3 September 2010

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Paris-Roubaix: reportage dans l’Enfer du Nord…

Le Comptoir a dépêché pour vous fidèles lecteurs ses deux meilleurs spécialistes de cyclisme, Martin Van den Bakke et Franz de Witt,  pour vous relater l’édition 2010 de Paris-Roubaix. Ambiance…

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En direct de Paris-Roubaix

Un dimanche, le 11 avril à Vertain près de Solesmes dans le Nord. Le paysage est brut et sans concession. La terre est plate, un vent d’est vous transperce les os. Ici, belges et français ne forment qu’un peuple réuni autour d’une même passion, Paris-Roubaix, l’enfer du Nord.

En attendant les coureurs, les pronostics vont bon train et certains décapsulent une bière du Nord afin de maintenir leur neutralité thermique. Pour les reporters du Comptoir, c’est une Vivat de printemps qui fera office de réconfort.

Franz de Witt : T’sais Martin, j’vois bien une surprise. Boonen et Cancellara vont  se neutraliser et Juan Antonio Flecha va en profiter pour gagner.

Martin Van den Bakke : Cancellara a l’air tellement en forme et il a fait une telle démonstration au Tour des Flandres que j’le vois l’emporter.

Les premiers véhicules officiels déboulent sur les pavés, signifiant ainsi que les coureurs sont à l’approche. Une voiture France-Bleue surmontée d’un haut-parleur nous informe qu’une quinzaine de coureurs échappés devance le peloton de 4 minutes à l’approche de ce troisième secteur pavé. Les baroudeurs de la première heure passent enfin devant nous, l’écume aux lèvres et la morve au nez, indépendamment de  leur pays de naissance.

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Martin Van den Bakke : Vin’diousse, tous les coureurs en bavent sur Paris-Roubaix, d’où qu’i viennent .

Franz de Witt : Godfordum, ils ont déjà l’air à bloc !

Nul doute cependant que ces échappés allaient à terme se faire reprendre par le peloton des favoris que nous voyons enfin arriver après une attente silencieuse. Au loin, un impressionnant nuage de poussière qui s’élève dans les airs sous les puissants coups de pédale nous annonce l’arrivée de la meute de poursuivants et fait naître dans la foule un brouhaha grandissant. Les maillots aux couleurs ternies nous frôlent à une telle vitesse que nous ne parvenons pas à distinguer le visage des coureurs, lesquels ne font plus qu’un, telle une horde furieuse. Tout s’est déroulé en un souffle brutal.

Hagards, nous demeurons sans réaction et constatons que cette même terre qui recouvre nos cheveux et nos visages s’est également répandue dans nos verres de bière. Vient ensuite l’interminable cortège des véhicules suiveurs que clôt la légendaire voiture-balai.

Bien que les conditions climatiques fussent favorables car sans pluie, Paris-Roubaix demeure dans toutes les circonstances une course d’élite pour des athlètes hors-normes. Et le peuple du Nord, venu en nombre, ne s’y est pas trompé.

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Avec une chance de médaille

vancouver A défaut de s’être fait accréditer par le Comptoir des Politiciens, c’est depuis son canapé parisien et par le prisme de la télévision d’Etat que votre honoré rédacteur vous délivre sa chronique olympique. Emotions chauvines et accusations de francophobie sont au menu. Guère digeste.

nathalie-simon-france-televisionLe snowboard cross est un vrai régal pour qui aime le sport. Cette discipline présente le double avantage d’être très télégénique et de se dérouler selon des règles simples et non soumises à un jugement. Paul-Henri De le Rue y avait décroché la médaille de bronze à Turin et trois autres compétiteurs français sont au départ avec une sérieuse « chance de médaille ». France Télé est au taquet sur l’affaire et impose à son auditoire un duplex depuis la salle des fêtes du village pyrénéen dont est originaire le champion national. Nathalie Simon, ancienne gloire d’on ne sait trop quoi, genre d’organisme vivant ressemblant de loin à un représentant femelle de l’espèce humaine à qui on aurait foutu dans le nez trois cuillères à soupe de cocaïne et dans chaque bras une infiltration condensée d’amphétamines, oui, Nathalie Simon se meut parmi la foule avec la grâce d’un camion. Son micro rencontre la bouche d’une fille à l’œil banal dont les propos banals sont légitimés par les relations intimes qu’elle prétend entretenir avec le rider local. Partager la couche d’une « chance de médaille » n’est quand même pas donné à tout le monde et ce fait de gloire offre à la demoiselle le rôle de vecteur d’émotions.

Paul-Henri s’élance enfin en compagnie de trois autres concurrents. « Allez ! Il est bien là Polo ! », nous affirment les commentaires ; mais hélas beaucoup moins après le troisième virage et une gamelle éliminatoire. Une fenêtre sur l’écran impose au téléspectateur les larmes de mademoiselle Lambda en gros plan et tandis que la course se poursuit, la chaîne choisit de faire l’actu sur cet instant aux accents tragiques selon Jacques Pradel au détriment de la compétition. Le snowboard cross est un vrai régal pour qui aime le sport mais il est préférable pour l’apprécier qu’aucun français ne soit au départ.

