Pouvoir d’achat: ce qui est fait, ce qui reste à faire


Actualités

Ce qu’a fait le Gouvernement pour le pouvoir d’achat

Avec l’enlisement du conflit social et des grèves, faut-il craindre que le gouvernement Sarkozy-Fillon se crispe et arrête toute réforme structurelle ?

sarkozy-fillon.jpg La question se pose, évidemment, et nous n’aurons la réponse que dans les semaines à venir. Pourtant, il faut constater que depuis cet été, plusieurs mesures du programme presidentiel de Nicolas Sarkozy se sont traduites par des lois : universités, justice, immigration et cet été, la loi pour le Travail, l’Emploi et le Pouvoir d’Achat. Le fameux « travailler plus pour gagner plus ».

.

La loi TEPA

Cette loi comprend le premier paquet des mesures fiscales et sociales du gouverment Fillon, mesures assez emblématiques, voyez-plutôt :
déduction des intérêts d’emprunt pour l’acquisition d’une résidence principale (sous la forme d’un crédit d’impôt) mais sans la rétroactivité à 5 ans, censurée lar le Conseil Constitutionnel,
détaxation des heures supplémentaires (charges salariales et impôt sur le revenu),
allègement des droit de succession (supprimés pour le conjoint survivant par exemple) et donations en franchise de droits (jusqu’à 15 000€),
création d’un « bouclier fiscal » : plafonnement de l’imposition sur le revenu à 50% pour chaque contribuable
encadrement des parachutes dorés :conditionné à un niveau de performance et le montant est rendu public,
- expérimentation (avec les RMIstes dans les départements candidats) du Revenu de Solidarité Active (RSA) pour favoriser le retour à l’emploi et grarantir que l’emploi se traduira par une augmentation de ressources (ce qui n’est pas toujours le cas).

Et maintenant ?

christine-lagarde.jpg Eh bien le plus dur commence : car faire voter des lois c’est facile mais les rendre applicables et efficaces, c’est une autre paire de manches !
Autant le bouclier fiscal, le crédit d’impôt sur les intérêts d’emprunt ou les droits de succession sont des mesures fiscales directement mises en oeuvre par l’Etat, donc faciles, autant ce sera difficile pour les heures supplémentaires car tout le monde sait que dans un très grand nombre d’entreprises, notamment les PME, ces heures supplémentaires sont déjà faites par les salariés mais ne sont tout simplement pas payées. La détaxation des heures serait donc, pour l’employeur, une chagre supplémentaire ! d’autant plus que cela semble complexe à mettre en place.
Sur le papier, la mesure est tentante, notamment pour corriger « l’effet 35 heures ». Et comme on ne prend pas Sarkozy et Fillon pour des imbéciles, on se dit que cette proposition a surtout été efficace d’un point de vue électoral et que de surcroît, elle ne devrait pas être pénalisante pour le budget de l’Etat (les comptes de la Nation nous le diront l’an prochain).

Un premier pas

reforme-oeuf.jpg On imagine bien que le Président Sarkozy a d’autres idées en tête (voir le débat sur la TVA sociale) et finalement, cette détaxation des heures supplémentaires n’a été que le prétexte pour tater le terrain avant d’amorcer une véritable réforme de fond sur le pouvoir d’achat ainsi que sur le coût du travail, question cruciale en France et dont nous entendrons encore certainement parler.

.

François
 

Information et liens

Rejoignez le groupe en commentant, traquant ce que les autres ont à dire, ou en pointant depuis votre blog.


Autres posts
Tour de France : le livre témoignage de Jean-Marie Leblanc
Stations Vélib à Paris: le cadenas comme alternative

Ecrivez un commentaire

Prenez un moment pour commenter et nous dire ce que vous pensez. Quelques commandes basic de formatage HTML sont permises.

