pour essayer de trouver un accord, un accord au forceps visiblement. »

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N°3. Perspectives : Xavier Bertrand bouc émissaire ?

Xavier Bertrand, « encadré » par Hortefeux à l’UMP, à l’issue des régionales ?

Question de Jean Jacques Bourdin (RMC, mercredi matin) : « Allez vous être le bouc émissaire ? »

Xavier Bertrand : « Vous savez, je ne pense pas avoir le physique d’un bouc émissaire ».

Après tout, c’est vrai, Xavier Bertrand a la Goret touch. What else ?

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Au coeur de la plus grande ferme de France

Le vendredi 05 mars dernier, le comptoir des politiciens s’est baladé dans les allées du Salon International de l’Agriculture. Profitant  de cette soirée nocturne, nous avons interviewé des français, au hasard, pour prendre le pouls de cette société française. Est-elle fière de ses racines paysannes ? A l’aube de la conversion écologique de l’économie française,  voici un bref aperçu de cette société française, qui doute, en manque de repère, à la recherche de son identité.

Nous commençons notre exploration aux culs des vaches. Les bobos parisiens s’y sont donnés rendez-vous en masse ; l’Iphone vissé à l’oreille, à la recherche de Nature « Ho, t’as vu cette vache, et va faire caca !« . Les enfants boivent les paroles du lobby du lait « Consommer 3 produits laitiers par jour« , les parents se gavent de produits locaux, en discutant circuits-courts avec des paysans, aux nez rouges, droits dans leurs bottes.

Au stand des Antilles, nous croisons une consultante en développement durable, un autocollant Europe Écologie collé sur son Iphone.
Êtes-vous une habituée du salon ?
C’est la 7ème  fois que je viens au Salon. Les paysans corses me reconnaissent, ce sont mes amis. Je leur refourgue des Velibs volés contre de la charcuterie corse.
Pourquoi êtes-vous sur ce stand ?
Les DOM-TOM, c’est chaud. Le Rhum arrangé avec ces petits samoussas, un voyage direct vers la Réunion pour 6 euros.
Rêvez vous de vivre aux Antilles ?
Non ! Je n’aime les iles qu’au salon. Les iles, ça m’emmerde, il fait chaud, c’est plein de moustiques. Et puis c’est oppressant : y’a trop de monde  et les gens sont paranos.

Choqués par ces propos, une passante s’approche:  « Venez dans le Nord, quittez ces îles et venez déguster un peu de Maroilles… » Elle me tire par le bras. Je résiste et lui demande: “restez avec nous au soleil !” Le débat glisse sur la politique : « les îles doivent rester indépendantes » me beugle dans les oreilles un auvergnat éméché.

Devant ce même stand, nous apercevons 3 jeunes demoiselles.  La bouche en cœur, attaquant à pleines dents leurs sandwichs au foie gras,  un verre de Cahors à la main. Bizarre ! Attirés par cette situation pas banale, nous interviewons ces 3 pharmaciennes.
Pourquoi manger « Sud-Ouest«  sur le site de la Réunion ?
Nous sommes venues au salon pour goûter au terroir. Pour faire honneur à nos racines paysannes. Pour nous, les produits de terroir se mangent avec du pain. Cahors, c’est le symbole de la campagne française.  Les DOM-TOM ce n’est pas la France, ce n’est pas la métropole.

Savez-vous d’où vient le foie gras que vous manger ?
Non, et peu importe. Le foie gras, c’est forcément bon. Qu’il vienne de République tchèque ou du Gers. Y’a pas qu’en France que l’on fait de la bonne bouffe. Pour moi, ce n’est pas un critère de manger local ou français. Le foie doit être gras. Et puis c’est tout.

Nous mettons le cap vers le stand de Gaillac. Une femme enceinte déambule, au bras de son mari.
Pas trop dur d’être ici et ne pas pouvoir déguster les vins de nos terroirs ?
C’est difficile pour moi de venir au salon. Je ne peux pas boire. C’est la femme qui fait tous les efforts, ce n’est pas normal. L’Homme boit deux fois plus lorsque sa femme est enceinte.

