La fabrique du conformisme (conte de Noël)


Dérapages

Noël. Ça y est, le signal est donné. Après avoir bien travaillé pendant l’année (et s’être « accompli dans son travail »), la récompense arrive : dépenser.

train-cochon.jpgCe matin, je suis allé à la Fnac : 70 mètres de queue aux caisses. Chacun tient à la main le navet du mois (Dan Brown, Bernard Werber…) : à peine lu, déjà oublié. Ou alors l’œuvre musicale du benêt annuel de la StarAc. Autant de cadeaux aussi convenus que minables, chers et inutiles.
Devant le magasin, dans la galerie commerciale, quelques types se sont déguisés en cochons, et dansent au rythme d’une petite fanfare. Les gens regardent. Apparaît alors dans mon esprit la vision d’une longue file de porcelets attendant sagement aux caisses du magasin.

A ceux que cette période des fêtes insupporte, ennuie ou épouvante (au choix), je conseille la lecture du numéro de décembre – janvier de la revue « Manière de voir », du Monde Diplomatique. Ce numéro s’intitule « la fabrique du conformisme », et il est composé d’un recueil de textes absolument passionnants, qui s’interrogent sur la manière dont nous adoptons, le plus souvent sans nous en rendre compte, des comportements quotidiens conformes aux attentes du système ou de certains intérêts économiques.

conso3.JPGComme le dit Mona Chollet dans l’édito de la revue, « l’acceptation de l’ordre social par les populations occidentales est désormais assurée moins par la répression que par la séduction. […] Une batterie de moyens sont mis en œuvre pour entretenir une ardeur productive et consumériste aussi indispensable à la bonne marche du système que le pétrole ».

Bref, une série de textes sur la culture, la consommation, le management d’entreprise ou la publicité, qui nous donnent quelques clés pour mieux comprendre le monde qui nous entoure. Voilà un beau cadeau de Noël.

Fred

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Commentaires des lecteurs

Je vais nulle part dans les magasins… La fête est pour les autres je préfère la chaleur d’une vie modeste loin des émissions glamour, des publications qui s’arrachent sur la vie des autres etc… J’ai actuellement quelque mal à gagner ma vie étant à mon compte et donc cible d’une myriade de charges de toutes sortes pendant que le pouvoir d’achat des artisans commerçants et autres ressemble de plus en plus plus à la peau de chagrin… et attend pour cadeau de Noël de retrouver un emploi de salarié, pour retrouver la tranquilité d’esprit la nuit venue…

Et si justement Noël était un moment pour faire une pause et ne pas se prendre la tête… Pas envie d’aller lire Le Monde diplo le soir de Noël ! La branlette de cerveau le 24 décembre, pas pour moi ! Joyeux Noël quand même à ceux qui auront l’illusion d’être plus intelligent après avoir lu Le Monde dilpo !

On est là dans l’essentiel : moins tu as de fric, plus la pression est forte pour que tu claques tout (si possible dands des conneries). Le pire : plus tu te fais avoir en tant que travailleur et consommanteur, plus tu considères que ceux qui essaient de réfléchir et renaclent sont des intellos qui se prennent le chou. Navrant.

Roger, je n’ai pas “beaucoup de fric” comme tu dis, je vais passer Noël simplement, avec ma femme et mes enfants. Ce n’est pas pour autant que je me prendrai le chou le 24 décembre. Bonne lecture du Monde diplo. Et bon courage pour les maux de tête !

Vaut-il mieux se remplir le bide d’une nourriture grasse, ou le cerveau d’éléments de réflexion ?

La réponse est évidente et elle n’est pas celle d’un populiste, Populist.

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à populist

évidemment, se remplir le bide de nourriture grasse, idéalement de la fausse bouffe de qualité de chez Leclerc ou Auchan pour bien faire tourner le commerce de masse.