Qui sont les bobos, mon voisin est-il un bobo, comment reconnaît-on un bobo, suis-je moi-même un bobo ? Profondes questions existentielles…
Ne revenons pas sur la définition du bobo parisien, tout a déjà été dit ici => CLICK HERE.
Intéressons-nous plutôt aux subtiles variantes du bobo originel.

Le bobio. La version extrême du bobo. Le bobio a adopté un régime alimentaire cohérent avec ses idées : légumes du jardin, tofu, céréales et lait de soja. Lors des réunions hebdomadaires de bobios, il mange du pâté végétarien et des petits fours aux graines. Ça se coince parfois entre les dents, mais c’est excellent pour le transit. Bon, les graines ne sont pas de saison (elles viennent direct du Venezuela en Boeing), mais c’est quand même du commerce équitable.

Le bobo’vincial (ou bobo de province). Régulièrement accusé de vouloir « péter plus haut que le parigot », le bobo’vincial veut démontrer qu’il n’a rien à envier à son grand frère parisien. Du coup, il pédale ostensiblement sur son vélo urbain en libre service, la serviette en cuir posée dans le panier de devant. Malheureusement, le bobo’vincial a souvent des problèmes pour connecter son PowerBook au wifi (pas encore de haut débit en province, ben oui…).

Le bobo rural. Ancien bobo urbain, il s’est exilé à la campagne pour vivre « comme les bouseux ». Il a mis un panneau solaire sur le toit de son pavillon, acheté de vieux meubles à la brocante du village, et se fait livrer chaque semaine un sac de légumes produits par le paysan du coin. Mais il roule à l’essence, est toujours abonné au Nouvel Obs, et surfe sur le web (en 512k, hé oui…) avec son Mac. Comme quoi, la couche de vernis n’est pas bien épaisse.

Le bobeauf. Michel a trouvé le moyen d’épater les voisins : après tout, pourquoi il serait pas un bobo, lui aussi ? Désormais il achète les plats préparés bio de chez Carrefour. Quand il regarde le match de Ligue 1 le samedi à la télé, il étend les jambes et pose ses nouvelles sandales équitables sur la table basse. Ce qui est pratique, c’est que sa Super 5 de 1987 est déjà la voiture du parfait bobo. Dommage qu’il ait laissé la moumoutte sur le volant et le petit sapin puant qui pend du rétro.

Fred

 
  • Félix

    Ne pas oublier le bobo’rigot, le plus beau, le plus nombreux, le plus con des bobos parce qu’en plus il est persuadé qu’il en est pas un et que sa supériorité de mec qui fréquente les bons endroits et les gens qu’il faut lui donne le droit de ricaner de ses semblables. Le bobo’rigot connaît la belle-soeur du voisin de Jean Dulac, dircab du Secrétaire d’Etat à la Marine ; a croisé dans la rue Juliette Gréco au bras de Jacques Chazot (d’accord c’était pas hier) ; bu un demi à trois tables de Nikos Aliagas ; échangé quelques profondes banalités avec le chauffeur d’Arthur sur le marché de Juan-les-Pins. A part ça il cherche à revendre son 4×4 mais a d’excellents tuyaux boursiers qu’il a surpris dans une conversation entre deux huiles en smok au vernissage de l’expo de sculptures en carton d’Ophélie Winter.

  • Pierre

    Felix
    cette définition du Bobo’rigot est excellente. Peut on ajouter egalement sa participation active aux vendanges de Montmartre ?

  • Bobby

    Ne pas oublier le bobo qui se croit obligé d’aller bruncher le dimanche midi, après s’être pris une cuite avec ses amis bobos la veille.

  • Emilie Ronnet

    Bonjour,
    @ Fred, j’ai une question simple ; je suis sur Paris ce WE et mon ami qui m’héberge m’intrigue un peu.

    Voici ces caractéristiques :
    il revient a l’instant du marché et il a acheté un poulet fermier, l’Equipe et souhaitait aussi acheter une salade bio.

