2007 : les candidats face à la retraite


Un constat : le taux de natalité s’est effondré dans le même temps que l’espérance de vie s’allongeait, ce qui a fortement accru le poids des dépenses publiques liées aux retraites. La plupart des pays de l’Union européenne se sont donc engagés sur la voie de la réforme, en utilisant 3 principaux leviers : le relèvement de l’âge de départ ; la création d’un fonds de réserve ; l’introduction de compléments de retraite par capitalisation.

Et la France dans tout ça ?

Nous sommes l’un des derniers pays industrialisés à ne pas avoir prévu d’ici 2040 le départ en retraite à 67 ans. En outre, le système est d’une complexité hallucinante :
- 1 régime de base plus 3 (principaux) régimes complémentaires pour les salariés du privé (jusque-là, on suit) ;
- 1 couverture “unique”… mais plus de 5 régimes spéciaux pour les agents du secteur public (ça se gâte…) ;
- 4 régimes de plus pour les non salariés, les professions libérales et les agriculteurs (là, ça se complique sérieusement) ;
- une nouvelle couche de régimes spéciaux : Opéra, Comédie française, marins, clercs de notaires, cultes… (n’en jetez plus !!!).

Question : que suggèrent nos candidats ?

Réponse 1 : l’allongement de la durée de cotisation ne fait pas recette…
images-3.jpegPour le Parti Socialiste, la retraite à 60 ans doit demeurer un droit, et Ségolène Royal refuse l’idée d’une retraite à 70 ans. De son côté, François Bayrou précise que ceux qui le souhaitent pourront partir à 55 ans. Finalement, sur ce point, Nicolas Sarkozy est le seul à se démarquer, en faisant des 40 années de cotisations une obligation pour tous, ce qui ne semble pas particulièrement choquant.

Réponse 2 : le fonds de réserve (kézako ???).
images.jpegCet outil, destiné à alléger la charge financière que représentent les retraites en mettant un peu d’argent de côté, est superbement ignoré par la Droite (bon, il était initialement prévu par le gouvernement Jospin : ceci peut expliquer cela…), alors que le PS en fait un instrument de l’équilibre des comptes.

Réponse 3 : on n’échappera pas à la capitalisation !
Royal, si elle reconnaît qu’il doit être adapté, considère que le régime par répartition doit être conforté. Elle est la seule, puisque Bayrou veut tout remettre à plat et n’exclut pas une dose de capitalisation, alors que Sarkozy s’inscrit dans la continuité du bilan gouvernemental (dont il cherche souvent à s’affranchir…), en poursuivant la réforme Fillon qui avait instauré un “dispositif d’incitation à l’épargne individuelle en capitalisation”. Le risque est pourtant clair : au vu de l’état actuel des revenus des ménages, tout le monde ne sera pas en mesure de se constituer une épargne en prévision de la retraite. D’ailleurs, pour beaucoup, quand on vit au jour le jour, la question ne se pose même pas.

Réponse 4 : finalement, mieux vaut se contenter d’aménager le système existant !
Tout ça, c’est bigrement compliqué ! Peut-être que des retouches ponctuelles suffiraient… Ainsi, Royal propose de revaloriser de 5% les petites retraites, de verser mensuellement le minimum vieillesse et de payer les retraites de la Sécurité sociale chaque 1er du mois. De son côté, Sarkozy souhaite augmenter le minimum vieillesse, tandis que Bayrou annonce un “plan pour les petites retraites” (diable !). Tout ça, c’est très bien et assurément plus juste, mais pas vraiment à la hauteur des enjeux.
images-4.jpegEt contre toute attente, c’est finalement chez le candidat centriste qu’on trouve le projet de refonte en profondeur le plus abouti. En effet, Bayrou souhaite remettre à plat tout le système, régimes spéciaux compris : c’est la “retraite à la carte”. Il s’agirait d’un système par points, où le montant des pensions augmenterait avec le temps de cotisation (plus on part tard, et plus on touche gros). Ainsi, chacun pourrait définir son temps de travail et son niveau de retraite, en fonction notamment de la fameuse pénibilité…

Ainsi, de la même façon qu’on retrouve une économie de l’offre (Sarkozy et Bayrou) et de la demande (Royal), il existe une ligne de partage entre ce qu’on peut grossièrement appeler la Gauche et la Droite. Cette ligne oppose le PS à l’UMP, et l’on retrouve l’électron libre béarnais qui passe de l’un à l’autre, hostile au relèvement de l’âge de départ mais favorable à ce que quelqu’un qui cotise plus longtemps perçoive plus. La liberté quoi, mais aussi la responsabilité qui va avec… Le risque, c’est l’éventualité de faire le mauvais choix, notamment pour ceux qui sont moins bien armés, moins bien informés, moins bien entourés…

David

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Commentaires des lecteurs

On ne peut pas vraiment aller contre l’allongement de la durée de cotisation, mais ce qui m’inquiète le plus c’est ce que les candidats ne disent pas : le levier principal de rééquilibrage des comptes reste, il faut se le rappeler, la diminution des taux de retraite. Le privé y est déjà passé, et la fonction publique y passera en 2008. C’est ça le noeud du problème et qui peut dire ce qu’un(e) président(e) fraîchement élu(e) peut faire passer dans la foulée et l’enthousiasme de son élection ? Quand on voit la modestie des réactions syndicales lorsque les retraites du privé sont passées de 75% du salaire des dix meilleures années à 50% des 25 meilleures années, on peut vraiment tout craindre !

bonjour Marcel,

c’est en effet un risque, mais si la plupart des autres pays européens ont avancé sans baisser les taux, pourquoi pas nous ?

en outre, si on arrive déjà à faire jouer 2-3 leviers, mais de façon équitable et en prenant garde à ne pas déshabiller les plus démunis (ex. retraite des agriculteurs), on pourra dire qu’on a fait un bon bout du chemin…

enfin, quand on voit le niveau général des retraites et ce dont disposent certains pour vivre (tout en ayant à l’esprit qu’on nous assure que nos seniors profitent actuellement d’un pouvoir d’achat enviable), je vois comment leur laisser encore moins. les seuils critiques, ça existe, et j’espère qu’on sera toujours collectivement vigilant pour rappeler à l’ordre tel ou tel politique qui se hasarderait à franchir la ligne jaune.

mais de toute façon on ai tous dans la merde marcel comment veux tu qu il nous augmente puisque c est au ministres qu on a augmenté leurs salaires de 75 pourcent attendais les rats quitte le navire ils sont eu peurs ils sont vidés les caisses en premier mr chirac il se batte tous pour l elysée et evidament les prommesses ma grand mere vous dit pas ca me degoute.salut.