« C’est une question d’équilibre » répond son mari, l’œil vitreux, le sourire aux lèvres, le rire gras.
La femme : « L’Homme n’assume pas son statut. C’est tout« .
« Mais je suis là pour décompresser » s’époumone son mari.

En conclusion, « Terroir, Identité et Ecologie » prennent tous leurs sens.3 mots, 3 enjeux cernés au sein de la plus grande ferme de France.

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Photos du Salon de l’agriculture 2010

Un aperçu du Salon de l’agriculture 2010, par le Comptoir des politiciens.

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Résultats des élections régionales : débat et analyse de comptoir

Hier soir, les résultats sont tombés : à l’échelle nationale, ils sont nets et sans bavure. L’UMP s’est pris une claque, le PS maintient une distance honorable avec Europe Ecologie et conforte son positionnement dominant à gauche, le Parti de Gauche fait de même avec le NPA d’Olivier Besancenot, le FN se refait une santé et le soufflé Modem retombe brutalement.

Mais on sent comme un gêne, une impression d’incertitude latente, comme si tout ce qu’on a vu et entendu hier n’était que pour occuper le terrain médiatique et ce sentiment n’est pas simplement du au fait qu’on est qu’au premier tour d’une élection.

D’abord ce dramatique taux d’abstention dont on peut légitimement avoir honte quand on sait que dans certains pays, on risque sa vie pour avoir le droit de vote et la pluralité politique. Je revois cet homme à la télévision, interrogé par une journaliste, nous dire tout simplement que les régionales « ça ne m’intéresse pas ». Ce taux d’abstention doit absolument imposer un vrai débat, non pas sur le droit de vote, l’identité nationale, mais bel et bien l’institution d’une obligation de voter et sur le rôle et le poids qui pourrait être corrélativement donné au vote blanc (désignation d’un pourcentage de personnes au hasard dans les instances politiques correspondant au poids de ce vote blanc ?)

Mécaniquement, cette abstention empêche toute analyse fiable. J’ai entendu par exemple hier soir : plébiscite des présidences de région, vote de rejet contre Nicolas Sarkozy… Peut-on les valider quand moins d’une personne sur deux a voté ? Le mélange des enjeux politiques de ces élections – le national ayant pris le pas sur le local – , a d’ailleurs été pénalisant pour les électeurs qui ont eu toutes les peines du monde à avoir une visibilité sur le rôle des régions, les programmes des partis, les enjeux économiques , sociaux et donc fiscaux… C’est bien dommage car ce sont eux qui sont perdants dans l’affaire.

Et puis les résultats. La seule certitude pour le deuxième tour ce sont les triangulaires mortelles pour l’UMP liées au maintien dans 12 régions du Front National. Ce sera à l’honneur de ces têtes de listes de ne pas négocier avec les leaders frontistes ; mais ils ont aussi une responsabilité politique et un devoir démocratique de répondre aux questions que ce vote soulève : chômage, insécurité, identité nationale… Ne pas y répondre ne fera qu’accentuer la frustration de cet électorat souvent populaire et/ou âgé, et donc alimenter le vote pour le Parti de Jean-Marie le Pen.

On regardera aussi avec attention les négociations entre Parti socialiste et Europe Ecologie car  cela pourra avoir localement des conséquences importantes en termes de transports, d’implantation de sites industriels, de choix énergétiques…

Un dernier regret : la Région n’a pas su s’imposer dans le paysage électoral. Les présidents sont souvent – et sans remettre en cause leurs compétences – des second couteaux qui peinent à mobiliser les électeurs alors même que les enjeux locaux sont colossaux…

Un seul souhait donc pour dimanche prochain, qu’il y ait une bien meilleure participation, qu’on puisse y voir plus clair et que les élus, quels qu’ils soient, soient légitimés pour leur futur mandat.

François