18 March 2010

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Présidentielles 2012, c’est déjà demain !

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sarkoagricoleNicolas s’est à peine habitué à la hauteur de son trône (et à celle des miroirs de l’Elysée) que déjà il est temps de penser à la prochaine échéance présidentielle. Ce dont il faut parler (parce ça préoccupe les Français) c’est de crise économique, de grippe H1N1 ou de réchauffement climatique. Pourtant, ne nous y trompons pas, les couteaux sont sortis : chaque matin en se rasant ou en se poudrant le nez, ils sont une bonne cinquantaine à s’imaginer dans le futur costume de l’homme / femme providentiel(le).

Laissons les rêver encore un peu, et examinons les enjeux politiques de ces prochaines présidentielles, bien différents à gauche et à droite.

gauche

A gauche, d’abord. De la gauche anticapitaliste au Modem, en passant par un PS en crise d’identité, on sent que la gauche dans son ensemble est traversée par de profondes interrogations sur sa vision de la société et son positionnement face à la droite. Pour simplifier les choses, nous pourrions dire que la gauche (ou les gauches) devra d’ici 2012 clarifier son positionnement sur trois questions majeures :

  • Son rapport au productivisme : remis en question par les crises environnementales actuelles et futures (épuisement énergies, réchauffement climatique, espèces menacées, épuisement des sols…), le productivisme restera-t-il encore un élément clé du socle idéologique de la gauche (et notamment la gauche de la gauche) ? Le mouvement écolo fera-t-il vraiment bouger les lignes ?
  • La place de l’Etat : quelle est la vision de la gauche sur la place de l’Etat dans la structuration et la régulation de la société et de l’économie ? L’influence de 30 ans de néolibéralisme a brouillé les convictions à gauche (cf. les privatisations de Jospin)… une position sera-t-elle clairement affichée en 2012 ?
  • La question des inégalités : la réduction des inégalités constitue-t-elle l’objectif premier de la gauche, et sa ligne de démarcation idéologique par rapport à la droite ? Au contraire de la gauche de la gauche, le PS a progressivement abandonné cet objectif depuis son accession au pouvoir en 1981. Cette position est-elle encore tenable dans une société qui voit les inégalités se creuser chaque jour davantage ?

La capacité de la gauche à s’accorder clairement sur ces trois sujets sera déterminante dans l’évolution des alliances traditionnelles, et la possibilité (ou non) de construire un discours clair face à la droite.

droite

A droite, maintenant.

Le paysage semble relativement différent, du fait de la présence de Sarkozy.
En construisant l’UMP, puis en accédant au pouvoir, Sarkozy a réussi la synthèse entre les deux droites habituellement divisées :

  • La droite chiraquienne, celle des valeurs républicaines, du consensus et d’une gestion du style « ne changeons pas trop, ça pourrait faire des vagues » ;
  • La droite d’inspiration plus clairement libérale, partisane d’un Etat resserré sur ses fonctions régaliennes, plus dure sur les valeurs traditionnelles

La première droite lorgne sur Bayrou, la deuxième louche sur De Villiers voire Le Pen.

Par un tour de passe passe, Sarkozy a réussi pendant 2 ans à faire le grand écart entre les deux approches, mais commence maintenant à souffrir de leurs évidentes contradictions. Baisser les impôts mais faire un plan de relance + grand emprunt, libérer l’activité économique mais mettre en place le RSA et la taxe carbone, faire maigrir l’Etat mais faire exploser la dette, être à cheval sur les valeurs traditionnelles mais absoudre Mitterrand et Polanski, ouvrir à gauche et en même temps à De Villiers, etc.

Sarkozy gardera-t-il le cul entre deux chaises jusqu’en 2012, ou choisira-t-il plus clairement un camp ? Gardera-t-il l’autorité nécessaire pour faire taire les mécontents ? Pourra-t-il garder la main, ou verra-t-il émerger un concurrent sérieux dans son propre camp ?

La réponse dans les prochains mois, qui s’annoncent passionnants…

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About Frédéric

Comments

  1. Eric Antonnay says:

    On aimerait bien que les politiques réfléchissent aux enjeux avec honnêteté et profondeur ! mais la vérité est qu’ils n’ont jamais eu et n’auront jamais d’autre projet que de se faire (ré)élire. Tout le reste c’est du coup par coup au petit bonheur des sondages ou de l’humeur ou de l’adversaire à torpiller. Sarkozy se contredit tous les jours et plusieurs fois par jour, Royal prend tellement de vestes et les retourne si souvent qu’elles ressemblent au gilet-serpillière du Père Noël est une ordure. Combien ont de véritables convictions, un projet sociétal, un idéal politique ? Cohn-Bendit peut-être, probablement même, et… ? Et… c’est tout. Et qu’on ne vienne pas me dire que Sarko est fidèle à ses idées ! Ce ne sont pas des idées, juste du clientélisme et des partis pris droitiers.

