3 September 2010

1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (6 votes, average: 5,00 out of 5)
Loading ... Loading ...
172 views

Les voyous sont au sommet de l’Etat

François vient de l’évoquer dans son article, l’actualité politique est marquée par le tour de passe-passe du gouvernement, qui utilise l’affaire des Roms pour faire oublier celle de Woerth. Je me permettrai d’aller plus loin que François dans la dénonciation de ce qui se passe actuellement au sommet de l’Etat.

Comparer, comme certains le font, l’action actuelle du gouvernement à celle de Vichy ou à la déportation des juifs me paraît assez peu pertinent : à l’époque, l’action engagée contre telle ou telle population correspondait clairement à une idéologie, notamment caractérisée par l’inégalité entre les peuples et entre les races. De la même manière, s’inquiéter de la dérive raciste du gouvernement (qui rejoindrait les thèses du Front National) ne me semble pas tout à fait correspondre à la réalité.

Il me semble plutôt que ce gouvernement est marqué par une l’absence de vision cohérente de la société et du monde, et l’absence d’idées et de principes à défendre. Au contraire, le pragmatisme de son action est poussé à l’extrême, l’unique objectif étant de se maintenir coûte que coûte au pouvoir.

Les épisodes de ces derniers mois sont la triste confirmation de cette attitude.

L’affaire Woerth qui met en lumière la proximité du pouvoir et de l’argent, les petits arrangements entre puissants… et dans laquelle les principes de transparence, de séparation des pouvoirs, d’équité sont ouvertement bafoués. Et, au sommet de l’Etat, l’on traite par le mépris ceux qui s’en indignent. Pire, on les assimile à des fascistes.

Les violences à Grenoble sont l’occasion d’une reprise en main sécuritaire de la part de Sarkozy : nouveau préfet nommé, annonces fracassantes sur la déchéance de nationalité pour les étrangers délinquants… dans un contexte où les effectifs de policiers baissent depuis des années, où l’on remet discrètement en place une police de proximité supprimée quelques années plus tôt et, surtout, où l’on continue à volontairement laisser à l’abandon des quartiers « sensibles » qui cumulent les fragilités et les exclusions. Ne cherchez pas le fil conducteur ou la cohérence, il n’y en a pas.

Et puis l’affaire des Roms. Juste un chiffre pour démontrer le cynisme absolu de ce gouvernement : il y a environ 15 000 Roms en France, un chiffre stable ces dernières années. Pourtant, le gouvernement en expulse chaque année entre 8 000 et 9 000. Les Roms expulsés reviennent donc aussi simplement qu’ils sont partis (libre circulation depuis que la Roumanie fait partie de l’UE). L’avantage de cette situation est double pour le gouvernement : ces expulsions coûtent peu cher, et représentent 30% des étrangers chaque année expulsés de France. Tout simplement de la « chair à statistiques », comme le dit Malik Salemkour (Ligue des Droits de l’Homme). Une politique totalement inefficace donc, sauf du point de vue médiatique.

Evidemment, à chaque nouvel épisode, on entend les aboyeurs habituels : Lefebvre, Estrosi, Bertrand, Chatel, Besson, Morano… Ces chiens de garde sans cervelle ni idée, dont la seule fonction est d’occuper le terrain médiatique, en racontant tout et n’importe quoi, l’indignation affichée tenant lieu d’arguments.

Gouverner avec cynisme, soit. Mais aller aussi loin dans la négation de ce qui fonde les valeurs de notre société, dans le mépris des institutions et des gens, et, finalement, dans la décrédibilisation de l’action politique, voilà qui est grave. En période de crise profonde comme celle que nous traversons, le minimum que l’on puisse attendre d’un gouvernement, plus que des résultats immédiats, c’est qu’il cherche à rassembler plutôt qu’à diviser, qu’il tente de donner des repères à une société qui se fragilise, et du sens à l’action qu’il entreprend. Pas de se comporter comme une bande de voyous dont le pouvoir et l’argent sont les seuls horizons.

