Royal se crispe sur l’identité nationale
Depuis que Ségolène Royal porte un drapeau tricolore en bandoulière, la campagne bruisse de surenchères politiciennes sur le thème de l’identité nationale.
Que Nicolas Sarkozy se soit emparé du sujet apparaît plutôt cohérent avec les positions traditionnelles de la droite sur la nation. De toute façon, l’électeur pouvait savoir à quoi s’en tenir, après les différentes lois de Sarkozy sur l’immigration.
En revanche, les choses sont plus troublantes avec Ségolène Royal. Pourquoi cette sortie sur la Marseillaise, l’identité nationale et le drapeau tricolore ?
Est-ce simplement un coup électoral ? Auquel cas Royal, en se lançant dans ce genre de surenchère avec la droite et son extrême, joue un jeu dangereux. Rafler quelques voix à Bayrou en vaut-il la chandelle ?
Mais peut-être s’agit-il également d’une évolution idéologique du PS.
Vanter les mérites du drapeau français, oublier celui de l’Europe et s’abstenir de la moindre déclaration publique le jour de la célébration des 50 ans du Traité de Rome est tout sauf anodin.
D’autant moins anodin que Ségolène Royal a déjà distillé de nombreux messages autour du retour à « l’ordre juste », de l’exhaltation de la famille, de l’encadrement militaire des jeunes délinquants. Cherche-t-elle ainsi à satisfaire aux attentes des électeurs des classes populaires ? A répondre, d’une certaine manière, au « non » au referendum sur la Constitution européenne ?
Ce fumeux cocktail de repli identitaire, d’ordre juste et de tradition ne fait pas vraiment rêver. Le PS apparaît dans cette campagne bien archaïque et nationaliste par rapport à ses voisins européens.
Cela est d’autant plus regrettable que Ségolène Royal engage des batailles sur des principes et des valeurs qui finalement n’engagent pas à grand chose. Revenir à l’ordre juste, agiter le drapeau français, exhalter les valeurs familiales… mais qui attend du politique ce genre de formules creuses ? Va-t-on voter pour des valeurs ou pour un programme ?
Un programme, avec des priorités et des choix sur des problèmes de fond : les salaires et le pouvoir d’achat, l’évolution du système des retraites, la protection sociale, la baisse du chômage, la lutte contre le changement climatique, la construction européenne, la résorption de la dette publique… Le débat a vite été évacué sur ces sujets.
Alors Madame Royal, s’il vous plaît, rangez votre écharpe tricolore, et rappelez-vous que le traité de Rome vient de fêter ses 50 ans.
Fred

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>”Que Nicolas Sarkozy se soit emparé du sujet apparaît plutôt cohérent avec les positions traditionnelles de la droite…”
REvoyez votre histoire mon brave. La notion même de Nation est un concept purement de gauche. Et comme dit Ariane Mnouchkine, il ne faut plus rien ceder ni à la droite ni au FN, surtout pas les symboles même de la république. Il ne faut lui laisser que la haine.
D’autres parts, la Nation et l’Europe, ce n’est en rien incompatible. Bien au contraire. Sauf à vouloir dissoudre la première dans la seconde mais là c’est un autre débat.