    Il n’y a rien de plus noble que la politique mais rien de plus désespérant qu’un homme (ou une femme) politique.

  2. Bebel says:

    Arrêtons avec ces propos « tous pourris »
    ben alors arrêtons tout, puisque c’est comme ça !
    moi la crise je la vois tous les jours, y a des clodos en bas de chez moi. le réchauffement climatique idem, les arbres dans ma rue perdent leurs feuilles. Etc.
    Les hommes politiques se battent pour faire avancer notre société arretons de critiquer

  3. Fernand Choux says:

    Je crois p)as que c’est tous pourris, c’est plutot tous des rapaces pour prendre et garder le pouvoir mais franchement qui peux dire que le PS a un programe, des solutions, des idées neuves ? et le pouvoir actuel il fait quoi a part taxer les petits et donner aux gros? et les petits discourts des uns et des autres ils font avancé les choses? Obama avais reussi à mobilisrer les gents, ca s’essoufle mais vous vous sentez mobilisés,entousiasmés par qulequ’un enb France ? ca minteresse rai de savoir part qui.

  4. Marie-Yolande de Casteljoux says:

    La politique c’est d’un compliqué ! Mon mari me dit toujours pour qui voter mais j’ai décidé de conquérir ma liberté de femme et de choisir désormais en toute indépendance. On en parle souvent aux thés avec les copines mais on n’est pas d’accord, et même qu’est-ce qu’on se chipote, sur les fossettes de Copé, la prestance de Villepin ou le regard de feu du président. C’est chaud entre nous, la seule chose sur quoi on est d’accord, c’est qu’on n’est pas du tout intéressées par les candidates : Roselyne, Nadine, Rachida, non vraiment elles ne sont pas notre genre.

  5. Julien says:

    votre article pose de bonnes questions, malheureusement la campagne ne portera pas là dessus ! on va nous refaire le coup de l’insécurité et de l’immigration, mettez une louche de chômage là dessus, et vous l’avez votre débat de 2012
    c’est dommage mais c’est ainsi

  6. François says:

    Ajoutons l’environnement qui devient un sujet politique pour gagner, il faudra désormais aussi avoir une véritable politique là-dessus.

    Les valeurs sûres:
    chômage
    pouvoir d’achat
    écologie

    Les mois sûrs:
    insécurité si la droite a du mal à positionner son programme
    vie privée de Nico (des rumeurs font état d’eau dans le gaz avec Carla..) et DSK
    immigration

    Les surprises
    Europe (qui s’en soucie ?)
    Solutions contre la crise (si celle-ci s’éternise)

  7. Tauboule says:

    N’oublions pas le bouclier fiscal : les PS osera t il de le supprimer ?

  8. Frédéric says:

    @ François :
    l’environnement oui, mais c’est directement lié à la question du productivisme
    vers un capitalisme vert ou une conversion écologique de l’économie ? voilà la question, et ce qui sépare idéologiquement les verts (et le PS ??) de la droite

  9. François says:

    @ Frédéric

    « Productivisme » :-(
    Faut parler simple si tu veux qu’on comprenne.

    Prioductivisme ça me parle pas, désolé de ne pas avoir compris !

  10. Frédéric says:

    Désolé, j’oubliais que je m’adresse à des politiciens de comptoir ! :-D

  11. Tournebèche says:

    J’ai vraiment peur que l’écologie, le réchauffement, le carbone, toutes ces sortes de choses deviennent la nouvelle tarte à la crème qu’on va nous resservir jusqu’à la nausée. Y pas plus fort que nos dirigeants et opposants pour travestir un problème important en amuse-couillons télévisé. C’est très bien évidemment que ça soit devenu le premier sujet des discours et des débats mais ça dérive de plus en plus vers le film-catastrophe de bas étage et la conversation de coiffeur bavard ! Comme d’habitude, et pour paraphraser je ne sais plus qui (Clémenceau ?), la politique est une chose trop sérieuse pour la laisser aux politiciens.

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