Comme en témoignent les résultats médiocres de ses clubs dans les compétitions européennes et la dérive de son équipe nationale, le foot français a les jambes malades. Mais tout ne viendrait-t-il pas de la tête ou des têtes de cet énorme hydrocéphale ronronnant ?
Le Fédération et la Ligue de foot, aidées de ses bras armés ont en effet cumulé ces derniers temps les bévues et démonstrations manifestes d’incompétence. Deux événements ont particulièrement marqué l’actualité.
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La Commission de discipline ou le curseur vacillant de la morale.
Il y eut d’abord l’affaire Kébé, ce joueur noir du Sporting club de Bastia victime d’insultes racistes, suivie de la fameuse banderole déployée dans les tribunes du Stade de France à l’occasion de la dernière finale de la Coupe de la Ligue, injuriant cette fois la communauté Ch’tie. La commission de discipline de la Ligue, autrefois exclusivement chargée de régler les différends sportifs (et composée pour cette raison d’anciens acteurs du foot, et non de juristes), choisit dans les deux cas de punir le club dont les auteurs des méfaits sont supposés être des supporters.
Lorsque dans l’intervalle, J.M Furlan, entraîneur du Racing Club de Strasbourg inonde de propos xénophobes le joueur italien de l’Olympique Lyonnais Fabio Grosso, la commission, opte cette fois pour le non-lieu.
Le racisme serait donc plus condamnable que la xénophobie et le peuple du Nord plus sensible que celui d’Italie ? Les nuances de la morale et surtout sa qualification semblent échapper aux éminences de la Ligue, relayées par celles de la Fédération. L’affaire est ennuyeuse mais part d’un bon sentiment. Seulement voilà, au-delà de se tromper dans la qualification de l’acte fautif, la commission s’est également trompée de coupable. C’est en tout cas ce qu’affirme un jugement en recours contentieux déposé par le Paris-Saint-Germain devant le Tribunal administratif, disposant que seuls les auteurs physiques du message sur la banderole devaient être tenus pour responsables. A cette occasion, les instances du foot représentées notamment par Gervais Martel commettront l’incroyable incivilité de contester dans la presse la décision d’un Tribunal souverain et républicain. L’incompétence et la bêtise n’ont fait que croître dans cette affaire, jusqu’à la honte.
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Le Conseil Fédéral au secours de lui-même
La campagne catastrophique de l’Equipe de France lors du dernier championnat d’Europe n’aura donc débouché sur aucun changement. La fédération nous a bien endormis, et à notre réveil, on a l’impression d’être encore en plein rêve.
Le rapport du Conseil fédéral faisant suite à la débâcle suisse et rendu public par voix de presse nous enseigne en premier lieu que les dés étaient pipés et que le statu quo devait fatalement sortir vainqueur de ce simulacre de débat afin que chaque membre constituant ce conseil conserve ou renforce sa place. C’est ainsi notamment qu’aucun argument ne fut avancé en faveur du bilan du sélectionneur, mais que celui-ci fut néanmoins maintenu pour la seule raison que personne ne voulait de Didier Deschamps.
Ne nous étonnons pas cependant que ces représentants opulents de l’espèce humaine ne souhaitent pas céder leurs fauteuils moelleux. Il nous apparaît beaucoup plus grave qu’aucune analyse technique de l’échec ne fût entreprise. Seule personne capable dans ce domaine, Gérard Houiller s’étouffa de mauvaise foi et osa même proposer une apologie du jeu des bleus.
Dix années seulement auront ainsi suffit au foot français pour passer de l’Olympe au souterrain. L’incapacité, la bêtise et l’absence totale de remise en question de ses dirigeants devraient maintenant l’aider à creuser son tunnel jusqu’au centre de la terre.
Matthieu

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comme tu dis, tout ça « commence » à prendre un tour sérieusement écoeurant, voire anti-sportif.
cela dit, ces critiques sont valables pour d’autres championnats, ma petite préférence allant aux Anglais qui sont en plus en train de fausser toutes les cartes (déjà passablement truquées en matière de foot pro) avec la valse des rachats de clubs, à grands renforts de capitaux semi-douteux…
La FFF a d’énormes responsabiltiés qui ne peuvent être gérées que par des hommes et des femmes responsables et surtout, sages.
