Royal-Bayrou : une drôle d’alliance…
Alors ça y est, Ségolène Royal l’a décidé ! Elle va tendre une (large) main aux centristes, allant même jusqu’à leur promettre des postes de ministres dans son gouvernement.
Démarche qui va à contre courant de l’opinion du Parti Socialiste qui, par l’intermédiaire de François Hollande, avait déclaré le soir même des résultats du premier tour qu’il fallait s’en tenir au Pacte Présidentiel et que François Bayrou était « de droite ». Que vont penser Arlette Laguiller, José Bové, Olivier Besancenot et consorts d’une telle promesse alors qu’eux, sans même se faire désirer, n’ont certainement aucune garantie tant sur d’éventuels « postes » que sur la prise en compte de leurs idées…
Mais revenons au Pacte Présidentiel de la candidate socialiste : est-il, sur des points cruciaux pour la gauche, « Bayrou compatible ? »
Emploi
Le credo de François Bayrou c’est de réduire les charges sur le travail pour libérer l’emploi et de proposer la mesure phare de son programme, : la possibilité de créer deux emplois sans charges.
François Bayrou estime que les 35 heures ont été imposées de manière autoritaire et qu’aujourd’hui il faut « permettre à ceux qui le souhaitent de travailler plus pour gagner plus » et de majorer les heures supplémentaires. Tiens, tiens, ça rappelle quelqu’un…
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Dans le Pacte Présidentiel de Ségolène Royal, l’emploi fait l’objet de pas moins de 7 mesures. Mais elle s’attache surtout aux aides publiques, c’est à dire un détail de la vie économique française, pour rappeler qu’elles seront conditionnées à un engagement de ne pas licencier, délocaliser ou bien à embaucher en CDI et rien d’autre !
Elle propose également trois dispositifs:
- créer le droit au premier emploi des jeunes, pour qu’aucun jeune ne reste au chômage au-delà de six mois sans avoir un accès à une formation, un emploi aidé ou un tutorat rémunérés,
- ouvrir 500 000 emplois tremplins aux jeunes (et aussi maintenant aux seniors semble-t-il…)
- instaurer un plan à taux zéro de 10 000 euros pour les jeunes.
Enfin, sur les 35 heures, Ségolène Royal esquive la question et ne propose rien sinon d’ouvrir de fumeuses« négociations pour déterminer comment on peut consolider cet acquis et réduire ses effets négatifs pour les ouvriers et les employés ». Bah avec ça on est servis…
Au-delà des propositions qui sont sur des champs totalement différents, on remarque que François Bayrou a une approche essentiellement économique et fiscale alors que Ségolène Royal prône l’intervention de l’Etat partout, manifestant par là une certaine défiance envers la société civile et économique.
Retraites
A lire le candidat centriste, on comprend que la loi Fillon de 2003 n’est pas allée assez loin et qu’il entend mener une refonte globale de notre système de retraites qui englobe les régimes spéciaux car selon lui, il faut « remettre à plat tout le système des retraites, en le fondant sur l’égalité et mener cette évolution en telle sorte qu’elle profite à tous ».
Il propose une retraite à la carte, par points :le montant augmente avec le temps de cotisation, le salarié peut partir à la retraite à 55 ans mais il peut aussi continuer à travailler, avec un intéressement financier alors plus grand ou bien encore racheter des années de retraite, sans décote.
Il propose enfin un « plan pour les petites retraites » fixant 90 % du SMIC comme niveau de la retraite la plus basse.
Ségolène Royal aborde les retraites dans le pilier 4 de son Pacte Présidentiel, « Garantir la protection sociale des familles ». Elle propose là encore une “large négociation” pour évoquer pêle même la fixation d’un minimum de pension garantie s’approchant du SMIC, la revalorisation des petites retraites (en fait c’est déjà décidé…), la prise en compte du travail pénible et des charges de famille, l’augmentation de l’emploi des seniors, le mode de financement des régimes spéciaux, etc. Avec tout ça, on pourra négocier autour d’une table pendant une bonne partie du quinquennat!
A noter qu’en parallèle de cette phase de concertation qui ne nous avance pas beaucoup plus sur ses intentions, encore moins sur ses propositions, elle envisage quand même de revaloriser immédiatement les petites retraites en les augmentant de 5% (proposition n°8).
Que constate-t-on ?
Tout d’abord qu’avec Ségolène Royal, on va sacrément se concerter en 2007 ! Mais plus sérieusement.
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En matière d’emploi, ce sont deux mesures radicalement différentes : François Bayrou s’appuie directement sur les entreprises et supprime simplement les cotisations sociales tandis que Ségolène Royal empile les mesures publiques pour mettre en place plusieurs dispositifs assez compliqués : emplois tremplins (système complexe de subventions ciblées pour des emplois en CDI) et droit au premier emploi (un CPE bis ?)
En matière de retraites, une différence majeure : François Bayrou veut s’attaquer aux régimes spéciaux tandis que la candidate socialiste évite le sujet en le noyant dans la masse des sujets voués à faire l’objet d’une improbable concertation avec les partenaires sociaux qui a de fortes chances d’aboutir sur pas grand chose sinon du temps de perdu et des redites sur l’origine du problème. Bref, du consensus mou sur l’urgence de ne rien faire.
C’est quand même assez inquiétant de la part d’une candidate à la fonction suprême qui, députée depuis plus de 5 ans, nous dit en substance qu’elle ne sait pas quoi trop proposer et qu’elle attend des propositions des partenaires sociaux…
Ils se retrouvent quand même sur la nécessité d’apporter une réponse aux petites retraites – mais bon, qui pourrait être contre ? d’ailleurs Nicolas Sarkozy aussi aborde ce sujet - même s’ils diffèrent là aussi sur la manière. C’eut été trop beau.
Au final, on reste plus que sceptique sur les convergences et on se demande même si on ne se fout pas de nous. Car au delà des mots creux de ”la politique autrement”, “la République du respect”, “l”Etat impartial” et j’en passe, c’est sur les mesures proposées qu’on juge les candidats. Or entre Ségolène Royal et François Bayrou, franchement, les fameuses convergences ne sautent pas aux yeux, c’est le moins que l’on puisse dire…
François

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Elle est folle Ségolène: elle essaye d’aguicher Bayrou qui la fait mitonner pour mieux la dépecer avec ses copains de la droite les élections passées.
La gauche perd son âme à tout laisser passer à sa candidate.
On sait pas ce qu’elle pense, on sait pas où elle va, on sait pas avec qui elle travaille et malgré tout ça, on continue à la soutenir aveuglément.
Elle tue le PS et personne ne dit rien, j’hallucine. Hollande est coupable de non assistance à parti en danger.
C’est honteux, il est hors de question que je vote pour Royal, son programme c’est du toc, de la com’
Au moins, Bufet et Besancenot ils croient en leurs idées eux !