Dopage : les Jeux Olympiques de Pékin épargnés ?

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Nous avons quitté les Jeux Olympiques de Pékin plutôt confiants concernant la question du dopage: quelques cas détectés, des médaillés même, mais finalement rien de grave au regard du nombre de participants (204 délégations et 10 624 athlètes) et du nombre de contrôles effectués : 4 770 avec au moins 650 tests de détection de l’EPO (dans les urines) et 400 de détection de l’hormone de croissance.
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On peut raisonnablement en déduire que ces Jeux Olympiques de Pékin ont, au-delà de l’excellente organisation chinoise,  aussi été ceux de la lutte anti-dopage puisque d’après le CIO, il n’y a eu qu’une trentaine d’athlètes positifs et seulement 5 pendant la compétition ! Pou rappel les 5 lauréats sont: Maria Isabel Moreno (Espagne, cyclisme), Liudmyla Blonska (Ukraine, athlétisme), Igor Razoronov (Ukraine, haltérophilie), Jong Su Kim (Corée du Sud, tir) et Thi Ngan Thuong Do (Vietnam, gymnastique artistique). Il y a également eu quatre chevaux contrôlés positifs pendant la compétition mais, semble-t-il, ils ne rentrent pas dans le comptage officiel du CIO.Nostradamus Rogge

Jacques Rogge, Président du CIO, avait prédit avant les Jeux (interview du 26 juillet) entre 30 et 40 cas de dopage : de manière quasi scientifique, il a visé juste puisqu’un communiqué de presse du 24 août 2008 indique que « La tolérance zéro porte ses fruits : près de 40 tricheurs pris avant les Jeux et quatre pris par le CIO durant les Jeux […] « Un nombre record d’athlètes contrôlés, de nouveaux contrôles plus draconiens ». Félicitations au président du CIO pour cette justesse ! Comme dit le dicton « gouvernener c’est prévoir ».Quant à Hein Verbruggen, président du comité d’organisation des Jeux de Pékin et accessoirement ancien président de l’Union Cycliste Internationale (UCI), il pouvait prendre sa retraite du CIO l’esprit tranquille: ces Jeux ont été quand même sacrément propres..

La météo s’obscurcit…

Malheureusement, ce bilan de dopage fait à la clôture des Jeux doit aujourd’hui être révisé à la hausse. L’actualité revient en effet périodiquement nous jouer sa petite musique : il y a eu, évidemment, d’autres tricheurs aux Jeux. Ces cas n’ont pas eu, fin des jeux oblige, les honneurs des média qui sont passés à autre chose (bébé de Rachida Dati, come-back de Lance Armstrong, visite du Pape à Paris…). Pourtant, il y a des médaillés olympiques et des athlètes de premier ordre…

Il y a d’abord cet article du magasine américain Sports Illustrated” du 2 septembre nous dit que deux athlètes jamaïcaines se seraient dopées en 2006-2007 dont l’une, Dellorin Ellis-London, a participé aux Jeux; c’est ensuite Rufus, le cheval du Brésilien Pessoa (champion olympique 2004) qui est contrôlé positif à la nonivamide le 4 septembre; on apprend ensuite que deux lanceurs de marteau bélarusses, médaillés d’argent et de bronze à Pékin, sont testés positifs à la testostéronepuis le 5 septembre, on qu’un kayakiste polonais, Adam Seroczynski, a été contrôlé positif au clenbutérol pendant les Jeux et encore le 11 septembre, onze althérophiles sont suspendus à vie de leur fédération à la suite d’un contrôle positif juste avant les Jeux ; là, on a frôlé la catastrophe à Pékin !

N’en jetez plus !

Quels enseignements ?

D’abord, on comprend que la communication et les contrôles pendant les Jeux ne reflètent pas la réalité : un énorme ménage a été fait avant les Jeux. Mais quid de tous les pays où les fédérations sont faibles, sans moyens… Ce sont les zones à risques du dopage, trop peu contrôlées. C’est, en quelque sorte, le meilleur endroit pour se « préparer » et arriver blanc comme neige aux Jeux.

On constate aussi, bizarrement, qu’au Jeux de Pékin, aucun cas d’EPO de quatrième génération (CERA) n’a été détecté, contrairement au Tour de France (Ricco) qui venait jsute de se terminer. Trois manières d’interpréter cela : ou bien les tricheurs, voyant qu’elle était décelable, n’en ont pas pris ;ou bien les contrôles pékinois ne l’ont pas recherchée, ou bien enfin seuls les cyclistes se dopent à cela. Je vous laisse choisir.