La continuité est gage de stabilité, donc de performance. Sachez-le.
Raymond Domenech est victime d’une campagne de dénigrement de la part du journal l’Equipe, voilà pourquoi il sera soutenu contre vents et marées, Domenech est un fin technicien qui a toute la confiance des instances dirigeantes.
Vous verrez, il va nous gagner la Coupe du Monde.
L’article me paraît un peu confus et ambigu, excusez-moi, mais il est clair que les instances dirigeantes du foot français sont exactement aussi dignes de confiance que le CIO ou tout organisme qui décide dans le sport en manipulant des sommes faramineuses ! Alors, à côté de ça, le choix de Domenech ou les décisions disciplinaires ne sont que des épiphénomènes qui occultent l’essentiel : ce n’est plus la peine de chercher vérité et justice dans le foot, tout ce qui compte c’est le fric et les fromages bien juteux. Le sport, on laisse ça aux amateurs (dans les deux sens du terme), aux gogos et aux supporters, c’est-à-dire à la foule des imbéciles tout juste bons à sortir les sous et gober les mauvais matches.
@ Guy R.
Je ne suis pas sûr que l’âge vous rende plus sage… votre commentaire dénonce le manque de clarté de l’article, pour finir par une explication très vague et générale : tous les problèmes viennent du fric ! Ah ben avec ça…
Je pense que, dans l’affaire Domenech, 2 facteurs d’explication sont essentiels :
1. la volonté de garder coûte que coûte le pouvoir, ce qui conduit les cadres de la FFF à pénaliser le fonctionnement de l’équipe de france et, accessoirement, à se couvrir de ridicule.
2. Le recul sensible du niveau des joueurs français : combien désormais sont titulaires indiscutables dans les grands clubs ? combien apparaissent ces dernières années dans le classement des prétendants au ballon d’or ? L’époque dorée de 1998 est loin désormais, faut se faire une raison
@Fred
Absolument pas d’accord avec toi Fred.
Garder Domenech était la meilleure solution, la solution la plus durable.
Le long terme, la fiabilité, l’efficacité de cet homme sont des gages de succès futurs.
Vive Raimondo !
QUAND JE LIS CELA DANS LA PRESSE FRANCAISE.. JE ME DIS QUE LE NIVEAU EST SURCOTE !
En marge de la présentation des comptes annuels d’OL Groupe, Jean-Michel Aulas a révélé, mardi, le montant de la clause de sortie du contrat de Karim Benzema. Elle se situe à 100 millions d’euros. Benzema a paraphé au printemps dernier une prolongation de contrat jusqu’en 2013. Ce n’est pas le contrat à proprement parler qui comporte cette clause mais un accord sous seign privé. 100 millions d’euros, c’est 25% de plus que le transfert le plus cher de l’histoire du football, les 75 millions de Zidane en 2001 pour passer de la Juventus au Real Madrid.
Non mais franchement vous ne croyez pas que vous montrez les choses à l’envers ? Qui peut encore croire que les enjeux de pouvoir à la FFF ou à la Ligue sont sportifs ? Qui peut encore croire que la politique des clubs et de l’EDF vise uniquement à améliorer les résultats ? Il faut être bien naïf (et cela m’étonne de gens aussi avisés que vous) pour discutailler de Domenech quand Domenech, tout le monde s’en fout, ce n’est pas lui le problème !
Le problème c’est qu’il faut choisir : le « foot-sport de masse » ou le foot-buziness, les clubs-entreprises (c’est-à-dire cotés en Bourse) ou formateurs des corps et des esprits, les stades lieux publics ou propriété des clubs etc ? On vit dans une société où le fric, qu’on le veuille ou non, est le dieu suprême. Le foot manipule des centaines de millions d’euros et vous voudriez que les enjeux soient sportifs ?
Prenons le foot pour ce qu’il est : un beau spectacle souvent, mais c’est tout. Domenech, Deschamps ou Baup, ça ne change rien à la réalité : se passionner pour ça c’est faire comme l’autruche.
