3 September 2010

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Débat sur l’identité nationale : panique à l’UMP

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casseroleLe débat sur l’identité nationale serait-il en train d’échapper à Nicolas Sarkozy, son concepteur ? Cet objet politicien conçu dans la perspective des élections régionales semble, au fil des jours, devenir une casserole de plus en plus embarrassante.

Dès le départ, il était clair que les termes de ce débat étaient mal posés, et qu’il allait déboucher sur une stigmatisation des étrangers en France ou des Français d’origine étrangère (enfin, surtout de ceux dont l’origine géographique se devine à la couleur de leur peau).

Yazid Sabeg a bien pointé les limites du débat lancé par Besson :

« Quand on organise un débat public, il faut s’en donner des moyens. Consulter les intellectuels, les universitaires, mettre des textes fondamentaux à la disposition des gens. On doit surtout politiquement dire ce qu’on cherche et où on veut aller. Si l’on avait dit que ce débat devait nourrir l’égalité réelle, les choses auraient été différentes. Mais là, le débat est présenté comme ayant une vertu propre. C’est devenu un déversoir et un défouloir. »

nadine-moranoDu coup, il n’est pas très étonnant que les dérapages se multiplient : après André Valentin (maire UMP de Gussainville), c’est la toujours très subtile Nadine Morano qui a mis les pieds dans le plat. A l’UMP, on commence à faire dans son pantalon : finalement, l’arme électorale devient un sac de merde bien embarrassant. Dans son ridicule clip, l’UMP voulait nous faire croire à son esprit fraternel, solidaire et révolutionnaire. Le vernis ne tient pas très longtemps, et les préjugés des uns et des autres resurgissent.

Evidemment, à la veille des régionales ça fait mauvais effet. Du coup, on comprend la trouille de François Baroin, qui demande un report du débat après les régionales, estimant que « à l’approche d’une échéance électorale [...] la confusion, l’amalgame et les facilités de langage peuvent flatter les bas instincts ». L’arroseur arrosé. Si le sujet n’était pas aussi grave et lourd de conséquences, on en rigolerait.

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Comments

  1. François Moyen says:

    Pas sûr que la droite se morde les doigts de la tournure du débat, on a la vue toujours faussée par ses propres indignations : quand on voit à quel point Berluscon est de plus en plus populaire, que Sarko reste lui aussi populaire auprès de millions de gens qu’il nique sans scrupule depuis des années, franchement on peut ne pas être trop optimiste devant le pitoyable spectacle qu’offre la majorité de jean-foutres actuelle. J’espère me tromper.

  2. John Henry says:

    J’en pleure encore de rire :
    http://www.canalplus.fr/pid1780.htm&nav=1

    Chaque samedi soir, le groupe ACTION DISCRETE mène l’enquête. Aujourd’hui, le débat sur l’identité nationale.
    Emission du 12/12/09

  3. Jean Pointu says:

    A l’origine, ce sont les banques, qui indirectement, ont mis des milliers de gens au chômage. Et voilà que, comme en 1929, on nous ressort une valeur identitaire. Non vraiment il faut supprimer l’apprentissage de l’histoire à l’école (ou l’école) car ça ne sert a rien. En plus cela fera beaucoup d’économies qui permettront de favoriser les locomotives de la nation

  4. Tournepèche says:

    Non, au contraire, il faut plus d’histoire, il faut redire et reredire que les peuples ont été entubés après la crise de 29 et qu’on est peut-être en train de rebvivre la même chose ! Supprimons plutôt les maths, qui nous font tant de mal avec les martingales spéculatives ! Supprimons l’anglais, que les ricains remballent leurs saloperies imbouffabvle et imbuvables ! Supprimopns le français, que de toute façon plus personne le parle vraiment ! Supprimons les sciences, qu’on en a marre de cette idée que tout se réduit à des schémas et des formules ! Suppriomons le comptoir des politiciens, que ça sert à quoi de réfléchir hein franchement ? Et quand on aura tout supprimé il nous restera la vision apocalyptique de la société sarkozienne triomlphante.

  5. Jean Pointu says:

    Tournepèche, tu es un Génie !

  6. Tournepèche says:

    Je me fais des intraveineuses de Préfontaines, c’est tout, y a pas de mérite.

  7. Bernard Gonel says:

    Il semblerait que toute l’habileté des politiciens réside dans leur capacité à nous manipuler en nous invitant à réfléchir sur des sujets susceptibles de nous diviser, pour détourner notre attention de nos vrais problèmes. Par exemple, notre pouvoir d’achat en berne, manque de logements sociaux, banquiers irresponsables, patrons voyous, ou corruption, sujets susceptibles, eux, de nous rassembler (puisque sur ces sujets nous sommes quasiment tous d’accord, de l’extrême gauche à l’extrême droite).

    Bien que ce ne soit pas le sujet que j’ai vraiment envie de traiter, notre très vénéré et très omniprésent Nicolas 1er insiste tellement sur notre identité nationale que je ne peux m’abstenir de dire ce que j’en pense.