    Sachant que cet ami
    - a un Ipod,
    - va 3 fois par semaine au MK2,
    - aime parler en mal des bobos,
    - snobe le Velib car c’est un système privé et financé par la pub,
    - a une mallette en cuir de vachette bio,
    - achète ses meubles a la Camif,
    - passe ses vacances à Cuba..

    Est-il un bobo-refoulé ?

    Merci
    Emilie Ronnet

  • Franz

    Tous les avis, tous les commentaires des uns et des autre contribuent à définir le concept de bobo, concept évolutif et protéiforme.

    L’article a le mérite d’envisager une classification, c’est très (trop ?) ambitieux mais ce sera nécessaire car sinon, le boboisme risque de ne pas survivre à son omniprésence inddéfinissable.

    il sera victime d’un rejet du à l’impossibilité de s’identifer par rapport au concept: qui est « in » et qui est « out »

  • Kikomulis

    Sois prudente, Emilie, Paris est bourré de bobos ! Le reste c’est du provincial délocalisé qui veut faire oublier son cul terreux et la glaise qu’il traîne sous ses galoches. Quant à ton ami, le tout est de savoir dans quelles boutiques il achète et combien il paie ses tenues chiquement négligées !

  • Francis

    je soupçonne mon voisin d’être un bobo refoulé. La nuit venue il enfile un tee shirt en coton équitable et sort le lait de soja de dessous l’évier. Il fait certainement pousser en douce des têtes de radis et des poireaux derrière sa maison. Petit salopard.

  • Docteur Hervé

    ma chere emilie, le diagnostic est malheureusement clair : ton ami fait partie des bobos honteux.

    ceux de la pire espece, descendant en droite ligne du judas biblique : il se vautre et se complait dans la denonciation de ce qu’il est incapable de gommer chez lui !

    a cet egard, le sac en peau de zebu est symptomatique : ca le demarque, sans qu’il donne pour autant l’air d’y toucher. signes exterieurs de je-m’en-foutisme, pour mieux masquer une aspiration profonde a « en etre ». en somme, ton ami cherche sournoisement le regrard approbateur de « ceux qui savent decoder son comportement ».

    la recherche de l »entre-soi », finalement, mais tout en tenant un discours diametralement oppose

    c’est moche…

  • Sigmund F.

    Si vous voulez, petite Emilie, y voir vraiment clair (j’insiste sur le « vraiment », vous me comprenez ?) il me paraît alors indispensable que vous allongiez sur ce divan et que vous me disiez tout, mais alors ce qui s’appelle tout ! Sans rien cacher de vos goûts les plus secrets, sans rien omettre de vos désirs les plus inavoués, sans rien édulcorer de vos fantasmes les plus honteux.
    Ainsi par exemple, et tant pis si la question vous paraît scandaleusement indiscrète, cuisez-vous vous-même votre pain ou l’achetez-vous sous plastique chez Ed ? Préférez-vous le pot-au-feu ou les chaussures à talon ? Avez-vous un chien à poil court ? Buvez-vous du thé tibétain ou du gin-pelforth ? Etes-vous sensible à la blondeur bouclée et aux tatouages sataniques de Gourcuff ?
    J’aurai d’autres questions à vous poser mais je vais d’abord aller me rouler une cigarette au ginseng de Tasmanie.

  • Julien Vacker

    ce blog est vraiment un repaire de bouffeurs de soja

  • Frédéric

    Hier soir, j’étais au comptoir d’un bar, à Bastille (Paris). Je tourne la tête à gauche, et qu’est ce que je vois ? Le parfait bobo : 35 ans, cheveux courts, lunettes à montures noires épaisses, écharpe. Evidemment, il commande un verre de chardonnay. C’était tellement évident que j’ai ricané intérieurement

  • http://parispizzeria.fr/?p=100 Pizza Clip (quartier Place Gambetta) « Paris Pizzeria

    [...] Clip, vous remarquerez qu’il y a de tout : des retraités, des célibataires, des familles, des bobos parisiens… On ne sort pas émerveillé de Pizza Clip : on sort en ayant très bien mangé et en ayant [...]

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