Jusqu’ici, Nicolas Sarkozy était apprécié ou détesté, c’est selon, en fonction de la politique qu’il menait, et ses à-côtés bien qu’irritants, demeuraient sans conséquence.

Tout le monde de souvient de sa première année de présidence bling bling (grosse montre qui pendouille, vacances sur un yacht luxueux, feuilleton domestiques avec Cécilia, puis Carla…) Mais bon, après tout, il est pas tout seul en France à être beauf ou parvenu vulgaire. Et puis ça passe chez les français parce que voilà tout, depuis 30 ans, on a eu des présidents particulièrement mémorables ! Mitterrand avait sa cour de soupirants, pratiquait les écoutes illégales et entretenait sa fille Mazarine aux frais de la République, Giscard bidouillait des diamants avec les potentas africains puis dinait avec les éboueurs, seul Chirac n’a pas bidouillé à la présidence, se contentant de faire péter la bombe nucléaire pour fêter son arrivée au pouvoir.

Après, on peut aimer ou détester Nicolas Sarkozy au regard de la politique qu’il mène et de sa manière dont il conçoit et pratique la fonction de Président de la République (jogging à Central Park, tendance à tout décider, irritabilité extrême…). Après tout, il a été élu et fait donc ce pour quoi on l’a choisi, gouverner la France à sa façon.

jean-sarkozy Le problème aujourd’hui c’est le feuilleton Jean Sarkozy, son fils, qui devrait prendre la direction de l’Etablissement Public d’Aménagement de la Défense (EPAD), structure dédiée à l’aménagement du quartier de la Défense et dont l’objectif est la mise en œuvre du projet Défense 2015.
(Au passage, pour rappel, l’EPAD est dirigé par Bernard Bled, ancien secrétaire général (adjoint) de la Ville de Paris sous Tibéri ;-) )

Certes le jeune homme est président du groupe UMP du conseil général des Hauts de Seine, ancien département de son papa, mais tout de même, ça fait plus que gêner aux entournures.

Sarkozy (père) est un adepte du « plus c’est gros, plus ça passe » mais là, voir son fils arriver de manière aussi ostensible à cette fonction pour laquelle, effectivement, on s’interroge sur ses compétences (mais n’est-ce pas le cas de beaucoup de politiciens aux responsabilités ?), c’est véritablement dérangeant et il y a fort à parier que les français ne l’accepteront pas. Probablement que tout est légal, évidemment, mais le bon sens, la décence aurais-je envie de dire, n’aurait-elle pas dicté de s’abstenir de telles manœuvres ?

Jean Sarkozy aura beau dire que quoiqu’il fasse, il sera critiqué, ce qui est vrai, il donne tout de même le bâton pour se faire battre… Si j’avais été son papa je lui aurais dit : termine tes études d’abord !

Les critiques vont continuer, comme d’habitude ai-je envie de dire, mais surtout, je pense qu’une partie de son électorat de droite va être choquée par cette manœuvre, et qu’elle ne lui accordera plus sa confiance. Il y a des choses, même légales, qui ne se font pas : l’esprit plutôt que la lettre.

Bref, cet épisode Jean Sarkozy pourrait bien être le début de la fin du Sarkozysme…

François

 
  • Frédéric

    Je ne suis pas tellement d’accord avec ton analyse. A te lire, cet épisode de flagrant délit de népotisme n’est qu’une péripétie, que Sarko aurait pu s’épargner s’il avait mieux calculé les risques politique qu’elle représentait.
    Il me semble au contraire que cet épisode est une manifestation d’un phénomène plus profond, à savoir que la Sarkozysme, c’est « les copains d’abord »… ce qui est le prolongement naturel d’une politique de droite : on sert la soupe à ceux qui ont déjà le pouvoir, et tant pis pour les autres.
    Donc finalement, en nommant son fils à la tête de l’EPAD, Sarkozy ne fait rien d’autre que du sarkozysme.

  • Gérard Rinche

    C’est pire qu’une république bananière ou une « démocratie » à la Bongo parce que Sarkozy prétend incarner des valeurs, un modèle et prend toujours un air particulièrement pénétré quand il nous assène droit dans les yeux ses bobards les plus obscènes. Il ne se cache même plus : ou il est complètement inconscient ou il est vraiment sûr que les Français ne valent pas mieux que des électeurs lambda de Berlusconi. Je penche pour la deuxième hypothèse, hélas !
    Suggestion : proposer à tous les étudiants en droit de 2ème année (à 23 ans quand même, ça en jette !) un stage en responsabilité à la tête d’un organisme de l’importance stratégique, politique, économique et financière de l’EPAD. Avec bien sûr le pognon qui va avec.

  • rounet

    Sur Le Post, la « marraine » de Jean Sarkozy en politique, Isabelle Balkany, qui est vice-présidente du conseil général des Hauts-de-Seine, contre-attaque. Elle accuse la gauche de « monter une polémique par semaine ». « Après Mitterrand, au tour de Jean Sarkozy! », s’emporte-t-elle. Elle tacle sévèrement l’auteur de la pétition sur Internet. Et assure que Nicolas Sarkozy n’est pas gêné par cette affaire car « il a d’autres choses à penser ».