Commentaires des lecteurs

Moi j’aime bien les articles tendancieux, mais quand ils sont de ma tendance. Oui, oui, oui, trois fois oui, il faut des réformes et elles seront douloureuses, mais comment accepter les premières mesures en se demandant juste si elles seront faciles à concrétiser ? Elles sont profondément iniques et j’espère bien qu’elles ne seront pas appliquées. Que le gouvernement s’attaque aux vrais problèmes, aux vraies sources de revenus planqués échappant à l’impôt, aux vrais abus (stock-options, délits d’initiés etc.), aux vrais privilèges (dont celui, symbolique, de s’octroyer un triplement de salaire). Après, quand on aura enfin vu que c’est pas toujours les mêmes qui se sucrent et les mêmes qui raquent, alors là oui, sans aucun doute, on est tous prêts à prendre sa part de sacrifices.

Je te comprends pas, Emile : objectivement toutes ces lois sont impeccables. Alors oui, c’est vrai, j’ai une grosse situation, un gros 4.4, un gros paquet d’actions et de gros gardes à l’entrée de ma résidence, mais ça veut rien dire ! Je suis honnête et objectif et, franchement, tout ça va dans le bon sens.

Eugène, je crois que non seulement tu es gras, mais tu es aussi très lourd.

J’ai envie de dire que tout est question de perspective…

Inique ça renvoit à une perception très personnelle non ?

Le juste c’est quoi, pour qui, commment ?

La question n’est, à mon sens, pas de savoir s’il y a des milliardaires et si parce qu’ils sont milliardaires, ce sont des salauds, mais plutôt, plus basiquement, de faire en sorte qu’il n’y ait pas de gens sans logement, sans travail…

Parce qu’on est riche on est prvilégié ? Halte aux raccourcis.

Aussi naîf que je puisse être,j’imagine qu’il est probablement possible d’être riche… et honnête.

Et quoi, la “richesse” est-ce vraiment être privilégié ? Qui connait leur vie à ces gens ?

A Emile : 97 kilos, sans la boucle d’oreille et les piercings

L’iniquité est une notion objective, c’est en l’occurrence demander un effort à tous, c’est-à-dire aussi (je ne dis même pas : surtout !) à ceux qui en ont les moyens et pas seulement à la majorité la plus démunie. Le reste de l’argumentaire, François, est une caricature un peu désolante. Le raccourci milliardaires-salauds est évidemment enfantin, et le cliché riches-mais-sympas-et-honnêtes aussi. Mais ce n’est pas le sujet : on parlait de mesures gouvernementales, pas de clichés sociologiques.

Je viens de relire : une baffe pour moi, j’ai fait un lapsus au début de ma réponse. Je voulais dire bien sûr : l’équité est une notion etc.

@ Emile
Effort à tous ? Je vous suis Emile, et je vous prends au mot. Allons-y donc pour une imposition applicable à tous les contribuables !

Que tous le monde commence par payer des impôts, après on pourras commencer à parlé d’équité

Pas de problème. J’en paye sans chercher à frauder et je suis fier d’en payer et de ne pas frauder. Je dois être un peu bizarre mais j’estime que plus je paie, plus ça veut dire que je gagne, et je trouve normal, légitime, sain etc. de rendre au pays tout ce qu’il m’offre de services publics et de qualité de la vie. Avec moi vous êtes mal tombés, les gars : je suis un partisan farouche de l’impôt progressif pour tous.

Ce serait effectivement une excellente mesure qui, au-delà des aspects purement commpables, aurait surtout une vertue à la fois pédagogique et fédératrice: l’impôt, comme d’autres éléments, cimente le sentiment d’appartenance à la même collectivité, et c’est tellement important cet aspect immatériel, psychologique…

Pauvres gens riches à qui on prend tous les bons sous si honnêtement gagnés. Il faut évidemment les faire cracher mais surtout taxer à plein le capital grâce auquel l’initié se rémunère grassement. Le système économique est déjà en leur faveur, alors si l’Etat s’y met aussi…