Grenelle de l’Environnement: le marché de dupes


borloo.jpg Les 24 et 25 octobre prochains va se tenir le tant attendu Grenelle de l’environnement. Nicolas Sarkozy lui-même devrait être présent pour clore les travaux et présenter, en compagnie de Jean-Louis Borloo et Nathalie Kosciusko-Morizet, les grands axes en faveur du développement durable.

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Oui mais…

Oui mais la manière dont les négociations et les travaux se sont tenus laisse planer de gros doutes. Prenez le groupe 1 et le sujet du bâtiment par exemple. Tous les travaux ont tourné autour des objectifs à atteindre et du calendrier d’actions à adopter. Pas une seule fois le Gouvernement ne s’est prononcé, et encore moins engagé, sur les moyens (voyez ici l’article du Monde qui communique une feuille de route censée être confidentielle) au motif, bien pratique, de laisser la place au débat. Bien sûr !

thumb-le-poker-54.jpg Ainsi, on se retrouve avec un tour de table où tous les joueurs ont dévoilé leur jeu sauf un, l’Etat. Ainsi, en amendant puis validant les feuilles de routes, les membres du Grenelle ont, indirectement, donné leur accord à ce qui est désormais écrit noir sur blanc tandis que l’Etat, lui, n’a pas pipé mot.

L’objectif était tellement louable et la force de conviction du ministre tellement forte que cette négociation à l’envers est passée auprès de la quasi-totalité des participants au Grenelle. Malheureusement, la réalité est que l’Etat, qui pense probablement faire une bonne affaire, manque en fait une formidable opportunité d’utiliser les deniers publics pour créer un véritable électrochoc économique et social en soutenant l’innovation technologique, l’audace économique, l’envie grandissante de la population et enfin, l’émergence d’un marché qui n’attend que ça (les artisans du bâtiment de la CAPEB ont chiffré le seul marché de la rénovation énergétique à… 600 milliards d’euros !).  

grenelle-environnement.jpg Seulement voilà, Bercy est piloté par des hauts fonctionnaires gagne-petit qui ne voient que les colonnes recette/dépenses, qui ne raisonnent qu’en annualité budgétaire et qui sont pétrifiés devant le déficit public et les désolants critères de Maastricht. La médiocrité ambiante laisse donc peu de places au volontarisme, au goût du défi et à la force de la conviction. Au contraire, il y a fort à craindre que ce Grenelle soit, au final, une déception pour tout le monde parce qu’encore une fois, on aura préféré la besace à l’audace…

François

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Commentaires des lecteurs

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