ski-de-fond Direction désormais les pistes boisées de l’épreuve masculine du 20 km du biathlon. Les entraîneurs nationaux ont choisi de faire partir nos « chances de médailles » parmi les derniers concurrents afin de leur faire bénéficier d’une neige rendue plus glissante par l’ombre gagnant peu à peu le site de compétition. Le pari se transforme en fiasco. Tandis que les favoris se sont entredéchirés la bave aux lèvres et en ont fini avec des temps canons, les concurrents français se débattent dans l’anonymat avec les seconds couteaux. Le commentateur n’abdique pas. Il nous accable de chimères concernant nos « chances préservées de médaille », puis s’emporte soudain. Constatant que le réalisateur canadien omet de passer à l’écran nos valeureux représentants, il affirme que son employeur serait en droit d’intenter une action en justice contre le diffuseur. Il s’agirait d’une action pour francophobie manifeste et ils feraient moins les malins les bouffeurs de poutine devant ce juge intègre qui les condamnerait derechef à l’écartèlement pour négligence d’exposition d’athlètes classés 14ème, 15ème et 60ème

Enfin ! On en aura d’autres des « chances de médaille ». Car au fond pour cela, il suffit de posséder un passeport français et de prendre le départ d’une épreuve olympique. Sauf sans doute Nathalie Simon, laquelle serait sans doute épinglée lors du contrôle anti-dopage.

Matthieu

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Le milieu de terrain défenseur à la française

« L’Equipe de France est très bonne quand elle possède le ballon mais devient désemparée dès qu’il faut le récupérer ». Ces propos de Jean-Michel Larqué (déjà lui) datent d’une autre époque, celle où Tigana, Giresse ou Platini illuminaient l’entrejeu de l’équipe nationale. Le titre mondial de 1998 acquis aux forceps d’une formation à trois milieux défensifs est depuis passé par là et notre sélectionneur peut aujourd’hui se triturer les méninges pour composer son immuable ligne de deux milieux axiaux positionnés très bas sur le terrain.

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toulalan-1 La formation française produit en effet depuis quelques années un grand nombre de joueurs au profil similaire dont la résistance physique, la ténacité et le placement comptent parmi les points forts. Plus étonnant est de constater que ces mêmes joueurs ne sont nullement dépaysés quand ils sont replacés au gré des blessures et des méformes au poste de défenseur central. L’inépuisable poète Jérémie Toulalan occupe ainsi solidement ce rôle depuis quelques semaines à l’Olympique Lyonnais et son jeune coéquipier Gonalons, milieu de formation n’a pas tremblé quand il fut placé à ses côtés pour affronter les redoutables attaquants de Liverpool dans leur antre d’Anfield en Coupe des Champions. A l’instar de Stéphane M’Bia à l’OM, de nombreux joueurs de notre championnat paraissent à même d’évoluer à ces deux postes sans que leur niveau s’en trouve altéré. Si encore il s’agissait d’apporter une touche technique à la ligne défensive, d’améliorer la relance depuis les bases arrières et de renouer avec ce profil hélas perdu du libéro. Mais ce n’est pas le cas et ces touche-à-tout se comportent clairement comme de véritables stoppeurs, durs sur l’homme au contact et balançant de grands coups de botte en touche à la moindre alerte. Imaginez maintenant Toulalan reconverti en attaquant. Euh… Non, n’imaginez rien finalement.

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Tandis que l’Equipe nationale d’Espagne et le FC Barcelone triomphent avec des meneurs de jeu partout sur le terrain, nos milieux sont donc d’abord des défenseurs et l’hexagone ne compte guère aujourd’hui que deux milieux offensifs de niveau international (Ribéry et Gourcuff), au point que, lorsqu’ils sont blessés, Raymond change son dispositif et les remplace par des avant-centres reconvertis en milieux latéraux.

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jerome-leroy Au-delà du fait qu’il semble difficile de gagner des grandes compétitions de cette manière, on doit surtout s’attrister pour la qualité du spectacle et bramer mélancoliquement sous la lune en pensant à la carrière qu’aurait pu faire Jérôme Leroy si les éducateurs et les entraîneurs de notre pays avaient une conception un peu plus glamour et audacieuse du foot.

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Matthieu

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Les joueurs du TFC sont-ils dopés ?

equipe-toulouse Habituel anonyme des obscures sessions du samedi après-midi, le Toulouse Football Club a pour une fois reçu les honneurs d’une diffusion de son match face au PSG le dimanche à une heure de grande audience. Il est probable que de nombreux amateurs de foot ont à cette occasion pu voir évoluer cette équipe pour la première fois. Et la démonstration fut à ce point éclatante qu’il serait aujourd’hui insensé de ne pas placer le TFC parmi les favoris pour le titre de champion de France.


seringue-dopageComment une équipe qui luttait il y a tout juste un an pour se maintenir parmi l’élite peut-elle à ce point avoir progressé et voler d’exploits en exploits pour parader parmi les meilleurs ? Comme pour chaque performance sportive inattendue, il paraît pertinent de soulever l’éventualité d’un coup de pouce pharmaceutique.


andre-pierre-gignac Entre le dynamisme de ses deux stars (Carasso, Gignac), et ce, malgré une évidente surcharge pondérale, l’activité insolente de joueurs qui semblaient il y a peu condamnés à la pénombre d’une carrière sans éclat (Capoue, Sissoko, M’Bengué, Congré), et une fin de match étonnante durant laquelle les joueurs de la Garonne courraient plus vite encore qu’à la première minute tandis que leurs adversaires semblaient lessivés, nous avons là les éléments d’un faisceau d’indices créant la suspicion.

Et si l’auteur de ces lignes convient du caractère calomnieux de ces propos, sachez qu’il s’en amuse et pense qu’il ne sera pas le seul. Et si tout n’était pas si rose à Toulouse ?

Matthieu