C’est la crise, certains en profitent pour serrer la vis ==> voir ici

D’autres s’interrogent sur le sens de la société. Quel est ma place dans la société ? Dans quelle société ai-je envie de vivre ? Ces interrogations sont aussi profondes que fondamentales, maintenant que la Coupe du Monde est passée, et que le seul événement en ligne de mire est la présidentielle de 2012… il est temps de dépoussiérer ses idées, d’aiguiser ses arguments et de se mettre en situation de débattre !

Pour vous aider à réfléchir, voici 4 modèles de sociétés idéales ; la vôtre devant normalement se situer quelque part entre l’une d’entre elles :

1- Fric, frime et fast food

Le fondement idéologique : c’est la crise, tout fout le camp, les politiciens s’en mettent plein les poches. Et moi alors ?
Les attributs de la réussite : les poches pleines de fric, la voiture de sport, le double cheese quand j’ai un creux
Les têtes d’affiche : Nicolas Anelka, Nicolas Sarkozy, Christian Clavier

2- Fauchon, foulard de soie et petit personnel domestique

Le fondement idéologique : il faut une élite pour tirer ce pays vers le haut, ramassons les leviers du pouvoir et distribuons quelques piécettes au petit personnel domestique. Le modèle féodal revisité.
Les attributs de la réussite : le domaine familial, les cheveux mi-longs, la chemise polo
Les têtes d’affiche : Liliane Bettencourt, Stéphane Bern, Jean Sarkozy

3- Vélo pliable, I-Phone recyclable et pousses de soja

Le fondement idéologique : la croissance verte fait souffler un vent positif dans mon ascension sociale, le bobo+ s’empare des leviers du pouvoir
Les attributs de la réussite : le vélo pliable à 1 000€, les baskets équitables et recyclables, les légumes bio d’Amérique du Sud
Les têtes d’affiche : Nicolas Hulot, Yann Arthus Bertrand

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4- Décroissance, légumes de saison et caca au fond du jardin

Le fondement idéologique : réussir c’est affirmer et épanouir son être individuel et collectif ; la possession de biens n’est que ruine de l’âme (et de la planète)
Les attributs de la réussite : les choux fleurs du jardin, les vêtements en fibre naturelle, le vieux vélo avec sa carriole
Les têtes d’affiche : José Bové, Jean-Guy Walemme

 
  • Helm

    En gros, c’est boboland, fricland ou bouffer les radis du jardin… ça fait carrément rêver !

  • François Moyen

    Une fois de plus l’auteur de l’article vise juste et montre autant de clarté que de finesse, d’humour et de hauteur de vue. (ça c’est pour les fleurs modèle 4) Mais je ne suis pas sûr que ces 4 modèles soient vraiment très représentatifs de la société d’aujourd’hui, la société parisienne peut-être mais la France (et ses environs) est composée de 8 millions de Franciliens et 54 millions de ploucs. Le plouc est largement majoritaire en France et le plouc n’a pas de modèle, il est un modèle à lui tout seul, individuellement et en masse : il aime son confort, sa télé, il est râleur mais moutonnier, consommateur mais donneur de leçons, égocentrique mais capable de sensiblerie, « les politiques tous pourris » mais lui-même magouilleur, à la fois hypercritique et hypercrédule, bref un baroque assemblage de tout et son contraire.
    Bien sûr on ne niera pas que les classifications sont commodes et peuvent toujours nous permettre d’y voir un peu plus clair mais attention à l’effet de loupe parisien, il empêche de voir ce qui est évident : le Français (l’Européen en général ?) est avant tout un petit bourgeois dans l’âme et dans la moëlle. Son modèle de société n’existe pas car il est une sorte d’anarchiste grégaire, son idéal universel c’est moi moi moi et tous les autres je m’en fous, la politique je m’en fous, l’avenir du monde je m’en fous, garçon une grille de loto et un autre demi !

  • Frédéric

    @ monsieur Moyen

    Merci pour ce très bon commentaire, à propos duquel je formulerais deux observations :
    - je parle ici de « modèle », donc d’idéal à atteindre… et non de photographie de l’existant. Le plouc de province a donc aussi le droit de rêver de se faire plein d’argent, ou de devenir un bobo « comme à Paris ». Je récuse donc votre accusation de parigot-centrisme.
    - ceci dit, le modèle « Français de base » tel que vous le décrivez pourrait très bien constituer un 5ème modèle idéal… à moins que l’on considère que la déprime actuelle de nos concitoyens réside justement dans le rejet de ce modèle « moi moi ma voiture mon pavillon mes enfants mon chien » qui ne fait plus rêver grand monde !

  • Constructor

    La maison individuelle (diffus ou groupé) est le logement idéal des français. Or qui dit maison dit très souvent voiture (quoique pas toujours)
    Le rejet du « français de base » est donc très relatif (peut-être à l’intérieur du périphérique parisien est-il là très fort ?)

  • germain

    Ce qui compte c’est ce que je me met dans le bide. le reste c’est du vent

  • Modéliste Réduit

    Encore une perle : bravo !

    C’est un peu cynique mais comme le moral est bon on préférera en rire.

  • prof de philo

    Tous des nuls ! Je suis le seul modèle idéal mais vous êtes trop cons pour comprendre !

  • Mike D

    Moi c’est le profil 1 que je vise (et que j’ai globalement atteint). Et je m’en fous ce que vous pouvez en penser.

  • Journaliste d’opinion

    Très intéressantes ces caricatures ! Il ne manque plus que le point de vue de 4 ou 5 interviews « français moyens pris dans la rue ». Fred, le lecteur attends le 5eme modèle : le tien !! On reste sur notre faim …

  • Franck Lepompier

    Prof de Philo: question modèle, je pense tout à fait comme toi !
    Mais du coup, un doute… (tu complèteras si tu veux): est-ce que je suis ton con ou tu es mon con ?

    PS: hier le bal était parfait… seul problème j’ai senti plein de gens (pour ne pas encore une fois dire « cons ») qui avaient envie de rencontrer et d’échanger avec d’autres gens ? Ils seraient dans quel modèle ceux-là ?

  • Estelle Ducliquet

    Et pourquoi ne pas prendre ce qu’il y a de meilleur dans tous ces schémas ? Du fric oui, mais seulement pour qu’il ne soit pas un problème. De l’écologie oui, mais sans verser dans la niaiserie : si l’espérance de vie croît d’un trimestre par an c’est que ce que nous bouffons n’est pas si horrible que certains le disent. Le fast-food et le coca oui, mais de temps en temps, juste histoire de se rappeler que c’est très moyen. Fauchon et le foulard de soie oui, à condition que ça soit accessible et plus un simple marqueur social. Le caca au fond du jardin oui, sauf si on se croit obligé de se torcher avec le journal de la veille, que ça pue l’encre d’imprimerie et que ça rape le trou de balle.
    Bref faisons chacun notre petit cuisine perso et nous serons (peut-être) heureux dans la mesure de nos modestes moyens.

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