Au coeur des débats présidentiels, la TVA sociale déchaîne les passions. Cette nouveauté fiscale encore jamais appliquée en France fait naître toutes les peurs et tous les fantasmes : celui d’un pouvoir d’achat amputé injustement pour la gauche, et celui d’une économie enfin plus compétitive que les autres pour la droite (pour résumer).

Mais comment en sommes-nous arrivés là ? Pourquoi ce besoin urgent de taxer toujours plus en ces temps difficiles ? Les enjeux politiques immédiats cristallisent le débat social sur l’urgence de redresser les comptes de la nation, la justice sociale, ou la compétitivité nationale. Pourtant, l’origine du mal semble ailleurs.

Les dépenses sociales représentent une part de plus en plus importante de nos dépenses publiques, au point de devenir le premier poste de dépenses si l’on agrège ses différentes composantes (vieillesse, santé, chômage…). Leur budget représente aujourd’hui 30% du PIB, soit plus de la moitié du budget public total.

Ah, on y arrive ! Dépenses sociales, ça veut dire riches, pauvres, répartition des richesses, taxes, effort, misère et compagnie ! Dans ces débats porteurs, les tenants et les aboutissants des maux de la France sont clairement identifiés : pour la droite, ferme et vigoureuse, il s’agit de faire rentrer dans le rang les infâmes profiteurs du système tout en libérant la croissance, tandis que la gauche, pleine de bons sentiments très chrétiens, compte redonner joie de vivre et de consommer à tous les damnés de la terre et aux forçats de la faim.

Mais qu’en est-il réellement ?

Le problème est plus grave encore, puisqu’il s’agit de nos petits vieux. Sous leurs airs de gentils monsieurs et de gentilles dames, ces salauds nous coûtent de plus en plus cher, et sont de plus en plus nombreux ! Ce sont eux les premiers profiteurs du système, d’autant plus qu’ils ne contribuent presque pas à l’effort collectif ! D’après l’Insee, les vieux se reproduisent tellement vite que les plus de 60 ans pourraient représenter 1/3 de la population en 2060

Les solutions semblent dérisoires face à l’ampleur du désastre :

  • Augmenter l’âge de la retraite ne plaît à personne et les vieux continueraient de coûter cher passé 60 ans.
  • Relancer la natalité et l’immigration sont des solutions de court-terme et dangereuses à long terme si l’on admet que même les jeunes, les arabes et les noirs vieillissent.
  • Si la canicule a eu la délicatesse de tuer les plus fragiles et donc les plus coûteux, son impact a été trop limité (à peine 15 000 morts, un « détail de l’histoire » en somme…).

Certes, le développement de la télémédecine, la solidarité inter-générationelle, les médicaments génériques ou les nouveaux modes d’hébergement médicalisés pourraient permettre de réduire la facture, mais il est difficile de croire que leur impact sera suffisant.

Cette TVA sociale n’est qu’une autre réponse limitée à un enjeu démographique capital, puisqu’au coeur des questions sociales, économiques et environnementales. Et sur ce sujet, l’absence de projet est effrayant chez tous les principaux candidats, tandis que leurs propositions relatives à la dépendance, à la famille ou à l’immigration se bornent à limiter les conséquences d’un phénomène bien plus puissant et bien identifié.

Mais les convictions idéologiques et passionnées sont ailleurs, donc quelle importance ?

Baptiste

 
  • Le maréchal Moustache

    N’essayez pas d’empêcher les vieux de se reproduire !

  • Ernest Bouyelong

    Le problème c’est pas les vieux, c’est les jeunes, les petits cons qui voudraient qu’on se fasse sauter le caisson pour nous piquer les magots qu’on a mis 50 ans à se les faire. Qu’ils crèvent tous ces mauvais jeunes, ils sont malpolis, feignants, incultes, ils veulent rien foutre à part espérer qu’on crève pour nous piquer le pognon et s’enrichir sans se fouler. De mon temps c’était autre chose, on savait vivre, les gens étaient respectueux. Aujourd’hui c’est que pourris et compagnie.

  • Maréchal Tépin

    Où donc l’Auteur souhaite-t-il mener le lecteur ? je ne comprends pas bien pourquoi le débat sur la TVA sociale dévie sur la question du vieillissement de la population… je me permets de signaler à l’Auteur que la « social TVA » a surtout à voir avec le couple production / consommation. Mais bon, je dis ça, mais après tout je sais pas, moi.

  • Le maréchal Moustache

    C’est vrai que c’est important pour un couple la consomation

  • Maréchal Moustache (le vrai)

    à Maréchal Moustache (le faux) :
    Oh ça va bien d’usurper mon identité, tout ça pour raconter des CONNERIES, en plus. Les responsables de ce blog, faites quelques chose, merci.

  • Maréchal Moustache le vrai

    à Maréchal Moustache (le faux) :
    Oh ça va bien d’usurper mon identité, tout ça pour raconter des CONNERIES, en plus. Les responsables de ce blog, faites quelques chose, merci.

  • Baptiste

    Effectivement, la TVA sociale a pour objectif de partager le coût des charges sociales entre les entreprises, c’est à dire la production de richesse, et les consommateurs, rendant ainsi les produits français plus compétitifs du point de vue des coûts. A priori sans rapport avec les vieux donc.