1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (4 votes, average: 4,50 out of 5)
Loading ... Loading ...
461 views

Priorité à l’information

Le JT de 22h30 de BFM TV, mardi 28 juillet. Un reportage sur un village du Maine-et-Loire, subitement infesté de mouches Face à l’invasion, le maire a décidé de se doter de 60 tapettes à mouches pour « déclarer la guerre à l’envahisseur ».

Le reportage montre successivement des images de mouches mortes, d’autres en train de voler. Les morceaux de papiers tue-mouches que le maire a installés (mais « c’est peu esthétique »). Puis le cœur du reportage : quelques unes des 60 tapettes achetées par le maire, ce dernier apparaissant à l’écran en train de les distribuer à ses administrés pour démultiplier l’effort de guerre. Ensuite un zoom sur ceux qui ne savent pas manier la tapette (image d’une carrosserie de voiture infestée de mouches, tandis qu’une main maladroite frappe avec une tapette à côté des mouches). Pour finir l’enquête, un travelling sur un sol constellé de cadavres de mouches.

C’est l’été, il est donc de tradition à la télévision de distraire le télé-vacancier avec quelques anecdotes. Mais il faut quand même ici souligner les limites criantes de ce reportage minable :

  • Rien n’est dit sur la ou les raisons de cette subite invasion (saisonnière ? liée à la présence de zones humides ou à la proximité de quelque activité industrielle ? conséquence ponctuelle d’un déséquilibre de l’écosystème local ?)
  • Aucune information sur l’étendue géographique dudit phénomène, ni le nombre approximatif de mouches concernées (10 000 ? 1 million ? 1 milliard ?)
  • Aucun élément sur les éventuels dégâts occasionnés, à part la gêne ressentie par la population
  • Enfin, aucun élément pour juger de l’efficacité possible du dispositif mis en place : 60 tapettes pour éradiquer 150 mouches ? 250 000 ? ou 300 millions ?

Pour récapituler, un reportage mal ficelé sur un sujet insignifiant, ne donnant aucune clé pour en tirer le moindre enseignement.

Vous êtes bien sur BFM TV, chers téléspectateurs, et merci de votre fidélité !

1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (4 votes, average: 5,00 out of 5)
Loading ... Loading ...
508 views

Il y a des choses qu’on ne peut pas acheter. Pour le reste…

Vous avez certainement remarqué un fait très agaçant : on voit proliférer à la télé et au cinéma des publicités de grands groupes qui trouvent très intelligent de parler de tout sauf du produit vendu.

Vendeurs de forfaits internet ou de téléphone portable, banques / assurances / mutuelles, chaussures de sport… de plus en plus, les pubs diffusées sont volontairement décalées, voire n’ont strictement aucun rapport avec le produit vendu. Ce n’est souvent qu’à la toute fin du spot qu’on découvre, surpris / amusé / agacé (c’est selon), qu’il s’agit en fait d’une pub pour SFR, Nike ou Bouygues.

Le point commun de ces spots, c’est qu’ils mettent en scène de belles valeurs : solidarité, amour, entraide, dépassement de soi, convivialité, et j’en passe. Orange met en scène les efforts d’une accidentée qui tente de remarcher, Mastercard expose l’histoire du père qui arrive à aller voir son fils jouer sur scène au théâtre, Bouygues vante l’incroyable réservoir d’amis qu’on va se faire grâce à son forfait de téléphone portable, TF1 joue la connivence avec le téléspectateur en mettant en scène ses petites manies devant la télé, Bouygues nous fait larmoyer devant la belle aventure humaine de ces figurants qui vont dessiner, avec leurs corps, les lettres de l’entreprise.

