Christian Prudhomme, Directeur du Tour de France, a dévolé hier au Palais des Congrès le parcours du Tour de France 2009, parcours qui respecte les grands équilibres mais qui comporte aussi beaucoup de particularités, dont certaines méritent qu’on s’y arrête.

 

Le grand départ de Monaco

Ca, on le savait déjà. Un départ d’une ville du sud c’est assez rare car cela impose des difficultés pour enchaîner les massifs de montagne et pour éviter d’être dans les Alpes après deux jours de courses. Le Tour 2009 choisit fort logiquement de filer vers les Pyrénées. Dans la Principauté de Monaco, ce sera non pas un prologue mais un véritable contre-la-montre de 15 kilomètres. Avis aux amateurs qui auront là l’occasion de creuser un peu les écarts et s’assurer la tunique jaune pour quelques étapes, peut-être… En tout cas, les images s’annoncent magnifiques.

Une incursion en Espagne

Le Tour passera en Espagne, avec un départ à Gérone précisément. Pour rappel, Gérone a été pendant longtemps la ville de résidence d’un certain.. Lance Armstrong. L’arrivée de cette étape, à Barcelone, sera jugée sur les hauteurs de Montjuich.

Seulement 55 kilomètres de contre-la-montre individuel

C’est un élément clé, sachant que les plus grands vainqueurs de Tour (Anquetil, Hinault, Indurain, Armstrong ; Je ne parlerai pas de Merckx qui pouvait gagner partout.) étaient des « bêtes à rouler » et on souvent assis leur domination sur l’exercice en solitaire. Des coureurs comme Andy Schleck ou Carlos Sastre, plutôt grimpeurs, devraient être contents.

Le retour du contre-la-montre par équipes

Montpellier accueillera l’une des plus esthétiques disciplines à vélo, le contre-la-montre par équipes. Sur 38 kilomètres, ces dernières s’affronteront sur un parcours plat avec une prise en compte du temps réel (sans barème) alors attention aux écarts pour certains leaders mal entourés même si la distance reste raisonnable.

 

Pyrénées et Alpes, classique…

Sur ce Tour de France, les étapes de haute montagne passeront par des cols connus du Tour de France (Envalira, Tourmalet, grand et petit Saint-Bernard, Cormet de Roselend, Colombière) mais on note l’absence des plus grands noms. En revanche, il y aura trois arrivées en altitude : Andorre-Arcalis (souvenez-vous de la démonstration de Jan Ullrich en 1997), à 2240 mètres d’altitude, au Grand Bornand (5 cols dans la journée), et le fameux Mont Ventoux…

Le Mont Ventoux 24 heures avant l’arrivée

Là c’est la véritable surprise du chef. Le Ventoux, avec son décor lunaire après Châlet Reynard, c’est vraiment difficile : le Tour passe par Bédoin et là, c’est 21,5 km difficiles, souvent avec une chaleur écrasante et à l’approche de l’arrivée, du froid et un vent qui glace les os.

Grâce au TGV, le Ventoux est cette année présenté comme juge de paix de l’édition 2009 du Tour, la veille de l’arrivée aux Champs-Elysées. Espérons qu’il tiendra ses promesses !

François

 
  • Schumacher

    C’est franchement très bien de bouleverser le ronron des parcours balisés, enfin on risque des surprises et de sacrés retournements de situation. L’intérêt sera évidemment plus grand que de se roter les sempiternelles courses de sprinters au début, les raids de dopés ensuite dans la montagne et les randos touristiques la troisième semaine. Il faudra sûrement aller encore plus loin dans l’inventivité mais c’est un bon début. Et puis si ça peut faire renoncer les polichinelles médiatiques genre Armstrong, c’est encore mieux.

  • Amstrong

    Ce serait rigolo que Amstrong meurt au même endroit que le rosbeef en montant le Ventoux cet été…. un cachet de trop, une température trop forte.. et hop … une tombe de plus !
    Merci Prudhomme….

  • Piepoli

    Oui, mais Tom Simpson était sympathique, lui.

  • Maxime

    Moi je vois bien Cancellara éclater tout le monde à Monaco et après, Andy Schleck mettre tout le monde d’accord à Arcalis

    Allez Andy, le Luxembourg est avec toi !!!

  • Paul

    C’est quoi la prise en compte du temps réel? (s’agissant du clm par équipes)

  • François

    @ Paul
    Le temps réel c’est le temps, et donc l’écart, constaté sur la ligne , normal.

    Sauf qu’avant, il y avait un système de barèmes avec des écarts plafonnés pour ne pas désavantager les équipes nulles en clm. Ainsi, il ne pouvait par exemple y avoir plus de 6′ entre le premier et le dernier.

    Pourquoi ? Parce que ça aurait pu éliminer de potentiels vainqueurs dès la première semaine de course. exemple: l’équipe Café de Colombie de Lucho Herrera aurait pu, dans les années 80, prendre 10 minutes dans la vue avec bêtes à rouler comme il y avait chez les Renault-Gitane de Bernard Hinault par exemple.

    Sur le principe, c’est peut-être contestable car un vainqueur de grands tours doit être complet mais bon, c’est aussi une prise en compte réelle du cyclisme qui est un mélange entre sport individuel et sport collectif et où le meilleur en performance pure n’est pas toujours le vainqueur, loin de là.

    Quoiqu’il en soit, pour 2009, ça ne pose pas de problème fondamental car le clm par équipes est relativement court (35km) et les écarts ne devraient donc pas être extraordinaires (même si, qui sait…)

  • Paul

    Merci beaucoup François pour cette réponse. J’ignorais complètement tout cela.
    Comme tu me sembles être un spécialiste et que je suis pour ma part un emmerdeur, j’aurais bien une autre question:
    Le temps d’arrivée de chaque coureur est-il celui de son équipe (il me semble que c’était le trois ou quatrième à franchir la ligne à une époque) ou son propre temps de passage?
    Et puis une autre tiens! As-tu le souvenir d’un coureur essayant de larguer un coéquipier mais néanmoins rival dans un clm par équipe?

  • David Graziani

    Mon favori cette année c’est Andy Schleck. Il progresse, il a la classe, il a réglé tout le monde à Liège Bastogne Liège… J’espère qu’il va gagner car ce serait un superbe champion. Contador aussi est un beau champion, mais trop de doutes pèsent sur son intégrité par rapport au dopage…

blog comments powered by Disqus