Banlieues: un énième plan ?


Actualités

Bis repetita

fadela_amara1.jpg Fadela Amara, secrétaire d’Etat en charge de la politique de la Ville, a laissé entendre dans un entretien au Figaro Madame (tout arrive…) à paraître aujourd’hui qu’elle allait mettre en place un «  plan Espoir banlieue » doté selon elle de beaucoup d’argent, on évoque la somme de 1 milliard d’euros. Ce plan, qui viserait une cinquantaine de banlieues, était initialement annoncé pour janvier mais a été, à la demande du Président Sarkozy, repoussé à février. Il s’agirait de le « booster » un peu plus… Notons qu’à cette annnonce, Christine Boutin, sa ministre de tutelle, a rappellé que la politique de la ville devait être globale. Ambiance

Ce qui est embêtant avec ce plan c’est que personne n’y croit vraiment : ni les bailleurs sociaux, ni les élus locaux, encore moins les habitants qui se sentent eux stigmatisés. Alors bien sûr, tout le monde se dit qu’un peu d’argent ça fera pas de mal mais c’est malheureusement l’écueil sur lequel la politique de la ville s’est souvent empalée : saupoudrer des crédits pour un bilan famélique. En termes d’effet de levier, on pourrait trouver mieux pour de l’argent public.

D’ailleurs, le Conseil Economique et Social vient de rédiger, à la demande de François Fillon, un rapport intitulé « Réunifier et réconcilier la ville ». Sous couvert d’anonymat, l’un de ses membres ironise en indiquant que, «  pour en arriver là, il suffisait d’aller chercher l’un des multiples rapports déjà rédigés par le CES, d’en changer le nom du rapporteur, d’actualiser les chiffres et on serait arrivés au même résultat ». Pas très optimiste et surtout, cela montre qu’on tourne en rond sur cette question des banlieues.

De l’explosif à Bercy

bercy-finances.jpg Deux choses : d’abord, les gouvernements ont beaucoup de mal à agir dès lors que le problème nécessite une approche multiministérielle et un engagement fort de tous. Les pré-carrés et vieux réflexes ont la vie dure. A une exception près, la performance de Jean-Louis Borloo qui, grâce au soutien du Président Sarkozy, est en train de réussir à traiter la question de l’environnement, avec son Grenelle. Mais on attend encore les mesures financières…
Ensuite, Bercy. Impossible en France pour les politiques de prendre des décisions si le Ministère des Finances n’est pas d’accord. Cela peut paraître à première vue normal, dans un souçi de saine gestion des comptes publics, sauf que nos comptes publics ne sont pas bons – donc mal gérés – et qu’il est anormal que le mastodonte soit dirigé autant par les politiques que par les fonctionnaires. Ces derniers, à vocation « exécutante » sont devenus progressivement « décisionnaires ». Il faut dynamiter ce mode de fonctionnement pour permettre aux élus d’être seuls décisionnaires. Ce sont eux qui devront rendre des comptes à la Nation, pas les hauts fonctionnaires.

Scepticisme

tour-renovation-urbaine.jpg Sceptique on peut être devant ce - énième? -  plan banlieue. 1 milliard d’euros c’est peu comparé au gigantesque Programme national de rénovation urbaine de Borloo – encore lui – qui mobilise une trentaine de milliards (publics et privés) sur une grosse dizaine d’années et surtout, sur des objectifs précis de démolition-reconstruction de bâtiments.

Alors on souhaite quand même bonne chance à Fadela Amara, car le sujet le mérite, sans grande conviction toutefois…

François

Information et liens

Rejoignez le groupe en commentant, traquant ce que les autres ont à dire, ou en pointant depuis votre blog.


Autres posts
Sarkozy : la religion du présent
Europe : le Parti Socialiste touche le fond

Ecrivez un commentaire

Prenez un moment pour commenter et nous dire ce que vous pensez. Quelques commandes basic de formatage HTML sont permises.

Commentaires des lecteurs

Assez d’accord, les handicaps cumulés des “banlieues” (logement, accessibilité, déficit de services publics, pauvreté, éducation…) nécessiteraient des investissements massifs, en tout cas très nettement supérieurs à ce petit milliard. Mais les banlieues n”intéressent pas beaucoup la classe politique, elles ne “pèsent” rien politiquement (à comparer avec le poids politique de la poignée d’agriculteurs qui restent en France). Et ça fait 30 ans que ça dure ! Le PS pourrait profiter de sa traversée du désert pour réfléchir au sujet, peut être ?

tout ça est très vrai !
pourtant, j’ai du mal à encenser le plan BORLOO, au-delà de la sympathie - ils ne sont pas nombreux - que peut dégager le personnage. en effet, sa politique échoue sur l’un de ses points fondamentaux, le “1 logement détruit = 1 logement reconstruit”. l’offre constante est un leurre : on démolit certes des logements devant l’être, pour l’essentiel, mais bien souvent avant d’avoir mis en place les solutions de relogement, d’autant que les logements qui SERONT créés en remplacement sont adossés sur des formules de financement qui n’ont parfois de “sociales” que le nom…