3 September 2010

654 views

Quand la Bourgogne passe à table

1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (11 votes, average: 4,91 out of 5)
Loading ... Loading ...

restaurateursBourgogne terroir, Bourgogne creuset de l’Histoire, Bourgogne rurale... ces images sonnent agréablement à nos oreilles. Pourtant cette région-lumière est désormais sortie d’une ruralité traditionnelle. La Bourgogne d’hier à aujourd’hui, de l’âge de la bouse à celui de l’I Phone ?

Le Train à Grande Vitesse a sorti la région de l’ornière, qui se vit et se pense désormais comme le nouvel eldorado pour bobos parisiens stressés. A deux heures du périphérique, elle offre au citadin pâlot un cadre d’exception : une terre jaune et ocre, une lumière exceptionnelle, des feuillages flamboyants en cet automne hivernal.

.

boeuf-bourguignonMais ce n’est pas tout, la Bourgogne est aussi une terre de haute gastronomie.   Et manger en Bourgogne c’est d’abord trouver la gargotte; pour nous ce sera « Le Terroir ».

Les petits carreaux aux fenêtres sont recouverts d’une crasse graisseuse de bonne augure. De l’extérieur, rien ne filtre si ce n’est l’odeur de viande faisandée.

A l’intérieur, ce qui frappe c’est l’épaisseur du décor: le plafond bas est traversé d’énormes poutres, les murs sont recouverts de lourdes tapisseries représentant des scènes de chasse, la  table est en chêne massif, la porcelaine rustique… Seuls les verres en cristal se distinguent par leur éclat dans la pénombre qui nous enveloppe. Et puis cet air dense, épais, rance qui vous prend à la gorge… La soif finit par s’inviter à table. Quand soudain, surgi de nulle part, à la lueur d’une bougie, apparaît la face fantômatique et boutonneuse de Michel N’Guyen, valet de Santenay, qui nous annonce de sa voix haut perchée et avec des postillons pleins la bouche: « Messieurs dames, la carte ! »

.

michel-nguyenRien n’aurait pu présager l’apparition de cet ange. En effet, Michel N’Guyen aurait dû passer sa vie à pêcher des poissons dans la Baie de Hạ Long, au Vietnam. Orphelin de père et de mère, il a connu une enfance fragile.  Recueilli par une touriste française en 1982 dans un orphelinat, il  reçoit une éducation de fer. Fourchette à gauche, torchon blanc sur l’avant bras droit, des-s’il-vous-plait-en-veux-tu-en-voilà, Michel devient un serveur de haut-standing. Formé à la dure dans un bar PMU de Beaunes, il devint un vrai bourguignon, spécialiste des œufs en Meurette.

Symbole de l’ouverture de la Burgundy sur le monde, Michel se sent investi d’une mission. Ouvrir son âme aux touristes parisiens.  Mais, hélas. Trois fois hélas. Pour oublier de son pauvre destin, Michel vide les bouteilles laissées par les clients. Puligny-Montrachet, Aloxe-Corton,  Pommard… rien ne va plus, Michel est un vrai trou. Une haleine de phoque, des pets malodorants, des erreurs dans les commandes, Michel n’est plus ce qu’il était.

Pour se raccrocher à la vie, Michel s’est acheté un Iphone. Il noie son chagrin dans l’inutile et le futile. Grâce à l’application « Postillon », Michel est devenu un expert en « Postillon-H1N1″. Ses postillons sont de plus en plus gros, de plus en plus puissant. De quoi contaminer toute notre belle table de convives. Vous reprendrez bien un peu de H1N1 avec votre Coq au vin ?

François, Frédéric et Pierre

Partagez cet article
  • Facebook
  • LinkedIn
  • Twitter

About Frédéric

Comments

  1. Robbie says:

    GENIAL JE SUIS FAN DE CETTE SERIE

  2. Marie says:

    ce blog a-t-il été racheté par le lobby viticole des producteurs bourguignons ?

  3. Lulu d'Arcueil says:

    Ce qu’il y a de bien, c’est que ça commence comme une chronique de l’autre con, là comment qu’y s’appelle, petit Citroen ou chais pas quoi (mais alors là plus con que lui tu meurs) et que ça finit dans la meilleure eau de boudin. Virez-nous toutes ces bouses qui se prétendent critiques astronomiques et mettez-y à la place la fine équipe du Comptoir qu’elle au moins elle est pas soumise aux lobises et au politiquement correcte. Vive la Bourgogne libre ! Vive le pommard au petit déjeuner dans les cantines scolaires !

  4. Marie de Strasbourg says:

    Quelle fin époustouflante !

  5. Léon Saint-Emmy says:

    On voit bien ce qui manque à Sarko pour être simplement fréquentable : le goût du jus de raisin fermenté. Un mec qui ne boit que de l’eau comment voulez-vous qu’il comprenne ce qu’est la vie ?

Speak Your Mind