José Bové pique nique au bord du canal
Je me suis dit : et si j’osais ? Finalement, je suis allé voir José Bové au Grand Souk Populaire, dimanche près du canal de l’Ourcq à Paris. Le concept : un pique-nique antilibéral, avec un « marché paysan », « des cuisines du monde », « un village des luttes et une zone libérée du libéralisme ».
Sur le chemin, un doute m’assaille : Bové sera-t-il vraiment là ? Le prospectus l’annonce le même jour « à Montpellier, à Lunery et partout ». Mais bon, après tout, c’est la dernière semaine de campagne, il peut bien se multiplier.
On entre dans la rotonde de la place Stalingrad : une grande scène, quelques stands, et plusieurs centaines de personnes qui se promènent. Compter une bonne demi-heure d’attente pour un sandwich merguez.
Finalement, il ne se passe pas grand-chose. Et il fait vraiment très chaud. On écoute distraitement les interventions (assez convenues) sur le droit au logement ou l’agriculture durable, on regarde d’un œil une vidéo de Bové diffusée sur l’écran géant.
Le regard capte quelques contrastes saisissants : à quelques dizaines de mètres de la banderole « un autre monde est possible » qui surplombe la scène, on aperçoit une dizaine de personnes vivant sous des tentes, au bord du canal. Un peu plus loin, des bobos pique-niquent, allongés sur des nappes.
Bon, déjà 15h30. Le vin rouge tape un peu sur le crâne. José se montrera-t-il ?
16h : on annonce que l’avion de Bové vient de se poser à Roissy (il aurait pu prendre le train, pour venir de Montpellier).
Et puis c’est l’ovation : Bové entre sur scène, arborant moustache et chemisette noire. Entouré d’une dizaine de personnes, il fait d’abord intervenir Cesar Navarro Miranda (représentant de Evo Morales, président de Bolivie) : un hommage vibrant à la paix entre les peuples. On sourit devant le discours joyeusement creux, et puis on attend que José s’exprime (on est quand même venu pour ça).
Et c’est parti pour un appel à l’unité de la gauche, et à la dénonciation des maux du capitalisme. Et là, on ressent un léger agacement : quoi, on a attendu 4 heures sous un soleil de plomb, et on doit se farcir un énième diagnostic de la société qui va mal ?
Et les propositions ? Pour l’instant, la voix graillonnante, Bové énumère les constats.
On a l’impression que Bové débite le même discours depuis des mois, avec le même ton de voix accusateur. L’expression d’une protestation sympathique, mais tellement peu constructive ! Il faut entendre Bové, qui fut le 6ème ou 7ème candidat antilibéral à se déclarer, fustiger l’absence d’unité à gauche de la gauche !
Fatigué, la courge écarlate, on déclare forfait.
Salut Bové. A la prochaine.
Fred
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françois
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