Chevènement se couche

h_9_ill_844430_royal_chevenement.jpg Personne n’a jamais vraiment cru au sérieux de la candidature de Jean-Pierre Chevènement à la présidentielle 2007 et on peut remercier le président du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) de nous confirmer dans nos soupçons : effectivement, sa candidature n’était qu’une posture politicienne. En effet à l’occasion de son congrès national, une résolution du Conseil National du MRC (quand même surpris) valide le soutien de Chevènement à Ségolène Royal, candidate officielle du Parti Socialiste.

Que reste-t-il du MRC

mrc31.jpg Le MRC a perdu ce 10 décembre la petite crédibilité dont il pouvait encore se targuer auprès du grand public. Ce parti confidentiel, qui ne reposait que sur la « surface médiatique » de son président, pouvait au moins s’appuyer sur deux atouts/qualités aujourd’hui rares en politique : les convictions fortes sur certains sujets précis et la capacité de son candidat à ternir ses promesses. Rappellons d’ailleurs une phrase du candidat Chevènement qui prend aujourd’hui tout son relief: “« sur des points essentiels - notamment l’europe - le projet du MRC diverge de celui du PS ».
Patatras, rien de tout cela. L’idée politique qui a écrasé toutes les autres c’est le réalisme : car maintenir la candidature c’était subir les foudres du grand frère socialiste, et mettre en péril même l’existence du MRC tant d’un point de vue financier (les 5% étaient objectivement inatteignables) que politique (combien de candidats aux législatives suvantes ?). Or on le sait bien, l’hommes politique fait avant tout un métier

Opération de comm’ ?

Le ralliement -tristement risible - du Conseil National du MRC au travers d’une résolution d’un vide sidéral fait en effet suite à des négociations avec le Parti Socialiste. On en arrive même à se demander si, dans ce cas précis, la candidature de Chevènement n’est pas une vulgaire opération de communication commune PS-MRC pour donner un élan postérieur d’unité à gauche, après l’intronisation de Ségolène Royal.

krusty.jpg Quoiqu’il en soit, vu le peu de considération qu’à Jean-Pierre Chevènement pour les électeurs, et les siens en particulier, on peut finalement se féliciter de ce retrait qui lui donne un nouveau rôle dans le barnum politique : le clown.

Et la gauche dans tout cela

Elle s’unifie nous dit on. Peut-être… Il reste que ce ralliement du MRC, qui fait suite à celui du PRG de Christiane Taubira donne une impression de malaise : soit tout était pipé dès le départ entre les deux partis soit les négociations entre les partisans de Ségolène Royal et Jean-Pierre Chevènement n’a consisté en fait qu’à un vulgaire troc d’investitures (que les intéressés du MRC démentaient vivement il y a moins de 3 semaines !) plus ou moins gagnables pour les législatives.

Pour pousser le bouchon un peu plus loin, on en arrive à penser que le MRC, finalement, est redevenu un courant du PS, avec simplement un affichage différent.

Quoiqu’il en soit, personne ne sort grandit de cette médiocre manœuvre politicienne et beaucoup d’électeurs ou ex-électeurs vont voir leur conviction confirmée que, décidément, la « classe politique » c’est magouille et compagnie. Sur ce coup là, ils n’auront pas vraiment tort.

che-verre.jpg Alors, concluons sur deux mots:

- “au revoir” M. Chevènement et finalement, merci de ne pas vous présenter à cette élection présidentielle.Vous nous économisez quelques heures de lecture de votre supposé programme et quelques gouttes de sueur de rédaction vraiment inutiles,

- “bienvenue” à la nouvelle gauche plurielle, si chère à Jean-Christophe Cambadélis, qui, doucement, est en train de se reconstituer. Ne manque plus que le Parti Communiste de Marie-George Buffet.

François

chevenement.jpg Après avoir fait un panorama alarmiste des conséquences néfastes de l’Europe - réduite à un ventre mou économique - sur la France, Jean-Pierre Chevènement en fait appel à l’histoire et aux peuples « qui n’ont pas dit leur dernier mot » pour présenter sa vision du monde et ses propositions pour que la France fasse son histoire.

 

Un monde dangereux

Le monde de Chevènement (notez les mots : armée, empire, piège…) est très simple. Il y a d’abord les méchants : la Chine et l’Inde qui  sont des pays émergents dotés d’une « armée industrielle de réserve » et l’Empire Américain déclinant et endetté mais qui fait main basse sur l’épargne mondiale et les matières premières pour se sauver. Au milieu de ces deux pieuvres, la France (les bons) et l’Europe (la tiède) coincées dans un « piège ».

patrie.jpg jhowardmillerwecandoit.jpg On a parfois l’impression gênante, désagréable même, de revoir ces affiches de propagande, simplificatrices et parfois effrayantes. Mais bon…

 

 

Chevènement le sauveur ?

Jean-Pierre Chevènement (sans le masque ni la cape) propose alors son « plan cohérent pour faire rebondir la France », via l’Europe qui est la première de ses trois priorités. Et l’affaire est vite expédiée en fait :
- deux mémorandum (1), l’un sur un gouvernement économique européen et l’autre sur tout ce qui touche à l’économique et au social : services publics, dumping social, concurrence, normes sociales… La liste semble non exhaustive !
- une « Europe de projets » sur la recherche, la défense et l’espace,
- une politique de co-développement vers la Méditerranée
- l’Europe de la paix via des partenariats avec la Russie et le Moyen-Orient.

