photo011817h00. Europe Ecologie rassemble ses candidats, autour d’un apéro-débat citoyen.
L’idée est excellente : que le citoyen rencontre, touche, discute et partage un verre avec les candidats de Europe Ecologie. Le lieu est bien trouvé : L’Européen !

A 10 mètres à gauche de cette salle de concert. Un bar : le Petit Poucet. A la même heure, Jacques Daniel et Michel N’Guyen se retrouvent, accoudés au bar, une 1664 à la main. Comme tous les samedis, il se retrouvent pour partager un verre. Oh, rien de très intelligents, rien de très poussés. Ils discutent de leurs tracas, de leur quotidiens, de leurs envies. 2 amis en somme.

photo0119L’ambition d’ Europe Ecologie ? Ouvrir à l’écologie à la société, le libérer du carcan du bobo-environnemental pour être en prise directe avec le peuple (le vrai), et ses préoccupations quotidiennes : le prix de l’essence, de prix du loyer, le prix du kilo de carottes, le prix des demis…

Voilà pour le décor. Le comptoir a envoyé deux de ses meilleurs reporters pour comprendre Europe Ecologie et sa relation avec le peuple, grâce au ressort de la démocratie directe.

Le 1er choc est visuel : le chaos règne dans ce sous-sol de l’Européen. Les candidats, sans micros, déclament en quelques minutes leur pedigree et leurs ambitions pour les régionales. Sans discours construit, le message passe difficilement.
photo0120A coté, toujours accoudés au comptoir, Jacques et Michel ouvrent le débat avec leurs voisins de comptoir. La vie chère, les problèmes de violence dans les écoles de leurs enfants, la vraie vie quoi. Ils argumentent, font passer leur message. En direct avec la démocratie.
Démocratie… directe chez Europe Ecologie : le candidat est debout dans la foule des sympathisants, le candidat trinque avec le quidam, la bouche pleine de cake au thon. Pas de hiérarchie, on s’interpelle par le prénom ; c’est l’équation candidat = sympathisant = force vive = acteur de la conversion écologique.
Résultat ? Tout le monde participe dans un joyeux bordel, on est prêt, on y va… mais où est le peuple ? Où sont les pauvres, les ouvriers, les employés, les balayeurs, les coiffeurs, les garçons de café, les conducteurs de métro, les caissières, les RMIstes, les retraités, les serveurs de chez McDo, les sous traitants, les plombiers, les artisans, les sage femmes, les employés de chez EasyJet, les traders, les banquiers, les agriculteurs, les camionneurs, les pêcheurs ?
Au comptoir, Michel N’Guyen, la bouche pâteuse après son deuxième verre de kir, refait le monde. « et vous allez voâr que Bachelot va devenir ministre de la culture, hein ! » « Moi, euh je pourrais être ministre de la culture, mais il me faudrait bien 3 ans, attention » « Patron, je vous reprends un petit dernier, rapide ».

De retour chez les verts, le malaise s’installe. Le buffet est vide, les têtes d’affiches sont reparties. Nous n’aurons pas eu la possibilité de parler avec les candidats, repartis dans leur quartier. Un vrai malaise, une déception face à cet amateurisme criant. Si Europe Ecologie veut grandir, elle doit transformer sa soif de pouvoir en soif de l’intérêt général… sans oublier la soif de celui qui s’approche du buffet.

Fred et Pierre

 
  • BHL

    Il y a de moins en moins de gens vivants, autour de nous. Y compris chez les gens jeunes, il y a de plus en plus de morts vivants – des gens qui croient être vivants mais dont des pans entiers de l’être sont comme morts. Moi je suis enthousiaste. Je suis heureux de vivre. J’aime la volupté. L’action. J’aime écrire. Je travaille comme une brute, je m’épuise, je cisèle mes livres presque indéfiniment. Bref, je suis vivant. Aussi vivant qu’il est possible de l’être.

  • Max Le Bigornec

    il y a longtemps que le peuple a été exclu de la politique. Il ne reste que des simulacres d’idées, de personnalités, de débats, de liberté d’opinion. Entre bobos, traders, grands patrons et people, on n’a ni le temps ni l’envie de s’occuper de cette obscène inutilité : le peuple. Mais la liberté de parole ça ne se demande pas, ça se prend. La justice ça ne se négocie pas, ça s’impose. Vous êtes trop jeunes pour le savoir, mais l’époque rappelle (même si avec beaucoup de différences) les mois qui ont précédé mai 68. Mai 2010 n’est pas très loin…

  • Marie

    J’ai tendance à ne pas partager complètement votre analyse… Je ne partage pas l’idée d’une « soif de pouvoir » (juste a minima, mais elle est vitale), on a là à faire à de véritables militants convaincus d’une cause : celle de la nécessaire remise de l’homme au cœur de notre fonctionnement. Serai-je donc naïve ? Ne seraient-ils que des candidats pourris et corrompus comme tant d’élus ? J’ai tendance à ne pas le croire.
    Leur amateurisme est un fait, mais je pense qu’il est un bienfait. Seriez-vous devenus addicts des politiciens enarques ?!
    Et quant aux « chômeurs, pauvres et employés », ils sont là… Sur la liste d’EE Poitou-Charentes ! (2ème tête de liste Deux-Sévrienne, Geneviève Gaillard, licenciée de la CAMIF ! … mais effectivement on l’entend davantage du côté d’un discours émotif plus que politique )

  • Arsène

    Les Verts, autrefois à la pointe du débat écologique (et spécialistes de l’anathème à tout va, genre l’insupportable moustachu, l’ex-journaliste, j’ai oublié son nom), ne vont pas récolter le fruit de leur engagement parce que la « révolution verte » va s’imposer d’elle-même à tous, et les partis traditionnels l’intègreront très vite et très bien dans leurs discours et hop, le tour sera joué.

    Et puis foutre José Bové dans leur liste montre que les Verts demeurent rouge-marron, encore et toujours et de ce fait, attirent légitimement la méfiance des électeurs.

    Pas de révolution écologique sans carotte économique. Heureusement Borloo l’a pigé, ce qui n’est pas nécessairement le cas des Verts. Décroissance ? Pensons plutôt sobriété.

    Je voterai pour ma part pour défendre mon libre usage de mon 4X4, donc plutôt sur l’aile droite et contre Baupin, car j’habite Paris

  • Pisserote Pecci

    On peut effectivement penser que les Verts n’ont pas d’avenir en tant que tels parce que ce ne sont pas au fond de vrais politiques, c’est-à-dire des tueurs, des prêts à tout pour conquérir le pouvoir (ou les pouvoirs locaux). Leur fonction historique semble de plus en plus être de démocratiser, de répandre, de banaliser les impératifs écologiques et économiques nouveaux. Après, quand ça sera fait, tout leur discours aura été récupéré, recyclé par les les « spécialistes » (les politiciens) et ils laisseront un souvenir comparable aux philosophes du 18ème siècle, qui ont préparé le terrain, préparé les esprits à une révolution à laquelle ils sont restés restés complètement étrangers et qu’ils auraient probablement désavouée s’ils l’avaient vécue.

  • José

    Europe Ecologie pourrait remplacer l’ADEME, ça ferait faire des économies à l’Etat !

blog comments powered by Disqus