    Ces charges ont été supportées par les entreprises pendant des années, et cela ne dérangeait personne tant qu’elles restaient limitées, que le pays jouissait d’une position de leader et « bénéficiait » d’un certain protectionnisme. Cependant, si le gouvernement souhaite aujourd’hui redistribuer les cartes, c’est parce que le coût de ces charges augmente (à cause des vieux donc) et devient, selon lui, difficiles à assumer pour des entreprises aujourd’hui en compétition à l’international.

    C’était pourtant très clair, je ressent comme une certaine envie de plomber la réflexion pour bénéficier de son temps libre sur les parcours de golf…

  • Anonyme

    Au moment où le « modèle » allemand est de plus en plus remis en cause
    (dont la TVA sociale et ses effets sur ses voisins européens), y compris
    par ceux qui le glorifiait récemment, il serait plutôt intéressant de
    s’interroger sur les conséquences d’une telle mesure en France et en
    Europe et sur la pertinence de faire peser le coup des charges sociales
    aux consommateurs.

    Globalement, on s’en fout des vieux. Les charges
    sociales progressent c’est un fait. Alors soit on rogne dessus, soit on
    les finance. Si on les finance, par quel levier ? Jusqu’à présent les
    entreprises  supportaient une grande partie de cette charge. Est-ce
    vraiment pertinent de transférer une partie de ce coût sur une
    population dont la consommation a (ô combien) soutenu la croissance du
    pays, qui flirte avec un taux de chômage de
    près de 10% et dont les plus pauvres (y compris les « vieux ») seront
    les plus grands perdants de ces mesures. Et dans quel but ? « Améliorer
    la compétitivité des entreprises françaises ». Tiens donc. On aurait pu
    croire que cette compétitivité pouvait s’améliorer par l’instauration
    d’une politique industrielle forte, par le renforcement du niveau de
    formation de sa population, par la recherche de nouveaux créneaux
    porteurs (croissance verte ?)… Mais non.

    Encore une fois on parle
    donc de compétitivité-prix uniquement, de charges sociales trop lourdes,
    de citoyens qui doivent assumer de plus en plus les dépenses sociales
    qu’ils génèrent, en agissant sur l’un des impôts les plus injustes qui
    puisse exister. Quant à la croissance, le renforcement d’un modèle
    social européen, la solidarité entre générations et classes sociales on
    s’en contrefout.

    De toute façon notre cher président a le chic pour
    dénicher
    les bonnes idées qui se font chez les autres. Après sa « France de
    propriétaires » de 2007, où l’on a réussi limite-limite à échapper aux
    subprimes ou à ses dérivés, voilà que la « social TVA » pointe le bout de
    son nez au moment même où les conséquences d’une telle mesure commencent
    à être décriées.

    Alors, franchement, les vieux…

  • Baptiste

    @ Lanfer

    À travers votre commentaire, vous semblez promouvoir une politique de relance classique, par la consommation et par une politique économiste volontaire.

    Mais est-il pertinent et efficace de chercher  à relancer la croissance par la consommation dans un pays au sein duquel le commerce extérieur équivaut à la moitié du PIB ?

    De plus, les solutions prônant une « politique industrielle forte », une amélioration du niveau de qualification de la population, ou le recours à de nouveaux leviers de croissance ne sont pas neuves, et rien n’indique que leur efficacité permette de compenser les dépenses publiques nécessaire, l’augmentation induite du niveau de consommation de produits étrangers et l’exigence de services.

    Le propos de cet article était de sortir de cette opposition entre relance et rigueur afin de s’attaquer à la base du problème plutôt que d’en limiter les conséquences. Mais à vous lire, vous semblez penser que l’origine du mal se situe autre part…

  • Anonyme

    Baptiste,Merci pour cette réponse. Réponse qui en appelle également quelques-unes de ma part.
    Tout d’abord, mon commentaire n’était pas une promotion de la relance par la consommation mais une critique d’une mesure qui vise à la brider. Grande différence entre chercher à relancer la consommation et instaurer un système qui risque de la freiner.
    Seconde remarque : en effet, les exemples de politiques cités ne sont « pas neufs ». Je suis donc tenté de lancer un bon vieux : « et alors » ? Faut-il à ce point les ignorer alors que ce sont des leviers économiques puissants qui ont, pour partie, été efficaces dans de précédentes  périodes de ralentissement économique ? Transférer des charges des entreprises aux consommateurs n’est pas tout jeune non plus, mais relève d’un bon vieux débat idéologique.Dernier point et le principal : de quel « mal » parle-t-on ? Le poids croissant des dépenses sociales ? Si c’est cela, au lieu d’évoquer la TVA sociale, autant directement parler du modèle social français. Et ç’est là un peu toute l’ambiguïté de cet article où l’on évoque une mesure sans parler de ses effets (mais quand même un peu dans votre premier commentaire) pour en dénoncer de façon tranchée, et sans véritable démonstration, une « cause » qui semble vous tenir à cœur. Il faudrait donc éventuellement penser à renommer cet article : « les vrais responsables de l’augmentation des dépenses sociales ».

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