Bref, on diffuse de l’émotion et des bons sentiments que l’on va tenter d’accoler, dans le subconscient du consommateur, au nom ou au logo de telle ou telle marque. La manipulation est peu subtile, mais elle contribue à sa manière à insidieusement vider de leur sens, dans l’esprit des gens, des valeurs déjà mises à mal par plusieurs décennies de libéralisme accéléré. Et que dire de l’impact, sur les plus jeunes, de ces pubs ? Ces pubs qui, justement, ciblent souvent les enfants ou les ados, à propos lesquels on déplore déjà largement les effets de la marchandisation généralisée et de l’argent roi.

Puisque dénoncer c’est bien, mais proposer c’est mieux, je suggère donc la mesure suivante.

On crée une taxe sur les publicités qui s’approprient indûment des valeurs collectives (solidarité, convivialité…) et, avec le produit obtenu, on met en place une formation (obligatoire et gratuite pour tous) à l’apprentissage de ces valeurs. Par la même occasion, on apprend aux gens à réfléchir avant de consommer, et à ne pas se laisser aspirer le contenu du cerveau par les publicitaires avides. Bien sûr, il ne s’agirait pas d’un petit stage sympa (du genre celui pour récupérer ses points de permis). Non : une formation intensive de 3 semaines, 8 heures de cours par jour. Histoire de bien faire rentrer tout ça dans le crâne de ces consommateurs écervelés.

Franchement, ne serait-ce pas une idée aussi simple que bienvenue à saisir par nos futurs candidats à la présidentielle de 2012 ?

1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (9 votes, average: 5,00 out of 5)
Loading ... Loading ...
528 views

Quelle société voulons nous demain ?

C’est la crise, certains en profitent pour serrer la vis ==> voir ici

D’autres s’interrogent sur le sens de la société. Quel est ma place dans la société ? Dans quelle société ai-je envie de vivre ? Ces interrogations sont aussi profondes que fondamentales, maintenant que la Coupe du Monde est passée, et que le seul événement en ligne de mire est la présidentielle de 2012… il est temps de dépoussiérer ses idées, d’aiguiser ses arguments et de se mettre en situation de débattre !

Pour vous aider à réfléchir, voici 4 modèles de sociétés idéales ; la vôtre devant normalement se situer quelque part entre l’une d’entre elles :

1- Fric, frime et fast food

Le fondement idéologique : c’est la crise, tout fout le camp, les politiciens s’en mettent plein les poches. Et moi alors ?
Les attributs de la réussite : les poches pleines de fric, la voiture de sport, le double cheese quand j’ai un creux
Les têtes d’affiche : Nicolas Anelka, Nicolas Sarkozy, Christian Clavier

2- Fauchon, foulard de soie et petit personnel domestique

Le fondement idéologique : il faut une élite pour tirer ce pays vers le haut, ramassons les leviers du pouvoir et distribuons quelques piécettes au petit personnel domestique. Le modèle féodal revisité.
Les attributs de la réussite : le domaine familial, les cheveux mi-longs, la chemise polo
Les têtes d’affiche : Liliane Bettencourt, Stéphane Bern, Jean Sarkozy

3- Vélo pliable, I-Phone recyclable et pousses de soja

Le fondement idéologique : la croissance verte fait souffler un vent positif dans mon ascension sociale, le bobo+ s’empare des leviers du pouvoir
Les attributs de la réussite : le vélo pliable à 1 000€, les baskets équitables et recyclables, les légumes bio d’Amérique du Sud
Les têtes d’affiche : Nicolas Hulot, Yann Arthus Bertrand

.

4- Décroissance, légumes de saison et caca au fond du jardin

Le fondement idéologique : réussir c’est affirmer et épanouir son être individuel et collectif ; la possession de biens n’est que ruine de l’âme (et de la planète)
Les attributs de la réussite : les choux fleurs du jardin, les vêtements en fibre naturelle, le vieux vélo avec sa carriole
Les têtes d’affiche : José Bové, Jean-Guy Walemme