J’ai du mal à suivre ton raisonnement, Guy Roux. Pourquoi se focaliser sur la question de l’argent ? On sait bien que l’argent est partout, mais ça n’empêche pas certaines sélections nationales d’avoir une politique et des choix sportivement cohérents. C’est justement ce qu’on reproche à la FFF, de n’avoir aucune politique cohérente pour l’équipe de france, de vouloir se passer le pouvoir à l’intérieur de la DTN et de refuser la place à Deschamps parce que certains ronds de cuir risqueraient de perdre une parcelle de leur pouvoir. Le fric n’a rien à voir là dedans (en tout cas pas plus qu’ailleurs). Ce qui est sûr; c’est qu’Escalettes est le digne successeur de Simonet (« porcelet », grand amateur de Vosnes Romanée les soirs de défaite en Corée).
@ guy R
vous ne devez pas souvent regarder les matchs alors ou bien sans prendre de plaisir
mais peut-être vivez-vous dans une ville avec un club en cfa 1 ou 2 ?
là c’est du vrai sport alors non ?
le sport pro ça a quand même des bons côtés notamment pour le spectateur: athlètes hyper affutés, niveau technique et physique jamais atteints… le sport à pépé, sa buvette, a ses charmes mais le niveau était médiocre. aujourd’hui on a des F1 dans tous les sports !
Je suis d’accords avec Pascal Praud
Je crois que je me suis vraiment fait mal comprendre. J’essayais simplement de dire qu’en prenant le problème par le petit bout de la lorgnette on passe à côté de l’essentiel et je maintiens que Thiriez, Escalette, Domenenech ou Tartempion c’est du pareil au même. Tant que le foot français n’aura pas posé clairement sur la table les données du problème on continuera, comme aujourd’hui, avec des gens immobiles, figés, fossilisés dans la défense de leurs avantages et qui, selon le principe bien connu, reculent parce qu’ils n’avancent pas.
On veut que les clubs français soient performants ? Regardez ce qui se passe en Angleterre, en Italie, en Espagne. Est-ce qu’on veut la même chose ? des clubs qui appartiennent à des milliardaires et fonctionnent avec des centaines de millions d’euros ? Si oui alors allons-y, fonçons ! au lieu de nous perdre dans de faux problèmes de personnes.
On veut que l’EDF soit plus forte ? Alors il faut changer de système : les joueurs sont payés par les clubs, à prix d’or. Combien s’investissent à 120% dans l’équipe nationale ?
C’est un vrai problème de société, pas de personnes, ni même de politique fédérale. Il faut choisir : le foot à l’anglaise, à l’italienne etc. mais alors avec les structures et le fric qui vont avec, et sans hypocrisie : rentabilité financière, pouvoir médiatique, un vrai business sans état d’âme et sans faux-semblant.
Si c’est ça qu’on veut pas de problème, mais qu’on le dise franchement et qu’on cesse de nous vendre de ridicules dramaticules de personnes genre « c’est la faute à Domenech ou à la FFF ». ! Et qu’on cesse en même temps le choeur des pleureuses qui se lamentent sur la médiocrité des clubs et de l’équipe de France !
Vous avez vu le montant de la clause libératoire de Benzema ? 100 millions d’euros. Vous avez vu la somme que le Real est prêt à mettre pour acheter Cristiano Ronaldo ? 185 millions d’euros ? Vraiment ça ne vous fait pas réfléchir ??
Les millions sont un paramètre mais ne sont pas responsables de tout.
Je ne pense pas en effet que les millions aient une influence quelconque sur les choix sélections ratés de Raymond et sur le systèeme de jeu dépassés.
Steven Gerrard par ailleurs serait-il un moins bon joueur et aurait-il été incapable de battre l’OM à lui tout seul s’il était moins bien rémunéré?
L’argent pour finir a-t-il une influence sur sur l’orientation dépassée de favoriser en France les joueurs physiques, rapides ou « travailleur », alors que l’équipe d’Espagne a gagné l’Euro avec trois meneurs de poche?
A Popol
Je vois que sur un point au moins on est d’accord : quel est le club français qui, dans le système actuel, peut se payer un Steven Gerrard ? Ou un Ribéry, un Henry, un Anelka etc (on peut citer les 4/5 de l’EDF) ? La faute à Domenech ?
Alors, plutôt que de pleurnicher sur le niveau du foot français, soit on se donne les moyens juridiques et financiers de rivaliser avec les grandes nations du football, soit on décide de jouer des championnats de seconde zone. Tout le reste est littérature.