TGV, grande vitesse et ponctualité : que ces trois termes vont mal ensemble…
Illustration par une anecdote personnelle et un prolongement théorique sur la notion de pigeon voyageur.
La semaine dernière, j’empruntai un TGV Nîmes – Paris, pour un trajet d’une durée annoncée de 3h10. Jusqu’ici tout va bien, mais ça se gâte rapidement. Un peu avant Avignon, le train ralentit, puis s’arrête pendant une bonne heure. La voix dans le haut parleur nous explique que l’incident est lié à un train tombé en panne devant nous. Soit. Nous repartons, avec un retard « d’une heure dix ». On passe Lyon, on commence à traverser les riches et fertiles terres bourguignonnes, mais hélas le train se traîne à nouveau, et s’arrête. Hésitante, la voix nous explique que des difficultés de régulation du trafic nous ralentissent. On attend, puis on repart… pas très longtemps, car on s’arrête à nouveau. Là, la voix se fait hésitante. « Aucun train n’entre ni ne sort de Gare de Lyon, en raison d’un caténaire endommagé, euh… dès que nous aurons des informations nous vous tiendrons de plus en plus informés par l’interphone » bredouille lamentablement le minable contrôleur.
Bref, on finit par arriver à 2h du matin à gare de Lyon, avec 4h10 de retard. La SNCF nous prie de bien vouloir l’excuser, et met à notre disposition des enveloppes de dédommagement.
Que la technique soit défaillante, c’est bien dommage et un peu anormal (sous entretien des voies ? fragilité excessive de l’alimentation électrique ? trafic supérieur aux capacités du réseau ?).
Mais ce qui est vraiment inacceptable, c’est :
- Que, d’un côté, on privatise progressivement un service public, en fermant les lignes non rentables, et en augmentant considérablement les tarifs ;
- Et que, de l’autre, on se foute de la gueule du passager, en lui livrant une information parcellaire et fumeuse, et en ne lui donnant qu’un simple bon d’achat, alors que le retard inexplicable du train lui a fait rater ses correspondances, ses éventuelles réunions et ruiné sa soirée.
Si le train est un service public, que la SNCF cesse de ne raisonner qu’en termes de rentabilité.
Si le train est un service privé, alors que le passager soit traité comme un client, et qu’il dispose d’une information transparente, et de conditions commerciales décentes (remboursement complet du billet en cas de retard important, par exemple).
La SCNF est actuellement le cul entre ces deux chaises, et c’est insupportable pour le passager, qui est doublement perdant. Un bon gros pigeon voyageur, en somme.

(7 votes, average: 4,71 out of 5)
Le cul (de pigeon) entre 2 chaises, pour mieux se faire enculer.
c’est vrai que ces dernieres annees le train devient synonyme de rentabilite, et c’est bien dommage. que vont devenir nos territoires ? la France du vide, la France oubliée…
J’ai fait moi aussi récemment un aller-retour en TGV. A l’aller une heure 10 de retard à cause d’un train en panne dans la gare de Nîmes (ville maudite ?), retour 20 minutes de retard pour cause de « surcharge de trafic ». Alors de qui se moque-t-on ? Un seul quai d’une grande gare bloqué par un train et c’est tout le système qui bugue ? C’est pas crédible. « Surcharge de trafic » ? Ah bon ? C’est pas organisé, planifié, sécurisé ?
Il faut moderniser, il faut réformer, qu’il répète le nabot comme s’il avait que ça comme message enregistré et qu’on le remonte sans arrêt. Moi je préfère qu’on réforme rien du tout, qu’on modernise pas et que la SNCF reste un service public fiable. Total a fait en 2009 9 milliards de dollars de bénéf, la raffinerie de Dunkerque va fermer, les services publics doivent « se moderniser », l’Etat doit être dégraissé (trop d’hôpitaux, d’infirmières, de profs, de juges d’instruction, de contrôleurs aux impôts, à la répression des fraudes etc.). Elle est pas belle la vie ?
Le problème de la privatisation est qu’il n’y a aucune marge de manoeuvre. On essor, on racle, et tant pis si le service en pati. La priorité absolue est de mettre des zéros derrière le chiffre des ventes. Et si un jour on a un problème, la campagne de pub est là. Alors quand le fameux nabot, parle des biens fait de la privatisation, il ne fait que rajouté de la com à la pub et c’est malheureusement la seul chose qu’il ne sache faire.
Le vrais problème, jamais soumis à referendum est qu(est-ce qu’on veux comme sociéte : liberal avec des logiques seulement de profit et de rentabilitée ou une societé avec des service publiques où la priorité c’est le bienêtre des gens . Le fric au service des gents ou les gens au service du fric ? Y pa à sortir de la.