Franchement rien de bien novateur là-dedans et cela ressemble fortement, à l’exception de la question sur la constitution, aux propositions du parti socialiste. Surprenant de la part d’un candidat qui disait encore hier que sur « des points essentiels - notamment l’europe - le projet du MRC diverge de celui du PS ».
Au-delà de la flatterie des électeurs sur le peuple Français maître de son destin on constate que, comme tous les autres candidats, le candidat du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) propose sensiblement les mêmes choses et passe par les mêmes chemins institutionnels que ses camarades.
Avec lui, on a juste un petit peu plus peur des autres et moins confiance en l’Europe…

François

(1) Mémorandum : Note écrite, adressée par un agent diplomatique au gouvernement auprès duquel il est accrédité, pour exposer le point de vue de son gouvernement sur une question qui fait l’objet de négociations.

De quelle manière les différents candidats à l’élection présidentielle de 2007 ont-ils intégré l’Europe à leur programme présidentiel ?

Les nostalgiques de l’Etat-nation
etat-nation.jpgC’est clair, ils n’aiment pas l’Europe. Ils ont tous appelé à voter « non » au referendum, et pas au nom d’une Europe plus sociale, mais parce qu’ils regrettent le XIXème siècle et ses Etat-nations puissants.

Chevènement : opposé à toute forme de « gouvernance européenne », il est au contraire partisan d’une coopération de nations libres et solidaires.
Pour Le Pen, c’est avant tout la Nation contre l’euro-mondialisme. Son programme sur l’Europe : sortir la France de l’Europe, rétablir les frontières, supprimer la notion de citoyenneté européenne.
De Villiers : construire l’Europe des patries sans la Turquie, établir une Charte fondatrice pour une nouvelle Europe.

L’Europe des eurosceptiques convertis à l’Europe utile
airbusa380.jpgIls ont pour points communs leur peu d’enthousiasme pour l’Europe. Leur vision de l’Europe est une projection de leur programme présidentiel… l’Europe est pour eux une « Grande France » qui ne vaut que parce qu’elle est utile.

Sarkozy veut une Europe politique qui fonctionne… afin d’être efficace sur l’immigration, la justice, la compétition économique. Le bras armé de la France.
Fabius : un peu la même logique, même si les idées sont différentes : “le plan B de l’Europe, c’est le projet socialiste”
Pour Royal, la promotion de l’Europe se fait « par la preuve ». L’Europe doit être concrète pour se rapprocher des citoyens.
Buffet : le PCF n’a jamais été pro-européen, mais Buffet martèle avec vigueur qu’il faut une Europe sociale, démocratique, solidaire, féministe, écologique et pacifique. L’Europe vue comme un moyen de promouvoir le programme du PCF à plus grande échelle.

Les Euro-convaincus.. pas encore Euro-convaincants
drapeau.jpgLeur engagement européen est connu depuis longtemps… mais franchement on est pour l’instant déçu par la faiblesse des ambitions affichées. Alors, mal de crâne post-référendaire ou angoisse des frontières ?

Strauss-Kahn veut une Europe plus politique, mais une Europe élargie à 40 membres… ce qui signifie une Europe politique à plusieurs vitesses ? On reste un peu dans le flou.
Bayrou : on connaît ses convictions européennes. Il les affiche dans l’avant projet de l’UDF (un nouveau traité institutionnel, intégration des compétences sur a défense et l’immigration au niveau européen…), mais ça manque de souffle et d’ambition… et quid des limites de l’Europe ?
Voynet : elle décline les mesures que doit porter l’Europe, avec un changement d’orientation : une Europe plus sociale et plus durable. Mais pas un mot sur l’Europe politique ni sur les frontières européennes… on reste dans le « il faudrait que »… oui, mais comment ?

Bref… on reste un peu sur notre faim. Affaire à suivre…

Fred

chevenement1.jpg  Invité du journal télévisé de TF1 hier, Jean-Pierre Chevènement, président du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC), a indiqué qu’il serait candidat à l’élection présidentielle 2007.
Les raisons de son engagement sont claires : « Notre pays va mal […] j’ai l’impression que la France fout le camp ».

 

Le ton est donné : la France décline et les élites politiques (dont il fait partie depuis 30 ans, voir sa bio) ne font rien.

Pour illustrer son propos, le désormais candidat du MRC évoque, pêle mêle, « les employés qu’on licencie et la sous-traitance dans l’automobile » : pour faire ce diagnostic il s’est sûrement inspiré de l’article paru dans Libération  il y a quelques jours…

Chevènement se positionne clairement en dehors du camp socialiste dont le projet commun est « ambigu, insuffisant, voire dangereux ».

Sur l’Europe, thème cher à Jean-Pierre Chevènement, il souhaite « redresser la construction européenne ».Notons la sémantique : pas de relance, de projet ou de processus. Le terme redresser sous-entend plus de rigueur et laisse à penser qu’on va la remettre dans le bon chemin. Mais lequel ? 

referendum.jpg Le Président du MRC déplore que depuis les résultats du référendum du 29 mai, rien ne se soit passé, que « tout le monde a oublié » et poursuit « le plan B existe ». C’est, à ma connaissance, le premier candidat noniste à l’évoquer !

 

Jean-Pierre Chevènement évoque du bout des lèvres un Gouvernement économique à Bruxelles et nous donne rendez-vous le 13 novembre Place de la République pour la présentation de ses 3 chantiers et 20 propositions.

François