Géographie du vote du 22 avril : quels enseignements pour le second tour ?
L’analyse géographique du scrutin du premier tour de la présidentielle fait apparaître des enseignements très révélateurs pour les 4 principaux candidats. Elle est également assez éclairante dans la perspective du second tour.
Tout d’abord, le clivage Royal / Sarkozy est avant tout un clivage géographique : les 24 départements dans lesquels la candidate socialiste est arrivée en tête sont presque tous situés à l’ouest d’une ligne Caen – Narbonne. A l’inverse, le candidat de l’UMP est arrivé premier dans la moitié Est de la France, ainsi que dans sa moitié Nord (hormis la Bretagne).
Très schématiquement, Ségolène Royal a réalisé ses meilleurs scores dans des territoires présentant les caractéristiques suivantes : une faible tradition industrielle, une présence régulière de petites villes, et une attractivité résidentielle et touristique en net progrès ces dernières années. En somme, les territoires « gagnants » des mutations récentes, qui ont globalement réussi à s’adapter à la tertiarisation de l’économie.
Il est frappant de constater que cette géographie correspond presque exactement aux départements dans lesquels les positions de François Bayrou se sont le plus renforcées entre 2002 et 2007. Les deux candidats semblent donc avoir été « audibles » par les mêmes types de territoires.
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La mécanique du vote en faveur de Sarkozy est nettement différente. Ainsi, on observe un basculement géographique des principaux bastions de la droite (qui correspondaient en 2002 à la moitié nord du pays, en particulier Bretagne, Normandie et Pays de Loire) vers le pourtour du Bassin Parisien, le littoral méditerranéen et l’est de la France, zones de plus forte progression du vote de droite (hors UDF).
Ces zones correspondent à des territoires concernés par de fortes mutations : les départements ruraux se transformant sous l’effet de la périurbanisation éloignée de l’Ile-de-France, les secteurs en reconversion industrielle du nord-est de la France, le littoral méditerranéen avec son rapide renouvellement de population et son chômage élevé.
La géographie de la progression électorale de la droite recoupe exactement celle du recul du Front National. Le discours de Nicolas Sarkozy a donc massivement séduit l’électorat frontiste.
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Quelles conséquences pour le deuxième tour ?
Peut être que la perméabilité du vote entre l’électorat de Bayrou et celui de Royal est potentiellement assez élevée.
Peut être aussi que Sarkozy aura du mal à revenir vers un centre qu’il a délaissé en partant courir après la droite de sa droite.
Suffisant pour contredire les pronostics de victoire prévisible de Sarkozy ?
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