On peut également faire un constat, qui fait réfléchir : les Jeux de Pékin ont été le théâtre de nombreux nouveaux records (natation et athlétisme notamment) et jamais il n’y a eu aussi peu de dopés. Logique ?

Enfin, sans vouloir polémiquer, on peut aussi quand même légitimement s’interroger sur le pays hôte : sachant que le laboratoire chargé de faire les tests, bien que répondant aux standards imposés par le CIO, est un laboratoire…chinois, que ce pays qui n’est tout de même pas la référence en matière de transparence, l’avalanche de médailles chinoises prête légitimement à interrogations. Les chinois ont-ils triché ?.

Le gourdin plane, les média dorment

La grande nouveauté de la lutte antidopage c’est que désormais, les échantillons de sang et d’urine sont conservés pendant huit ans, ce qui permettra une recherche rétroactive. Bien sûr, certains athlètes se foutent pertinemment de l’opprobre postérieure tant que le gain immédiat est là (médaille, argent, contrats publicitaires…). Mais tout de même, ça vous ruine une réputation.

Mais le plus dramatique c’est la léthargie médiatique : des cas de dopage, parfois importants, sont régulièrement relayés par les agences de presse mais les grands média en font au mieux un article, au pire rien du tout. La lutte antidopage est donc cyclique, pendant le Tour de France et pendant les Jeux essentiellement ; le reste du temps, pas grand chose. Quant à la Coupe du Monde de football, à part l’impayable Maradona drogué à la cocaïne aux Etats-Unis, on sait qu’il n’y a pas de dopage à part celui récréatif (Lama et Barthez pour se relaxer, Mutu pour améliorer ses performances sexuelles…).

Au fait, Marion Jones, ex-quintuple championne olympique, est sortie vendredi 5 septembre de prison après 6 mois de détention pour parjure.

François

 

Comments

8 Responses to “Dopage : les Jeux Olympiques de Pékin épargnés ?”
  1. Zakary dit :

    Les chinois sont des tricheurs, comment comprendre sinon leur moisson de médailles alors qu’il y a moins de deux ans, la plupart étaient invisibles dans leurs sports !

    Foutage de gueule ces Jeux, et piétinement des valeurs de l’olympisme

  2. Courbis dit :

    Y en a encore des qui croient à la “pureté” des J.O. ? Faut être sévèrement dopé et complètement enfumé, piqué, anabolisé, amphétaminé pour montrer autant de naïveté…

  3. Kim dit :

    Faut cirer ces sales tricheurs de chinois. Ils méprisent toutes les règles, sont des égoïstes, sont susceptibles et arrogants et en plus crachent par terre !

  4. popol dit :

    C’est quoi ces raccourcis abjects. J’croyais que c’était ces putains de macaronis les tricheurs. J’espère que les responsables de ce blog vantant le dialogue et la démocratie auront la pertinence de réorienter cette série de commentaires. Quant à moi, je préfère de loin les chinois aux valeurs de l’olympisme si elles sont défendues par de tels abrutis. Et quant à Kim, j’aimerais voir les chinois lui cracher à la gueule plutôt que par terre.

  5. Kong dit :

    @Popol

    Félicitations ! Ca c’est du “dialogue” et de la “démocratie” ! Mais avec tous ces crachats ça va glisser partout pire que si c’était du verglas …

  6. Jim dit :

    @ popol et kim

    vous êtes d’une finesse efficace.

    Bravo, il faut ssavoir être clair dans la vie et quand on pense quelque chose, le dire franchement et l’assumer

    Moi, j’aime pas les espagnols, ils se dopent et après roulent des mécaniques

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  1. [...] consternant c’est qu’on découvre alors, par le biais d’une déclaraton du CIO, qu’aux Jeux Olympiques de Pékin, cette EPO n’a pas été recherchée ! Pourquoi [...]

  2. [...] L’Agence Mondiale Anti-dopage (AMA) travaille depuis longtemps sur le sujet et cela fait déjà couler beaucoup d’encre dans la presse hebdomadaire. Certains  scientifiques comme ce Lee Sweeney, ont d’ailleurs déjà des protocles prêts et sont persuadés qu’il y a eu du dopage génétique à Pékin (sujet que nous avions déjà traité sur ce blog). [...]



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