Gouvernement: les ministres doivent-ils être élus ?
François Fillon, Premier Ministre, a indiqué mercredi 3 mai sur Europe 1 que tout ministre battu aux législatives serait contraint de se retirer du Gouvernement. Cela concerne 11 des 15 ministres du gouvernement.
Pour François Fillon, c’est une question de légitimité démocratique: comment gouverner si l’on n’a pas le soutien du peuple, a fortiori dans sa criconscription ?
Le raisonnement est tout à fait logique et peut se comprendre. Aussitôt élu, on imagine que ce sera le ou la suppléante qui occupera la place au Palais Bourbon.
Mais on peut aussi s’interroger. Dans le texte et dans les faits le Président de la République est élu au suffrage universel direct, ce qui donne la plus forte légitimté démocratique possible.
Or, c’est lui qui choisit un premier ministre en charge de lui présenter un gouvernement. Ensuite, c’est encore lui qui les nomme, sur proposition du Premier Ministre (article 8 de la constitution). Les ministres ont donc une certaine légitimité, a fortiori lorsqu’on a un Nicolas Sarkozy élu avec plus de 53% des voix d’un électorat qui s’est mobilsé à plus de 80% !
Pourtant aussi, le non cumul de la fonction ministérielle avec un mandat de député est écrit dans la constitution ! (article 23) pour permettre aux ministres d’être solidaires, exclusivement tournés vers l’action gouvernementale, sans “parachute”.
Malheureusement, dans la pratique, cette règle est contournée par le biais d’un accord fait avec le suppléant (qui s’engage à démissionner au profit de son ministre à tout moment).
Il reste que, en revenant sur une pratique de non cumul appliquée sous les mandats de Jacques Chirac, il existe le risque d’un retour aux cumulards: Alain Juppé n’a-t-il pas dit, par exemple, qu’il resterait Maire de Bordeaux ? Qui peut sincèrement croire qu’il pourra, aussi compétent soit-il et aussi bien entouré soit-il, s’occuper de front d’un énorme Ministère et en même temps d’une grosse agglomération en pleine mutation tout en sachant que s’il quitte le gouvernement, il retrouvera de surcroît son siège de député ? Ca s’appelle un golden parachute ça !
Bref, on demeure circonspects à propos de cette soit-disant légitimité démocratique avancée par François Fillon: argument valable, certes, mais franchement pas décisif.
François





bravo François pour cette reprise.
Sur le fond, on attend, avec scepticisme, que Sarkosy renouvelle la vie politique française en commençant par la moraliser. Moins de démagogie! Plus d’indépendance de la justice et des médias du pouvoir politique! Moins de clientélisme! et plus de courage politique!
le parachute législatif prévu pour chacun des ministres est démagogique et signe d’un manque de courage.