En attendant les municipales
Les dimanches 9 et 16 mars 2008 se tiendront les prochaines élections municipales. Dans moins de quatre mois, ce sont donc plus de 36.000 communes qui sont amenées à renouveler leurs conseils municipaux. L’élection présidentielle est terminée depuis six mois, et rebelote, ça et là, sur le web, dans la presse écrite, à la radio, à la télévision, on commence à voir fleurir les articles, les dossiers, les reportages sur le scrutin à venir et sur ses enjeux.
D’aucuns diront que les nombreux scrutins qui jalonnent la vie politique française renforcent la vitalité démocratique de notre pays. Certes, mais la perspective d’une élection, qu’elle soit locale ou nationale, paralyse le pays au moins six mois avant : beaucoup de maires ne décident plus rien de peur de perdre leur écharpe tricolore, ou à l’inverse, prennent des mesures populaires pour la conserver. Et du côté des gouvernants, on sait très bien que certaines décisions sont reportées aux calendes grecques, au moins jusqu’après les élections.
Alors, des élections, oui, c’est sain pour la démocratie, mais il n’est pas certain que la France ait besoin de cela en ce moment. Finalement, sous couvert de faire des débats et de réfléchir à l’avenir d’une municipalité ou d’une communauté de communes, le résultat est bien souvent qu’une élection est aussi un temps où les Français sont montés les uns contre les autres : gauche contre droite, partisans d’un projet contre opposants, etc. Certes, la France n’est pas le seul pays au monde où les scrutins déchaînent les passions. Mais après une année 2007 riche en débats, est-ce vraiment propice ?
Reporté en 2008 pour des « convenances de calendrier », le scrutin se déroulera quoi qu’il advienne. En tout état de cause, le pays va retenir une nouvelle fois son souffle, « attendre » qu’une nouvelle géographie électorale se dessine, « attendre » que les meilleurs ennemis soient battus, que l’esprit de revanche souffle. Et justement, « en attendant les municipales », il est à craindre que la dynamique née des élections présidentielle et législatives - quoi que l’on pense des résultats - soit stoppée, du moins freinée par la peur du couperet électoral du 16 mars prochain.

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On devrait interdire les étiquettes politiques pour les municipales.
Tout le monde y gagnerait et, candidats auraient alors l’obligation d’élaborer un projet pour la commune et pas seulement mobiliser les gens pour “battre le camp d’en face”.