Banlieues : Sarkozy l’irresponsable


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file_232927_55459.jpg«Ce qui s’est passé à Villiers-le-Bel n’a rien à voir avec une crise sociale, ça a tout à voir avec la voyoucratie.»
D’une sentence définitive, Nicolas Sarkozy a livré sa conclusion face aux violences de ces derniers jours à Villiers le Bel. Et de promettre plus de CRS, plus de pistolets électriques, et même des hélicoptères. Et demain ? Des tanks, peut-être ?

Nous sommes en novembre 2007. Il y a deux ans, presque jour pour jour, les mêmes scènes d’émeutes dans les banlieues. C’était, soi-disant, le choc, la prise de conscience. On avait compris, on allait agir.

Nicolas Sarkozy n’a rien compris.

Il n’a rien compris, car il rentre dans l’engrenage de la surenchère, dans le style “c’est moi le plus fort”. Par ces propos, il se place sur le même niveau que le jeune qui insulte les flics ou met le feu à une voiture. comme qusarkozy-incendiaire.jpgand il lance à un marin pêcheur ” viens ici répéter ce que tu as dit”.

Il n’a rien compris, parce qu’à cette crise il ne propose qu’une réponse répressive, qu’il oppose à la compréhension coupable et à la recherche des causes sociales. Il confond la nécessaire réponse à court terme (rendre la justice) avec la non moins indispensable réponse de long terme (agir en profondeur pour faire sortir ces banlieues de l’impasse).

Il est désastreux que la grille de lecture de Sarkozy soit restée sur ce faux débat. Cette vision réductrice et clivante (”on ne donnera pas plus d’argent, ce n’est pas aux contribuables de payer”) révèle la faillite de son action de long terme dans les banlieues. Depuis 2005, les crédits publics affectés aux zones sensibles sont en diminution, et la présence de l’Etat (administration, services publics) dans ces quartiers en repli constant. Ne comprend donc-t-il pas que les mêmes causes produisent les mêmes effets, et que les cars de CRS sont comme un couvercle placé sur une marmite en ébulition ?

La seule réponse responsable de la part de Sarkozy serait de sortir de ce seul discours viril et répressif, et de se lancer un Grenelle des Banlieues. L’Etat a le devoir de réinvestir ces quartiers, il a le devoir de réparer une situation qu’il a pendant trop longtemps laissée pourrir par aveuglement, naïveté, indifférence et calcul politique.

Fred

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Commentaires des lecteurs

Arrêtons le combat stérile de postures et de l’affichage ! La solution ne viendra pas à l’évidence uniquement de nouveaux crédits publics supplémentaires… Pour avoir travaillé dans une commune du Val d’Oise dont le maire était présent lors de la récente conférence de presse des maires socialistes appelant les jeunes au calme, les actions de rénovation urbaine, de “dé-ghettoisation”,de le désenclavement doivent absoument s’accompagner, bien sûr d’un rétablissement de l’ordre républicain (la 1ère des libertés), mais surtout d’une forte dynamisation du tissu économique dans ces quartiers et d’un investiissement massif sur la formation des jeunes qui en sont en issus. La responsabilité citoyenne des entreprises doit s’exercer en prioirité dans ces quartiers et les pouvoirs publics tout faire pour que ces quartiers ne soient non pas un terreau de délinquance, mais de réussite et d’attractivité pour ces entreprises. Le plan banlieues de Fadela Amara doit donner des signes très forts aux entreprises…

Il est assez impressionnant de voir à quel point la politique de Sarkozy est cohérente ! L’Etat n’en à rien secouer des SDF, des pauvres, des chômeurs, des banlieues, de toutes les feignasses qui rament rien que pour l’embêter. Tout est si simple : bossez et gagnez du pognon, tout le reste c’est de la démagogie ! Mais qu’est-ce qu’on a fait pour mériter un tel primitivisme intellectuel ?

Ce qu’Eugène appelle le primitivisme intellectuel, d’autre le nomme “parler vrai”. Bien sûr qu’il est con comme ses pieds l’employé de banque, mais on le sait depuis longtemps.

D’accord avec Jibus,

faut des aides mais aussi de la sévérité car faut pas se leurrer, les petites frappes sont minoritaires mais se sentent totalement libres de faire ce qui leur plait.
Donc, faut un Etat fort et Sarkozy a raison.

Eugène, il parle mais avec lui, dans 20 ans, on en sera encore à parler mais non plus de cités mais de guerre civile.

Car Sarkozy prône la fermeté mais, aussi !, avance des milliards dans la réonovation urbaine. Faut le rappeler ?

Dernière chose: quoi de honteux à dire qu’il faut bosser pour s’intégrer et participer à la vie républicaine ?

Il faudrait peut-être s’enlever les peaux de saucisson des yeux : bomber le torse n’a jamais suffi à rien régler. Bien sûr qu’il faut réprimer quand la loi n’est pas respectée, mais quand on entend Sarkozy dire qu’il n’y a aucun problème social dans les banlieues mais uniquement de la délinquance, c’est un peu fort de café, non ? Dire uniquement : il faut bosser, quand on connaît tous les problèmes matériels, linguistiques, culturels, sans oublier le regard qui vous fait sentir que vous êtes une merde dangereuse, vous ne trouvez pas que c’est un peu court ? Jamais je ne me moquerai de celui qui bosse, parce que c’est aussi mon cas, mais ce qui m’énerve c’est les simplifications commodes qui justifient toutes les ségrégations et l’immobilisme des politiques qui mentent au mépris de toutes les études économiques et sociologiques de ces vingt dernières années, prennent des poses guerrières et n’agissent pas.