Le Pen à 10% : la réjouissante déroute ?
Quelle délectation, dimanche soir, lorsqu’on a appris la déroute électorale de l’affreux Le Pen, cette bête immonde qui hante notre démocratie depuis 25 ans. Ce parasite qui se nourrit de la peur, de la détresse et de l’ignorance, comme une plante rampante sur un tas de fumier.
Dimanche soir, ce fut comme si quelque chose s’était enfin brisé dans cette dynamique infernale : montée régulière et inexorable du FN au fil des élections, incapacité de la classe politique à adopter une stratégie pour le contrer (l’ignorer ? le dénoncer ? débattre avec lui pour démontrer l’absurdité de son programme ?)… jusqu’à ce sinistre 21 avril 2002. Et puis la victoire du « non » au referendum sur la constitution européenne.
Jusqu’à ce dimanche, c’était comme si Le Pen luttait contre ses adversaires politiques à armes inégales. Facile de dénoncer le bilan des politiques passées quand on s’y tient soigneusement à l’écart. Facile de surfer sur les peurs et les angoisses des gens. Facile de prétendre expliquer la complexité du monde avec le bon sens et la désignation de boucs émissaires. Tellement facile qu’on se demandait si le cauchemar allait un jour s’arrêter.
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Dans cette élection, pour une fois, il semble que Le Pen se soit trompé de stratégie. Voulant cette fois se faire élire, il est sorti de sa confortable tanière d’extrémiste antisystème, et a adopté un discours plus lisse et consensuel. Le vieux réac raciste a mis le masque du grand père bienveillant, a décrété appartenir au centre-droit, et a même cherché à rassurer les électeurs des banlieues sensibles face à Sarkozy.
Du coup, la stratégie de Le Pen face à un Sarkozy chassant sur ses terres a semblé peu claire : un coup la surenchère (« Sarkozy n’est pas assez Français »), un coup le discours rassurant et fédérateur. Un jour l’esquisse d’un rapprochement, le lendemain les insultes.
Le résultat du 22 avril illustre bien l’impasse du système Le Pen : extrémiste, il ne dépasse pas les 20% dans l’électorat, consensuel, il ne capte plus le vote protestataire.
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Mais Le Pen désormais en pré- retraite, c’est aussi un élément structurant de notre démocratie qui disparaît. Les idées extrémistes ? Le racisme et la xénophobie ? Les regards se tournent vers l’affreux, dont tout le monde a peur tout en sachant sait très bien qu’il ne sera jamais élu président de la république.
Et demain ? Sans ennemi de la démocratie clairement identifié pour les défendre, les idées nationalistes, racistes et réactionnaires vont-elles pour autant disparaître ? La droite décomplexée de Sarkozy risque bien de les reprendre en partie à son compte. Marine Le Pen, plus lisse et consensuelle que son père, pourrait également incarner ces idées sous une forme plus insidieuse. Et pourquoi pas, un jour, participer à une coalition gouvernementale.
Finalement, la retraite de Le Pen n’est pas forcément une aussi bonne nouvelle que ça.
Fred

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La question de la légitimité de la présence de le Pen ou non dans le paysage politique relève de la liberté de choix des français.
Si les futurs pouvoirs exécutifs de notre pays agissent, sont clairs dans les politiques menés, osent aborder les sujets de société difficiles et écoutent les français, il n’y a pas de raison que le Pen remonte.
Mais l’arme absolue contre le Pen demeure la baisse du chômage.
A titre tout à fait personnel, j’espère que c’est un mouvement de longue durée qui s’est amorcé… et qui va se poursuivre! Car ne nous voilons pas la face, 10-11 % ça reste un très gros score, surtout quand on a une participation à plus de 80%.