    Essayons d’abord de cerner ce qui forge notre identité nationale. Je ne pense pas que l’indenté nationale soit uniquement liée à notre histoire. Personnellement, mais ça n’engage que moi, je dirais que ce sont avant tout nos valeurs. Alors, quelles sont-elles ces valeurs ? Je pense qu’un moyen de s’en faire une idée est de consulter les médias (télé, radio, presse écrite) qui sont sensés être le reflet des sujets qui nous intéressent.

    Personne ne relève rien d’anormal dans ce que je viens d’écrire ? Non, vraiment ? Alors, soit vous ne suivez pas, soit vous ne percevez pas clairement la façon dont fonctionne notre société. Non, bien sûr, en réalité les médias sont avant tout conçus pour nous conditionner à ce que doivent être nos sujets d’intérêts (pour que nous ne soyons pas trop tentés de nous intéresser aux sujets réellement importants).

    Ceci étant précisé, voyons maintenant les faits marquants à la une des journaux du mois de novembre. Il y a eu une journée mondiale de la faim qui aurait permis à ceux qui l’ignoraient encore de découvrir que, outre les 9.000.000 de personnes qui chaque année meurent de faim dans le monde (dont 1 enfant toutes les 5 secondes), 1 milliard d’autres souffrent de malnutrition (dont tout de même 2.000.000 en France, pourtant considérée comme pays « riche » ???) On aurait pu penser que ce sujet mériterait la une des journaux ? Eh bien non, tout au plus quelques secondes en fin de journal télévisé (quelque soit la chaine).

    Non, la une des journaux (et de quantité d’autres émissions), pendant plusieurs semaines a été consacrée exclusivement à une main d’un joueur de foot qui a permis à l’équipe de France de battre l’Irlande. Pas un homme politique (ou si peu), pourtant bien silencieux sur le sujet de la faim dans le monde, qui n’ait jugé nécessaire d’y aller de son petit commentaire.

    Je n’insisterai pas sur le sujet du foot, car s’il y a une chose dont je me fous complètement, c’est bien celle-ci. Il y a tant de vrais sujets de préoccupation, d’inquiétude, d’angoisse même pour certains, que s’attarder à de telles futilités me semble tout simplement une perte de temps. Mais si c’est là notre hiérarchie des valeurs, alors cette identité nationale dont on nous parle tant, je ne suis pas convaincu qu’il y ait de quoi en être vraiment fier.

    Le véritable sujet de mon article, c’est plutôt le racisme qui couve sous ce débat de l’identité nationale, comme la braise couve sous la cendre, risquant à tout moment de raviver l’incendie. Car ne nous y trompons pas, le racisme n’est pas l’apanage de la Suisse. Les réactions que j’ai entendues, suite à l’affaire du référendum sur les minarets en Suisse en sont assez révélatrices.

    Alors, pourquoi ce racisme ? Eh bien, c’est évident, suis-je bête, c’est bien connu que lorsque ça va mal, c’est forcément de la faute des maghrébins et noirs (qu’ils aient la nationalité française ou soient simples résidents, en situation régulière ou irrégulière).

    N’est-il pas évident que ce sont tous des fainéants qui sont toujours au chômage ? En plus, est-ce que ce n’est pas parce qu’ils acceptent de travailler pour des salaires moindres qu’ils nous piquent nos emplois ? Tout le monde sait ça, non ?

    Vous ne trouvez rien de paradoxal dans ce genre d’affirmations ? Moi, si, comment peut-on être à la fois un fainéant perpétuellement au chômage et en même temps nous piquer nos emplois. S’il vous plait, les gars d’extrême droite, expliquez moi, je suis tellement idiot que je n’arrive pas à comprendre…

    Bon, ne réfléchissons pas trop et essayons de voir plus loin. Il y a au moins un point sur lequel je pense que même les gens d’extrême droite seront d’accord, c’est que si les choses vont mal, c’est aussi parce que les sociétés délocalisent à l’étranger, que les actionnaires veulent toujours plus de profit en rognant sur nos emplois et salaires et que les banques font n’importe quoi, sachant parfaitement que l’État (donc nous) n’aura d’autre choix que de les renflouer en cas de problème.

    Sachant cela et conscient que les responsables de nos misères sont les français d’origine étrangère et étrangers résidant en France, on ne peut qu’en déduire que les actionnaires, PDG de multinationales et banquiers sont forcément tous des maghrébins et noirs des cités dites « ’sensibles » du 93 et d’ailleurs ! CQFD

    Non ? Vous ne semblez pas convaincus ? Pourtant ma démonstration n’est-elle pas d’une logique implacable ? Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai l’impression d’avoir dis des sottises quelque part. Pourtant, pour ceux qui défendent ces thèses, c’est tellement plus commode de s’en prendre à des gens plus faibles qu’aux vrais responsables de nos malheurs, auxquels ils n’auraient pas le courage de s’attaquer.

    Savez-vous ce qui me désole le plus en terminant cet article ? C’est que ceux qui le liront ne sont précisément pas ceux qui gagneraient à le lire, si tant est que ces derniers soient capables de se remettre en question et de réfléchir à la stupidité des thèses qu’on leur a enfoncé dans le crâne.

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