    Jean Sarkozy a reconnu avoir discuté de l’Epad avec son père, et l’a tenu au courant de son intitative. Savez-vous ce qu’ils se sont dit?
    « Le chef de l’Etat ne se préoccupe de ce sujet. Il a d’autres choses à penser et à traîter. Notamment l’annonce de la réforme du lycée ce mardi matin… »

    Nicolas Sarkozy n’est pas un peu gêné par l’ampleur de la polémique autour de son fils?
    « Gêné? Mais gêné par quoi? Que son fils, qui a déjà été élu au suffrage universel, soit de nouveau élu? Ce n’est pas une nomination, c’est une élection. Il n’y a pas de rémunérations, pas d’avantages en nature… Par contre, il il y a beaucoup de travail. »

    Le chef de l’Etat pourrait quand même être un petit peu gêné qu’on le suspecte de favoriser l’ascension de son fils…
    « Mais arrêtons avec cette histoire! Je le repète: ce n’est pas quelque chose que l’on donne à Jean Sarkozy puisqu’il va être élu! Qu’est-ce que vous voulez? Qu’il s’exile? Je ne comprends pas et je ne vois pas pourquoi il y aurait une polémique. Et je ne vois pas en quoi Jean Sarkozy serait illégitime. C’est un élu parmi les élus. »

    Pensez-vous qu’à travers cette polémique, l’opposition essaie d’atteindre le président de la République?
    « Bien sûr! Les adversaires de Nicolas Sarkozy veulent le toucher à travers cette histoire. Comme la gauche n’a pas d’arguments, elle monte une polémique par semaine… Après Mitterrand, au tour de Jean Sarkozy! Cette manière de monter des polémiques n’est pas l’image de la France que je préfère… Pourtant, de notre côté, on ne s’en prend pas à Martine Aubry qui est la fille de Jacques Delors! [Le porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre a pourtant avancé cet argument dès lundi, ndlr] »

    Lundi, on a vu Frédéric Lefebvre, Xavier Bertrand et d’autres ténors de l’UMP monter au créneau pour défendre Jean Sarkozy. L’Elysée a-t-il donné des instructions?
    « N’importe quoi! Je n’ai pas besoin d’instruction de l’Elysée ou de qui que ce soit pour défendre Jean Sarkozy. D’ailleurs, il n’y a même pas besoin de le défendre puisque il a été élu parmi les élus. »

    Jean Sarkozy se soucie-t-il de la pétition lancée par Christophe Grébert, qui prend de l’ampleur de jour en jour?
    « Attendez, il faut remettre les choses à leur place. Christophe Grébert est un journaliste raté qui a fait quelques piges, avant de faire une fixation sur Puteaux et La Défense. Il faut arrêter de donner de l’importance à Grébert qui ne représente que lui-même. Cela fait quatre ans qu’il monte des blogs contre Joëlle Ceccaldi-Raynaud, l’actuelle maire UMP de Puteaux. Cela n’a servi à rien puisqu’elle a été élue maire de la ville en 2008. Il faut donc relativiser l’importance d’Internet… »

    Justement, que pensez-vous de la mobilisation sur le Web contre la candidature de Jean Sarkozy à l’Epad?
    « Mais il n’y a pas de mobilisation sur le Web contre Jean Sarkozy! Les gens qui critiquent sont par nature des opposants. Vous savez, il y a 50% de gens qui sont contre nous donc c’est normal qu’on les retrouve sur Internet, même s’ils sont surreprésentés. Après, il y a ceux qui bossent et qui ont quelque chose à faire et les autres, qui commentent… Nous, on bosse. Je ne nie pas l’intérêt et l’impact du Web mais il ne faut pas non plus transformer ce média en juge suprême contre le pouvoir. Christophe Grébert en est l’illustration suprême. »

  • rounet

    Tout est dit

  • rounet

    hummmmm élu parmi les élus: ça pète non.

  • Mike D

    Le « les copains d’abord » c’est ni de gauche ni de droite, c’est du pouvoir.

    Y’a qu’à voir la valse des grands patrons nommés par décret !

  • Tournelèche

    Isabelle Balkany comme caution morale on pouvait pas rêver mieux ! Elle qui a plus de casseroles au cul qu’il n’y en a dans la cuisine collective d’une caserne de l’armée de terre chinoise !! Etre défendue par elle c’est la pire des condamnations morales. Y a qu’à la laisser dire…

  • Frédéric

    En réaction à la polémique, Sarkozy a dit, en rappelant la création du lycée en 1802 : «Cela voulait dire: désormais, ce qui compte en France pour réussir, ce n’est plus d’être bien né, c’est d’avoir travaillé dur et d’avoir fait la preuve par ses études de sa valeur.»

    voilà qui clarifie les choses

  • germaine souyon

    Faudrais avoir l’opignon d’un psy a propos du sarko quand il dit que ce qui compte en france pour reussir etc : ce mec au moment qu’il dit ça il y croit vraiment ou il se fou de notre gueule ? il est sckizo ou sinique ? c’est un con où un salop ?

  • Françoise Moyenne

    @germaine souyon :
    l’opignon ou l’oignon ou l’opinion ?

  • germaine souyon

    Oh! francoise,tu devrai aprendre l’ortographe, sa la fou male de pas savoir ecrire opignion.

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