La joyeuse campagne de Nicolas Sarkozy
On connaissait déjà le caractère bouillant de Nicolas Sarkozy, prêt à beaucoup pour devenir président. Depuis 2002, on commençait à en prendre l’habitude : omniprésence dans les média (une déclaration par jour, ou presque), étalage de la vie privée, déclarations chocs, pressions diverses et variées sur la presse, etc. On se disait « voilà un candidat bien déterminé ». Mais, depuis quelques semaines, la campagne de Sarkozy prend un tour franchement inquiétant.
Passons sur les incohérences de programme (rupture, puis rupture tranquille, puis ratissage à
gauche, puis droitisation du discours) : stratégie électorale assez classique, également adoptée par Ségolène Royal et François Bayrou. Passons aussi sur l’omniprésence de Sarkozy dans les média depuis 2 ans, ou la personnalisation du pouvoir jusqu’à l’écoeurement.
Ce qui inquiète vraiment, c’est le visage que révèle Sarkozy en ces dernières semaines de campagne. Comme si la quête du pouvoir pouvait tout justifier.
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Le néoconservatisme de Bush
Par son obsession à distinguer les « bons » (ceux qui se lèvent tôt) des « mauvais » (les paresseux, les voyoux), Nicolas Sarkozy porte les thèses des néoconservateurs américains. Alors ministre de l’intérieur, Sarkozy avait proposé le dépistage de la délinquance chez les enfants de 3 ans… Ses déclarations récentes enfoncent le clou, quand il explique qu’il croit aux gènes de la pédophilie et du suicide. En cela, il nie le rôle prépondérant de l’acquis dans le comportement des individus, et rejoint les thèses des ultra-conservateurs anglo-saxons. La prochaine étape, c’est la justification de l’eugénisme ?
Il rejoint également Bush quand il fait une différence de nature entre la France et l’Allemagne (qui, elle, a « inventé la solution finale »). Le peuple français est tellement supérieur aux autres, voyez-vous, qu’il a toujours été irréprochable. Scandaleuse déformation de l’Histoire (la collaboration, les massacres coloniaux, etc), et beau bras d’honneur à l’Allemagne, à ses résistants, à son travail de mémoire et à ce qu’elle est devenue depuis 1945 (et à la construction européenne, par la même occasion). Voilà une vision du monde tout à fait compatible avec celle de Bush et son Axe du Mal.
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L’extrémisme et la violence de Le Pen
Sarkozy chasse ouvertement sur les terres de Le Pen, et il ne s’en cache pas. Quand un journaliste lui demande si par hasard il ne ferait pas le jeu de l’extrême droite, il répond qu’il faut bien parler aux électeurs de Le Pen. Adopter un discours extrémiste pour séduire ceux qui ont voté extrémiste, ce n’est que du bon sens, après tout.
Aimer la France ou la quitter, faire le lien direct entre immigration et insécurité dans les quartiers (« Qui ne voit qu’il y a un lien évident entre la politique d’immigration non maîtrisée depuis 30 ou 40 ans et l’explosion sociale dans nos quartiers ? Ca crève les yeux qu’il y a une liaison entre les deux »), proposer la création du ministère de l’immigration et de l’identité nationale, indiquer qu’il ne souhaite pas que tous les étrangers en situation régulière puissent bénéficier du droit opposable au logement (cf la préférence nationale)… on ne compte plus les incursions répétées du candidat Sarkozy sur les terres du FN.
Encore mieux, Sarkozy adopte la même violence verbale que Le Pen. Un jour il menace de virer la direction de France 3, l’autre il traite Azouz Begag de « sale connard » et menace de lui « casser la gueule » ; il traite Libération de « journal de merde », ou bien déclare être entouré « d’une bande de connards » (16 février à La Réunion).
Bref, la seule différence avec Le Pen, c’est que Sarkozy ne s’est pas encore rendu coupable de violence physique… ce qui ne l’empêche pas d’expliquer que la violence des pêcheurs est plus légitime que celle des « voyous » ! (discours à Lorient, le 3 avril).
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Ajoutons à cela les liens très particuliers qu’entretient Sarkozy avec les média (voir l’article de Laurent sur le sujet), et on se dit qu’en plus de ressembler à Bush et à Le Pen, le candidat de l’UMP nous fait également beaucoup penser à Berlusconi…
Bref, le tableau est plutôt sinistre et effrayant. Néoconservatisme, démagogie, extrémisme, nationalisme, violence… Nicolas Sarkozy fait de plus en plus peur. Le pire, c’est qu’il monte encore dans les sondages.
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Fred

(22 votes, average: 3.95 out of 5)



Comment un candidat aussi bien servi par les sondages et les medias, qui fait la course en tête… peut il se montrer aussi caractériel, colérique et inquiétant…
La seule explication probable est que cela constitue sa véritable nature et que ce type est prèt à tout pour occuper la scéne médiatique, que ce type refuse d’écouter qui que ce soit (même son entourage qu’on imagine vouloir parfois le modérer).
Bravo Fred, en espérant que ce genre d’article suscitera des réactions et fera réfléchir la masse des indécis.