Oui au rapprochement Royal – Bayrou !
Le rapprochement Royal – Bayrou constitue peut être un fait majeur dans notre paysage politique.
Passons sur la pitoyable polémique actuelle (Sarkozy a-t-il fait pression pour que leur débat n’ait pas lieu ?), ainsi que sur les inévitables remous que ce rapprochement entraîne (après tout, rien de plus normal que les députés PS et UDF craignent pour leur réélection).
Il est intéressant de constater les convergences des visions de la société et des priorités de Ségolène Royal et de François Bayrou :
- la lutte contre la précarisation de la société,
- la volonté d’apaiser les tensions sociales (immigration, racisme, inégalités…),
- la priorité à l’éducation,
- la relance de la construction européenne (même si, sur ce sujet, les propositions ont été assez faibles… conséquence du référendum de 2005 ?),
- la prise en compte de l’urgence écologique,
- l’avènement de nouvelles relations avec les pays du Sud,
- la rénovation des pratiques démocratiques, avec un nouvel équilibre des pouvoirs (décentralisation, plus de pouvoir au Parlement, plus de participation citoyenne).
Royal et Bayrou peuvent se retrouver autour de ces différents sujets. Bien sûr, les questions économiques marquent encore un clivage important, mais là aussi, les lignes peuvent bouger.
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Quel sont les enjeux de ce rapprochement ?
Le plus évident, c’est bien sûr d’empêcher Sarkozy de gagner les élections. Il s’agit d’un enjeu fondamental, tant la venue d’une droite dure au pouvoir pour 5 ans ferait mal à notre pays, et surtout aux moins bien armés pour se défendre dans une société plus libérale, plus moralisatrice, plus intolérante, plus refermée sur elle-même.
Et puis avec un individu comme Sarkozy, tellement prêt à tout pour accéder au fauteuil suprême, on peut légitimement craindre une dérive berlusconienne du pouvoir. Cela fait 5 ans que l’on voit le Sarkozy-candidat à l’œuvre, et il suscite déjà de très fortes réactions de rejet. On frémit à l’idée de 5 ans de Sarkozy-président-être suprême.
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Mais l’enjeu de long terme le plus fondamental, c’est de permettre au centre-gauche de prendre la mesure des grands défis de notre société :
- Intégrer les enjeux écologiques dans le fonctionnement de notre économie et de notre société.
- Adapter notre pays dans un système mondialisé, auquel on ne peut échapper à moins de s’enfermer dans un protectionnisme hors d’âge.
- Relancer activement la construction européenne, et en redevenir l’un des moteurs.
- Construire une société multiculturelle dans laquelle la place des personnes âgées sera de plus en plus importante.
Bref, sortir des vieux schémas de pensée hérités du début du XXème siècle, calés sur la seule alternative entre produire plus de richesses, ou chercher d’abord à mieux les répartir.
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L’enjeu du rapprochement entre Royal et Bayrou est donc bien là. Le PS doit achever sa mue et oublier ses réflexes idéologiques d’un autre temps.
Les autres Partis Socialistes européens l’ont fait, alors pourquoi pas nous ?
Fred






Dire oui à ce rapprochement semble d’autant plus naturel que les transferts et les va-et-vient entre les deux candidats ont été extrêmement nombreux et que des millions (oui oui, je les ai comptés) d’électeurs ont très longtemps hésité entre les deux. Mais il faut bien réfléchir : cette alliance qui ne veut pas dire son nom signifie aussi une bipolarisation à l’américaine ou à l’anglaise, avec un parti du centre (et non pas de gauche) et un parti de droite, les autres devant se contenter des miettes ou du folklore politique. Alors peut-être que Le Pen avait raison : la France se droitise, tout l’échiquier politique dérive irrésistiblement vers le libéralisme, voire le conservatisme.