Nicolas Hulot au Zénith : les bons sentiments à l’honneur
Dimanche 1er avril, Nicolas Hulot a tenté d’entretenir la mobilisation autour de son Pacte Ecologique et « adresser un signal fort aux candidats » : une conférence au Zénith, suivie d’un rassemblement au Trocadéro.
La conférence au Zénith s’est avérée bien décevante. Et pourtant, il y avait vraiment la place de faire mieux. A trois semaines du premier tour de la présidentielle, dans un contexte médiatique où l’on reparle un peu d’écologie, le moment était en effet bien choisi pour interpeller les candidats et leur rappeler les enjeux environnementaux.
Et puis l’affiche était alléchante : l’astrophysicien Hubert Reeves et le sociologue Edgar Morin devaient participer à la conférence. Le tout devant près de 4 000 personnes (le Zénith n’était pourtant plein qu’aux 2/3).
Finalement, la montagne a accouché d’une souris. Un petit film sur la planète en danger. Une signataire du Pacte Ecologique qui lit sur scène un texte très lyrique sur son rêve de
voir une Terre mieux préservée. Un petit discours (plutôt bien tourné) de Nicolas Hulot sur les enjeux écologiques et le frémissement qu’il ressent en terme d’éveil des consciences. Un échange assez bref avec Reeves et Morin, au cours duquel ils n’auront eu chacun que 5 minutes pour répondre à quelques questions très générales sur l’écologie. Un clip d’Aznavour en train de chanter que la Terre va mal. Et puis c’est tout, l’ensemble n’aura duré que 1h30.
On en ressort forcément déçu, avec pas mal de questions en tête. La déception quant au contenu, d’abord : pourquoi passer 1h30 à évoquer des généralités, face à un public déjà convaincu en arrivant ? Pourquoi avoir invité deux personnalités brillantes pour leur laisser un aussi court temps d’expression, sur la base de questions aussi générales ?
Et puis on se demande quel message a voulu faire passer Nicolas Hulot. A trois semaines des élections présidentielles, il n’est plus temps de se contenter de dire que l’écologie c’est important. Non, il faudrait plutôt rappeler aux candidats les engagements précis qu’ils devraient prendre pour répondre à des enjeux bien identifiés (le réchauffement climatique, l’épuisement des ressources naturelles, la pollution…). Il faudrait faire comme l’association Réseau Action Climat, qui a donné une note sur 20 à chacun des programmes des candidats. Il faudrait expliquer au public qu’on peut très facilement instrumentaliser l’environnement en politique, en prenant des engagements qui n’en sont pas, et en communiquant autour de quelques initiatives très médiatiques. Il faudrait décortiquer les programmes des candidats, pour montrer comment chaque camp politique aborde les questions environnementales en fonction de ses convictions.
Bref, à trois semaines du premier tour, il faudrait faire un peu plus de politique. Cela serait certainement plus utile que de faire dans les bons sentiments et le lyrisme.
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