UMP : le bal des caniches
On entend régulièrement leurs grêles mais stridents aboiements. Parfois, ils s’expriment en meute. Les caniches de l’UMP suivent leur maître à la trace, l’œil aux aguets pour détecter le prochain changement d’humeur. Ils ont bien compris la règle du jeu : lécher les bottes, flatter. Approuver. Anticiper les demandes.
En effet, depuis que Nicolas Sarkozy a mis en pratique sa conception du pouvoir (je décide de tout sans concertation, je concentre toutes les attentions, je gouverne à l’instinct et gare à mes colères), comment exister quand on s’imagine un destin national et qu’on est à l’UMP ?
Difficile de contredire le chef, on risquerait le placard ou la disgrâce. Difficile aussi de faire son boulot de ministre, quand on apprend en regardant la télé le contenu de sa prochaine réforme (réforme de l’audiovisuel pour Christine Albanel, mémoire de la Shoah pour Xavier Darcos…).
Alors, faire la carpette ? Attention, le patron commence à grincer des dents quand il constate le manque de soutien de son propre camp face au « lynchage médiatique » dont il est victime.
Les caniches ont trouvé la solution : aboyer fort, et même très fort pour couvrir les aboiements du voisin.
L’appel à la vigilance républicaine lancé par Marianne, le 14 février (texte de 14 lignes rappelant un certain nombre principes républicains régulièrement piétinés par Sarko) ? Fillon parle d’attaques d’une « violence inouïe », « une attitude profondément antidémocratique ». La toujours très fine Nadine Morano parle d’un « appel pathétique » lancé par des « revanchards ». Un ton plus haut, Yves Jego dénonce un « terrorisme intellectuel malveillant », un « lynchage permanent ». Roger Karoutchi, grand historien, a lui « l’impression d’un vent de folie qui respire les années 30 avec ce que cela a de plus nauséabond ».
Réactions d’une violence totalement stupéfiante, face à un petit texte assez consensuel, signé par des personnalités politiques de premier plan (de droite et de gauche).
Autre épisode ce week end, après l’échange d’insultes entre Sarkozy et un quidam au Salon de l’Agriculture. Face à la réaction absolument pitoyable et indigne du président de la république, les larbins lubriques ont aussitôt dégainé. Michel Barnier a trouvé que Sarkozy « a répondu clairement, mais assez calmement ». Lionel Lucas dénonce l’acharnement des média et évoque le suicide de Bérégovoye. Roger Karoutchi, encore lui, déclare qu’il aurait probablement « mis une baffe » au quidam. Enfin, Raffarin, sans rire, explique que “c’est un dialogue privé, d’homme à homme, assez direct, assez viril“.
On a bien compris que tous ces politiciens quémandent un os, ce qui est humain. Mais ces courtisans participent à leur manière à la mise en place d’un pouvoir personnalisé et autoritaire, cette baronnie méprisante, agressive, vulgaire et irrespectueuse des institutions.
Fred

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cette bande de clébards est pitoyable. Mais remarquez qu’à gauche c’était la même histoire avec mitterrand.