président sarkozySouvenez-vous : depuis la prise de pouvoir de Nicolas Sarkozy à la tête de l’UMP en 2004, il était devenu courant de dire que la droite française avait réussi à structurer une vision cohérente de la société, une approche globale de ses problèmes, bref, une idéologie et un discours adaptés aux temps modernes. De son côté, la gauche, archaïquement engluée dans ses éternels débats entre sociaux-démocrates et sociaux-communistes, s’était progressivement décrédibilisée et coupée du peuple.

Il est vrai que, depuis 1983 et le tournant de la rigueur, le PS n’a jamais réussi à affirmer un projet de société clairement formulé, argumenté et assumé. Mais que dire de la situation actuelle de l’UMP ?

Nous évoquions dans un précédent article les nombreuses contradictions de la politique sarkoziste. Si ces contradictions sont probablement en partie collatérales d’une manière de gouverner, elles sont également le signe d’une perte de repères assez profonde.

trader bourseL’émergence durable et admise par tous de deux crises majeures du système libéral actuel (crise de la surabondance du crédit induisant une crise économique à court terme, et crise environnementale laissant présager de nombreuses catastrophes écologiques, humaines et sociétales à long terme) interroge évidemment sur la place de la puissance publique dans la régulation des systèmes économiques et des comportements collectifs.

Le politicien UMP se pose aussi forcément des questions. Que faire ? Relancer la consommation ou aider les entreprises à se moderniser et investir ? Oui, mais avec quel argent ? Continuer à faire maigrir l’Etat et ainsi poursuivre son spectaculaire recul dans la structuration et le fonctionnement des territoires (en témoignent les fermetures de tribunaux, d’hôpitaux, la délégation de la gestion des routes aux départements, les baisses de moyens et d’effectifs dans les secteurs de l’éducation et de la santé, et les nombreuses libéralisations : chemin de fer, Poste et télécoms, énergie…) ? Reste alors une question angoissante : comment réguler un système en crise quand on se prive chaque jour davantage de ses leviers d’actions et que l’on a, avec l’Europe, l’obsession de la maîtrise des déficits publics ?

fillon discoursLa réponse du gouvernement (1) est significative : face aux multiples (et légitimes) protestations catégorielles, face aux mouvements de la rue, face aux grèves et aux manifestations, on entend les mêmes formules : « le gouvernement ne va pas reculer devant la rue, il faut moderniser le pays, nous allons poursuivre le rythme des réformes, blablabla… ». Mais réformer pourquoi ? Pour aller où ? Pour répondre à quelles questions soulevées par les crises actuelles ?

Face à ce vide intellectuel et idéologique, il est évident que le PS a aujourd’hui un boulevard devant lui. Le contexte économique, politique, écologique et social est propice à sa vision du monde, la droite est perdue… en plus de ça, Obama lui mâche le travail ! Alors, que demander de plus ?

Frédéric

(1) Ne parlons pas du plan de relance, qui n’est qu’une compilation d’engagements budgétaires déjà connus, et le remboursement de dettes de l’Etat auprès des collectivités locales.

 
  • Marie-Delphine de Kergoat

    On a déjà eu la loi TEPA pour les pas-trop-pauvres, alors pas besoin d’un plan de relance ! On s’occupe toujours des pauvres comme s’il n’y avait qu’eux ! Après tout il suffit de vouloir travailler et ne pas se laisser aller à la paresse, c’est pourtant simple. Et puis enfin il faut arrêter de cacher la vérité au peuple : les pauvres ne se rendent pas compte, finalement, de leur chance. Ils mènent une vie insouciante au jour le jour, assurés, si on est satisfait d’eux, de recevoir leurs gages à la fin du mois. Ils nous croient heureux mais s’ils savaient tous les soucis que donne la gestion du patrimoine, le coût exorbitant des charges etc. ils nous envieraient moins et seraient immédiatement d’accord avec nous qu’ils sont mieux à leur place qu’à la nôtre. C’est ce que dit toujours papa : pauvres, avant de vous laisser manipuler par des infiltrés communistes sans scrupules, réfléchissez !

  • Chen Du

    Je me demande ce que ferai le PS s’il venait à prendre le pouvoir. On a vu les 35 heures, merci madame Aubry. Facile de donner des leçons quand on a pas les mains dans le cambouis.

  • Coucou

    Le plan de relance est une belle arnaque ! MAIS que fait Julien Courbet ?

  • François

    Dans le bâtiment, le plan de relance n’est pas une arnaque, il y a de véritables mesures. Le problème est plutôt dans le temps de leur mise en route (inertie du secteur).

    Bien sûr, certains fonds ne sont en fait qu’une accélération de crédits déjà budgétisés pour les années suivantes et alors ? Faut-il pour autant dire que c’est de l’arnaque? Je ne pense pas, des entreprises ont un besoin vital d’avoir des marchés maintenant, pas dans deux ans.

    Et d’autre part, il y a bien des moyens nouveaux dégagés dans certains cas (voir le projet de loi de finances rectificative pour 2009).

    J’ai envie de dire heureusement que le gouvernement a adapté son discours et ses choix de politique générale (déficit public…) pour répondre à la crise. Au-delà des principes économiques et idéologiques il y a aussi et surtout la réalité et donc l’action.

    En d’autres termes, il est difficile de lire « l’idéologie » du gouvernement en ce moment !

  • Lise57

    Bien analysé, Sarkoko et son équipe sont en plein chou fleur
    « toque à mon cul, ma tête répond plus ! »

  • David

    le plan de relance est bien « une compilation d’engagements budgétaires déjà connus, et le remboursement de dettes de l’Etat auprès des collectivités locales ».
    le présenter comme un projet de long terme est une duperie totale, même si certaines mesures vont évidemment permettre à des chantiers ou des projets de se concrétiser. c’est donc au mieux une rustine, et au pire une astuce que le Gouvernement a trouvée pour honorer ses engagements vis-à-vis des autres acteurs économiques (manquerait plus que ça !).

    les problèmes de fond sont ailleurs :

    1/ quel est le cap politique ? on dénonce cette absence depuis longtemps sur le blog (http://www.programme-presidentiel.com/2006/12/29/david/).

    2/ comment concilier toutes les contradictions de ce Gouvernement ? l’autre soir, le Chef de l’Etat a fait très fort au sujet de la taxe professionnelle. passons sur les erreurs de chiffres, l’impréparation manifeste et les décisions unilatérales…
    sur le fond, comment justifier le désengagement de l’Etat que l’on connaît depuis 30 ans (et donc la délégation de compétences correspondante aux collectivités locales, sans les transferts budgétaires qui doivent aller avec), avec la suppression des principales ressources des collectivités locales (et demain, dès 2010, en plus !) ?
    ça rappelle l’audiovisuel public : « on vous coupe les vivres du jour au lendemain, et faites mieux avec moins »…

    non, N. Sarkozy bouge beaucoup, mais pourquoi ? quel sens pour ses sacro-saintes « réformes » ?

    souvenez-vous, « Nicolas le prestidigitateur » :
    - http://www.programme-presidentiel.com/2008/01/16/nicolas-le-prestidigitateur-1-travailler-plus-pour-gagner-plus-taa-daaa/
    - http://www.programme-presidentiel.com/2008/10/07/nicolas-le-prestidigitateur-2-une-france-de-proprietaires-taa-daaa/

    « hop, hop, tu l’as vu ? tu l’vois plus, et pousse-toi de là que je t’enfume… »

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