3 September 2010

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Comment maigrir: la terrible mode des régimes

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catwalk.jpg Des millions de jeunes filles luttent quotidiennement pour « avoir la ligne » et si possible, être la plus maigre possible. Cette course effrénée vers la minceur, parfois la maigreur, est inquiétante et a d’ailleurs déjà fait l’objet de plusieurs mouvements de protestation. On se souvient en 2006 de la polémique en Espagne et en Angleterre où les jeunes « top models » ne pesant pas un certain poids minimal étaient interdites de défilé.

Quels sont les standards de la mode ?

paris-hilton-bikini.jpg En 2006, ils étaient assez effrayants pour les mannequins de mode : le taquet était à 56 kilos pour 1,75 mètre, soit un Indice de Masse Corporelle (IMC) de 18, ce qui correspond à l’état de maigreur. Pour rappel, on bascule dans l’état famine à 15…
Les réactions avaient d’ailleurs été très marquées : satisfaction du côté des pouvoirs publics, qui s’inquiétaient de voir les jeunes filles enchainer régime sur régime pour ressembler à Kate Moss, Adriana Karembeu, Victoria Beckham ou encore Paris Hilton, chacune nue ne devant pas peser bien lourd…
Au contraire, le milieu de la mode, comme la directrice de l’agence de tops Elite, cria au scandale, invoquant la liberté des mannequins et du créateur d’autres invoquant carrément la discrimination : « ce serait la même chose qu’interdire quelqu’un parce qu’il est trop gros», protesta le président du conseil des créateurs de mode d’Amérique (CFDA).
Les professionnels de la grande distribution de fringues et d’habillement tels H&M, Gap, Pimkie, Promod… ne réagirent pas officiellement mais leur fond de commerce est évidemment alimenté par cette dictature de la mode et de la maigreur ; ils la soutiennent donc, indirectement, en n’utilisant que des modèles calibrés dans leurs catalogues et campagnes de publicité. En effet, la mode est un miroir et la maigreur signifie l’élégance dans l’inconscient collectif occidental, d’où un véritable danger pour les adolescentes

Des conséquences néfastes pour les jeunes filles

biba.jpg Les régimes et autres programmes ou conseils minceur pour maigrir et perdre des kilos rapidement sont devenus un véritable marché économique de plusieurs millions d’euros, relayés par les magazines de mode de la presse féminine ; de Elle à Vogue, en passant par Biba (qui a même son propre régime…), on ne compte plus, souvent à l’approche de l’été ou après les fêtes de fin d’année, les articles et solutions miracle garantissant des résultats de perte de poids en quelques semaines.

Le GROSGroupement de Réflexion sur l’Obésité et le Surpoids, essaye de faire de la pédagogie en recensant sur son site les grandes familles de régimes existants (et sérieux) mais c’est écoper une inondation de navire à la petit cuillère…

La réalité c’est que la santé, principalement des jeunes filles, est mise à l’épreuve, dans le mauvais sens du terme et que rares sont celles qui restent durablement minces car le régime fait appel à la volonté et est en contradiction totale avec notre mode de vie, notre société de consommation qui privilégient la nourriture grasse et sucrée.

 Le ministère de la santé s’alarme du danger des régimes mal appliqués, l’INPES communique sur comment bien manger et l’AFFSAPS tente d’alerter le grand public des risques d’utilisation de certains médicaments.

L’usine à désespoir

tristesse-femme-gothique.jpg L’erreur c’est que l’on s’adresse à des adultes alors que le pivot central de l’alimentation s’acquière durant toute la jeunesse, c’est un élément à part entière de l’éducation. Où l’on voit alors que le premier responsable n’est pas nécessairement celui qu’on croit; les industries ne faisant qu’exploiter des faiblesses de notre système. Le résultat est alors terrible: de jeunes adolescentes coincées entre un mode de vie dont elles ne peuvent se défaire et les standards de la mode vestimentaire qui leur imposent une maigreur inaccessible pour la très grande majorité. Cela s’appelle la fabrique du désespoir. Cela peut aller loin…

François
 

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About François
- Fonction : artisan de la maison de demain - Penchants politiques : penche à droite mais se découvre des sympathies écolo - Equipe préférée : le PSG, mais préfère ne pas en parler en ce moment

Comments

  1. Maxence (Sens) says:

    Et un exemple de plus de la société du diktat sournois dans laquelle on vit : soyez minces mais bouffez des Mars ! Quand l’éthique devient un mot grossier ou ringardisé, on tombe dans la schizophrénie, coincés entre des mots d’ordre consuméristes contadictoires : on s’en fout de ce que vous achetez, des trucs pour grossir, des trucs pour maigrir ! Du moment que vous achetez…

  2. Eric says:

    Quel est le poids minimum des jeunes femmes en Espagne ?

  3. Franco says:

    En voilà une question qu’elle est bizarre ! Mais faut une précision : avant ou après la paella ?

  4. Pierre says:

    @Franco
    c’est en lien avec l’article lui-même

  5. François says:

    @ Eric
    Un IMC supérieur à 18. Le poids doit toujours être rapporté à la taille sinon cela n’a pas de sens.
    Ex: pour une fille de 1m75, cela fait 56kg.
    L’OMS soutient cette démarche, pas les agences de mannequins certains estimant qu’avec une telle règle « 80% de nos mannequins ne pourront plus défiler » (Riccardo Gray, responsable d’une agence milanaise)

  6. Fabricia says:

    L’Assemblée Nationale s’est saisie de cette dramatique question de l’extrême maigreur et de l’anorexie.

    Espérons que la mode et le mileiu des fringues suivra, ce que dénonce fort justement cet article.

  7. E. Goussard says:

    il parait qu’en dessous de, mettons, 50 kilos, on a de sérieux problèmes !

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  1. [...] qui est recommandé lorsqu’on ne veut pas grossir. C’est en tout cas bien mieux que les régimes amaincissants qui perturbent l’équilibre alimentaire, et c’est bien plus convivial [...]

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