De Villiers / Nihous : qui a copié sur l’autre ?
Voici deux candidats qui se ressemblent étrangement.
La philosophie générale, d’abord : De Villiers et Nihous sont les défenseurs des communes
rurales, qui représentent une culture, une qualité de vie, et une identité bien françaises. Ils s’élèvent contre tout ce qui peut les menacer ou les faire évoluer : la banlieue, l’immigration, l’Europe, la délinquance, les modes de vie « urbains », le recul des services publics…
Passons en revue quelques thèmes, pour illustrer que nos deux candidats sortent du même moule : ruralité, valeurs traditionnelles et bon sens en action.
L’environnement
Les deux candidats se retrouvent dans une approche teintée de gros bon sens, mais qui occulte complètement les enjeux planétaires (réchauffement climatique, épuisement des énergies fossiles, inégalités Nord Sud). De Villiers n’aborde les questions environnementales que dans un chapitre intitulé « défense de la ruralité », et insiste surtout sur l’enjeu pour l’agriculture de dé
velopper les énergies vertes. Nihous s’élève vigoureusement contre l’écologie « sectaire, dogmatique et idéologique », et préconise une écologie incitative associant les « vrais » acteurs du terrain. En gros, une écologie qui fait la part belle aux intérêts des chasseurs et des pêcheurs. A noter sa proposition de « limiter vigoureusement les délires protectionnistes et écologistes de l’Europe ».
L’Europe
Les deux candidats se retrouvent sur l’essentiel. Refus d’une intégration européenne renforcée, refus de toute Constitution, refus de l’élargissement, défense du principe « un Etat = une voix »… et surtout refus de la Turquie. Les deux candidats sont catégoriques sur le sujet, sans préciser la raison de leur rejet (probablement se font-ils tout simplement l’écho de l’opinion de leurs électeurs). Au-delà du cas de la Turquie, De Villiers veut une Europe gouvernée par des principes « simples et de bon sens » (encore !), c’est-à-dire « dirigée par les peuples et non par les 25 commissaires ». Nihous propose toute une série de mesures visant à réduire les pouvoirs de l’Europe.
L’économie
La priorité des deux candidats est de mettre en place les conditions d’un développement économique qui bénéficie à l’espace rural : maintien des services dans les communes rurales, soutien à l’agriculture, soutien aux PME et TPE, appui aux zones rurales en difficulté. On retro
uve également de fortes convergences dans leur volonté de « libérer » le travail en réduisant les charges et en mettant en place une fiscalité attractive. Nihous insiste surtout sur les modalités techniques qui favoriseront l’activité économique (aides aux TPE, promotion des enseignements courts, mise en place de zones à fiscalité allégée…), tandis que De Villiers propose quelques formules-chocs (« libérer le travail, c’est briser les chaînes d’une réglementation asphyxiante »), et annonce des mesures protectionnistes en faveur des entreprises françaises.
Finalement, on pourrait presque fusionner le programme de CPNT dans celui de De Villiers.
Mais est-ce si étonnant que ça ? Deux candidats qui chassent sur les mêmes terres défendent les mêmes intérêts catégoriels, et proposent en conséquence la même vision politique de la France.
Probablement efficace pour récupérer les 500 signatures des maires ruraux. Mais peut-être un peu court pour rassembler plus largement ?
Fred


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Pour avoir écouté Nihous à la radio récemment, je n’ai pas eu le sentiment qu’il soit aussi xénophode et raciste que De Villiers au delà des quelques similitudes de discours que tu évoques…