Ce qui se cache derrière la « République rénovée » de Ségolène Royal
Dans le 7eme pilier du Pacte Présidentiel de Ségolène Royal « Agir pour une France plus forte », la candidate socialiste nous propose « une véritable révolution démocratique pour construire ensemble la République du respect. » et promet de modifier nos institutions.
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Le non cumul des mandats pour les parlementaires
Cette mesure de non cumul des mandats, qui n’apparaissait pas dans le projet socialiste, est justifiée pour que « les parlementaires soient bien présents à l’Assemblée nationale ».
La candidate sait de quoi elle parle ! Depuis le 20 janvier 2004, son nom n’apparaît qu’à huit reprises à l’occasion de séances à l’Assemblée Nationale (ce qui témoigne d’une implication plus que légère de la députée des Deux Sèvres dans le travail législatif) pour, tenez-vous bien, zéro rapports produits…
Heureusement Ségolène Royal est une pragmatique et, constatant les carences des parlementaires, surtout les siennes, elle décide donc de changer les règles du jeu…
L’introduction d’une part de proportionnelle
Sur la proportionnelle, cela ne concerne en fait que les députés tandis qu’elle envisage de modifier le mode de scrutin pour les sénateurs (proposition n° 70)
Renforcement du Parlement et droit de vote des étrangers
Ségolène Royal propose, tout comme Nicolas Sarkozy d’ailleurs, que la présidence de la Commission des Finances soit confiée à l’opposition (proposition n°71).Elle envisage également, proposition symbolique au Parti Socialiste, de « donner le droit de vote pour les élections locales aux étrangers séjournant régulièrement en France depuis plus de cinq ans », mesure à laquelle le candidat Sarkozy pensait également mais qu’il n’a finalement pas retenue.
Et bien sûr, le renforcement de la démocratie participative
Ségolène Royal parle de « Révolution démocratique » avec une « démocratie participative qui donne plus souvent et réellement la parole aux citoyens ». Alors au-delà du verbiage et des formules pompeuses, concrètement, vers quoi va-t-on ?
Sur les orientations de l’Etat touchant au développement durable, Ségolène Royal s’engage à « organiser régulièrement des conférence de citoyens » mais surtout, « à respecter la qualité des débats et à prendre en compte sérieusement les recommandations qui seront émises » (super, ça c’est de l’engagement !) car, tout de même, « l’excellence environnementale ne pourra se construire que sur un fond de participation démocratique authentique ». Que c’est beau, on en a presque la larme à l’oeil…
Bref, au-delà des mots qui malheureusement perdent leur sens quand on sent qu’on se fout de nous, on n’apprend rien sur la manière dont elle envisage de faire ces consultations alors que ça n’est pas pas rien de consulter 60 millions de personnes et de surcroît, régulièrement ! Du coup, on n’y croit pas, encore du discours un attrappe gogo.
Les jury citoyens (ou jury populaires ?)
Ségolène Royal en parle depuis 2002 mais force est de constater que depuis 5 ans, le concept ne s’est pas vraiment transformé en véritable projet : ici encore, on reste dans la réthorique pompeuse, le verbiage, la citation d’exemples mais on ne nous propose rien de concret.
A noter quand même une proposition (la n°73 du Pacte Présidentiel) « les citoyens ayant recueilli un million de signatures pourront demander au Parlement l’examen d’une proposition de loi ». Le problème c’est que les chances d’aboutir à une loi sont à peu près égales à celles d’un spermatozoïde de féconder un ovule ; sans parler de l’encombrement du Parlement que cela pourrait créer…
Conclusion
Certaines des propositions de Ségolène Royal telles que droit de vote des étrangers ou l’introduction de proportionnelle pour les législatives sont claires mais, finalement ce ne sont que des mesures d’ajustement des modes de scrutin ou des modifications à la marge de certaines pratiques (rôle du Parlement, suppression du vote bloqué et du 49.3…).
En revanche, pour toutes les propositions qu’on pourrait qualifier d’audacieuses (jury populaires ou citoyens, conférences de citoyens…) on demeure dans le flou absolu et la candidate communo-écolo-socialo-centriste est pour le moment plus de la communication marketing que de la proposition politique concrète.
On est loin du bouleversement annoncé et de la République rénovée mais Arnaud Montebourg, chantre de la 6eme République qui a à plusieurs reprises violemment critiqué la 5eme, semble aujourd’hui s’en accomoder pleinement alors…
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François

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“ici encore, on reste dans la réthorique pompeuse, le verbiage, la citation d’exemples mais on ne nous propose rien de concret.”
Ce n’est pas faux… le problème c’est que les deux candidats font la même chose et que l’on peut préférer la rhétorique “pompeuse” à un langage populiste et une didactique droite dure, poujado-liberal…
Bref, le choix entre une femme savante et un taulier de bar : Moliere contre kronenbourg..
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