Ce week end, les Suisses ont décidé à 57% de refuser la construction de nouveaux minarets dans leur pays. Le referendum, provoqué par la droite populiste, a permis à une majorité d’exprimer une position qu’on pourrait qualifier de raciste (ou de repli sur soi, pour être gentil).
Au delà de la légitime indignation que l’on peut exprimer (et que l’on a largement entendue ces derniers jours) sur le sujet, l’épisode suisse soulève bien sûr la question du bon usage de la démocratie. Interroger des citoyens sur un sujet sensible et complexe demande évidemment des précautions. Comme l’évoquait un expert hier sur une radio, il n’aurait pas fallu poser ce type de question à un referendum. Une question aussi sensible demande des réponses nuancées, que l’on ne peut trancher par oui ou par non.
Tout ceci est vrai. Mais se pose également le problème des limites de la démocratie directe, et de ce que l’on peut demander au peuple. Toute question est-elle bonne à poser au peuple, dès lors qu’elle concerne l’intérêt collectif ? Le peuple est-il capable de se prononcer avec pertinence sur des sujets complexes et sensibles ? Peut-il être lucide lors de périodes tourmentées et incertaines comme celles que nous traversons actuellement ? En clair, le peuple est-il capable de discerner là où se trouve l’intérêt général ?
Evidemment non ! La démocratie directe est une fumisterie ! Associer les habitants à la construction des politiques publiques oui, mais les faire décider à la place des décideurs non ! L’homme de la rue est un imbécile égoïste, il ne faut pas lui faire confiance, voyons. Laissons la parole aux experts, aux consultants, aux élus, sous la surveillance attentive de l’homme de la rue. Chacun à la place, donc !

(10 votes, average: 4,90 out of 5)
J’ai voté oui contre les minarets pas contre les mosquées
Le but du minaret et d’appeler a la priere
Ce lui qui est pratiquant n’a pas besoin d’être appeler pour prier
Et si le peuple avait voté pour sanctionner le gouvernement pour son incompétence
Chaque canton est responsable de ce vote interdire des affiches n’est pas productif
Quand aux réactions de l’ONU et du reste du monde il faut qu’il balaient devant leur porte
Ils ne sont déjà pas capables de faire arrêter des combats dans le monde
Mais vouloir nous faire changer notre choix c’est plus facile ça coute moins cher
Aux consultants !
Vaste sujet digne d’un examen de droit constitutionnel de première année !
vous avez certainement entendu les réactions de la droite, gênée aux entournures. Comme nous l’explique gentiment X Bertrand, « mais après tout a-t-on vraiment besoin de minarets ? ». Ben voyons… L’islam doit s’adapter, etc. La pente est glissante, attention…
De là à dire que les suisses sont racistes, le pas est trop facile.
Le Minaret reste le symbole de l’affaire. Un simple problème d’urbanisme et de coefficient d’occupation des sols. Point à la ligne.
L’auteur de cet article est-il suisse ? De quel droit se permet -il de juger notre droit fondamental à la démocratie locale en Suisse.
Fier d’être suisse. Suisses du monde, unissez-vous.
Demandez au peuple si les noirs et les arabes sont égaux aux blancs ! Demandez au peuple s’il faut rétablir la peine de mort ! Demandez au peuple si Sarkozy et ailleurs Bush junior, Berlusconi, Moubarak etc. doivent être élus ou réélus ! Demandez au peuple ce qui est plus important de Koh-Lanta ou du dernier Haneke ! Demandez au peuple si Johnny Halliday est une idole ou un connard !
Il y a tant et tant de questions, importantes ou pas, pour lesquelles il ne faut pas demander au peuple. C’est le rôle et la gloire des grands politiques d’être visionnaires et de faire progresser les notions les moins évidentes et les moins spontanées : respect de l’autre, réflexion, sens de l’équité, du bien commun etc. C’est Badinter qui a fait abolir la peine de mort, contre la volonté populaire. C’est Simone Veil qui a changé la vie des femmes, contre l’opinion publique. Et on pourrait citer Giscard (majorité à 18 ans), Chirac (suppression du service militaire), tout ça ne s’est pas fait en suivant aveuglément la majorité silencieuse.
La démocratie on n’a jamais trouvé mieux comme système, mais c’est comme à la radio ou à la télévision : rien de plus vomitif que les micro-trottoirs qui demandent leur avis aux premiers débiles venus sur n’importe quoi. Je préfère écouter des gens qui savent de quoi ils parlent. Après on peut juger sur pièces.
Si après ça, on dit encore que la Suisse n’est pas regardante?
pas regardante sur quoi ?
@ Harry
Attention, on touche pas à Johnny; pourquoi tu dis que c’est un connard Harry ? Tu peux nous expliquer ?
Ce n’est pas parce que le peuple ne vote pas d
Ce n’est pas parce que le peuple ne vote pas comme le voudrait l’intelligentsia des experts, qu’il a forcément tort. Je rappellerais cette phrase de F. Mitterrand : « L’expert, c’est moi ».
@ Mike D.
J’hésite : un connard ou un pourri ?
Tout bien réfléchi : les deux.
Merci Harry d’enrichir le débat de temps d’arguments et d’analyses! Cher Monsieur Hubert, je faisais le parallèle entre les modalités de placement d’argent assez peu contraignantes et cette sale affaire des minarets. Je sais, les français ne sont pas exempts de tout reproche.
Une fois n’est pas coutume, je partage ce que dit notre Président dans une tribune en réaction à l’affaire des minarets. http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/12/08/m-sarkozy-respecter-ceux-qui-arrivent-respecter-ceux-qui-accueillent_1277422_3232.html