Nicolas Sarkozy: ses réformes institutionnelles
A propos des institutions, Nicolas Sarkozy le dit clairement sur son site de campagne : il défendra la 5eme République de ces bons vieux de Gaulle et Debré mais nous fait aussi une promesse fumeuse, celle de changer la pratique, les comportements et les mentalités. Vaste programme ! Peut-être a-t-il identifié le gène déclencheur…
De nouvelles prérogatives au Parlement
S’il est élu Président de la République, il pense à confier certaines commissions permanentes à l’opposition et donner à cette dernière la possibilité de créer une commission d’enquête.
Mais, à l’entendre, il pense à aller bien plus loin puisque dans certains domaines importants, « majorité et opposition doivent pouvoir travailler et décider ensemble » et il entend demander l’approbation par le Parlement de certaines décisions stratégiques (programmes d’armement, intervention de nos forces à l’étranger)… Bref, pas grand chose de concret finalement mais si on avait une vraie réforme proposée, ce serait au contraire une révolution ! Malheureusement, j’ai peur qu’on ait à ranger ces propositions dans le tiroir (la malle devrais-je dire, le container !) des promesses de campagne non tenues.
Le gouvernement
Là c’est plus précis : 15 ministres et moins de lois mais un suivi de leur application (ce qui rassure sur l’efficacité de toutes les lois précédentes votées sous les gouvernements Raffarin et Villepin…)
Mais surtout, le fameux ministère de l’Immigration nationale et de l’Identité nationale qui a fait couler tant d’encre sur la blogosphère et ailleurs. Sa raison d’être ? L’immigration est aujourd’hui traitée par trois ministères différents alors qu’il ne faut qu’un ministère. C’est pas un peu léger comme explication ça non ? Et pourquoi ne pas suggérer à l’ex ministre des Finances de fusionner Finances et Budget ?
Sur la composition du Gouvermenent, Nicolas Sarkozy n’est pas « l’homme d’un clan » et veut « pratiquer l’ouverture ». On prend acte et on verra sur les 15 ministres combien sont de l’UDF, du PS, voire du FN…ou peut-être même de la sphère civile (Doc Gynéco ?) On en reparlera sur ce blog, lorsqu’il aura mué en comptoir des politiciens !
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Et le Président dans tout ça ?
Limitation du poste à deux mandats (soit 10 ans), comme aux Etats-Unis.
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Démocratie participative: oui, oui, vous ne rêvez pas !
On est étonné d’entendre le candidat UMP parler de ce concept très connoté à gauche. Pourtant il ose. Il assure que 10% du corps électoral pourront demander au Parlement de se prononcer sur un texte de loi. A lire ça, on s’interroge:
- quelle forme prendra la mobilisation de ces 10% ? Une pétition sur le net sera-telle aceptable ? Faut faire attention parce qu’avec ce genre de mesure, on risque d’engorger le Parlement…
- qui aura l’inititiave de rédaction du texte ?
Je me dis aussi qu’un parti comme le Parti Socialiste pourrait facilement mobiliser ces 10% de personnes. Mais pour quoi faire ? Quelle valeur aurait ce texte de loi par rapport à une proposition de loi de députés ?
Bref, d’un point de vue pratique, c’est le flou total sur cette mesure qui semble bien racoleuse et qui risque de créer des vides juridiques… si un jour elle est mise en place, ce dont on peut fortement douter.
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Et des mesurettes à la pelle
Les ministres qui auront besoin d’être joints jour et nuit auront un appartement de fonction. En revanche, pas les autres. Ainsi, Nicolas Sarkozy indique que le futur ministre de la culture (Hervé Gaymard ?) devra se débrouiller.
Le candidat est également contre la limitation des mandats car selon lui, il serait dommage de se priver d’un bon élu. On peut le comprendre. Mais surtout, Nicolas Sarkozy évite soigneusement l’épineuse question du cumul des mandats, ce serpent de mer politique qui est autrement plus compliqué.
Et pour conclure, une petite phrase toute Sarkozienne, qui brosse bien dans le sens du poil l’électeur moyen : « Je veux remplacer l’irresponsabilité technocratique par la responsabilité politique ». que c’est beau…
Bref, dans ce volet « institutions » du programme, contrairement à un très grand nombre de candidats, Nicolas Sarkozy n’entend rien révolutionner : il évoque certaines mesures de fond auxquelles on a du mal à croire, et les mesurettes symboliques qui ne coûtent rien (et dont on se demande même si elles seront appliquées tellement elles paraissent futiles !).
Rien d’exceptionnel donc, mais c’est peut-être aussi bien ainsi, peut-être même mieux que d’éventuelles expérimentations aléatoires de 6e République. A voir…
Croyons plus au cinquième pouvoir mais si on arrive à nous convaincre que les changements institutionnels proposés vont apporter de réelles réponses aux défis du chômage, des retraites et de l’assurance maladie alors pourquoi pas ! Mais restons vigilants car en matière de droit constitutionnel, la tentation est grande de nous faire passer du vieux pour du neuf…
François






Quel président dit toute la vérité ? Là c’est difficile a trouver, c’est clair et net. Sarkosy prévoit beaucoup de chose et c’est clair qu’il ne les fera pas toutes; après il a quand même de bonnes idées, je les trouve (dans l’ensemble) meilleures que celles evoquées dans les autres programmes : question de point de vue ! Et bien entendues il a des idées un peu futiles…
Après tous les présidents ont des idées, il faut faire son choix, en sachant que les promesses ne seront pas toutes réspéctées !